Glossaire : Key

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N°9 de la série sur l'Exposition

the predominant tone of a photograph with respect to its lightness or darkness

La tonalité prédominante d'une photographie en ce qui concerne sa luminosité ou son obscurité

— Webster Dictionnary

Glossaire : Exposition

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N°8 de la série sur l'Exposition

Quantité totale de lumière qu'on laisse frapper la surface sensible pour la formation de l'image latente*. Notez que quelles que soient les conditions de lumière, la pellicule [le capteur] doit recevoir la même exposition

— John Edgecoe - Manuel pratique de la photographie de nu

*Image Latente : Image disponible dès que la surface sensible a été exposée. En argentique l'image est latente tant que le film n'a pas été développé. En numérique, l'image est latente tant que le fichier RAW n'a pas été développé par le logiciel de développement RAW

Glossaire : Le Falloff

Le Falloff (Incorrectement orthographié FALL OFF) est le fait que la lumière s'atténue de haut en bas, depuis la zone la plus claire, jusqu'a la zone la plus sombre de l'image, par exemple entre la tête et les pieds. Ce phénomène est NORMAL, RECHERCHE, REGLABLE et MESURABLE

Tout comme les plus grands maitres en photographie, vous pouvez utiliser le Falloff pour donner de l'expressivité à vos images

Photo : Sigrid Agren par Patrick Demarchelier pour Vogue

Glossaire : Le nom des sources selon leur rôle

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Selon leur rôle et leur positionnement, les sources prennent un nom différent :

 

  • Key Light (lumière clé) : c'est la source principale et celle par rapport à laquelle les autres sont "calées". Elle est généralement réglée plus fort que toutes les autres sources.
  • Fill Light (lumière de remplissage) : cette (ou ces) source(s) est destinée à remplir l'ombre créée par une autre source.
  • Rim Light (lumière de contour), Back Light (lumière de l'arrière) ou Edge Light (lumière de bordure) : Ces sources dessinent un filet de lumière sur le pourtour du sujet. elle sont en général situées en contrejour
  • Contre (lumière de contrejour) : source positionnée en direction de l'appareil photo. Une Rim Light est en général positiionnée en contrejour
  • Hair Light : lumière dirigée sur les cheveux
  • Background Light : Lumière ponctuelle dirigée sur le fond OU lumière éclairant le fond.

Glossaire : "De plein pied" / En pied

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Je lis très souvent l'expression "de plein pied", y compris chez les professionnels de la photo ou de la mode. Soyons clairs : "de plein pied" n'existe nulle part et ne veut donc rien dire.

L'expression "De plain-pied" se dit d'un logement construit sensiblement au niveau du sol extérieur, ou d'un logement dont toutes les pièces sont de même niveau. Rien a voir donc, avec la photographie

 

L'expression "en pied" signifie : un portrait réalisé en entier (incluant donc les pieds)
 

Glossaire : Retouche

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Définitions :

 

Source : Manuel Pratique de la photographie de nu - John Hedgecoe - Edition 1988 p169

 

Repique : Suppression des défauts techniques d'une image (par exemple les rayures ou les poussières). On emploie des crayons spéciaux ou des encres passées au pinceau ou projetées à l'aérographe

Retouche : Correction par le dessin (procédés identiques à ceux de la repique) de certains défauts de l'image, par exemple, faire disparaitre la cicatrice d'un modèle

SOURCE : JEAN-CHRISTOPHE VIART

Glossaire : Piqué

Evitons de confondre piqué et netteté. Le piqué est la capacité du couple objectif/capteur [ou objectif/film] à restituer de très petits détails

La notion de netteté est fréquemment confondue avec celle de piqué. Le piqué est une propriété de l'objectif, liée en particulier au pouvoir de séparation qui caractérise son aptitude à enregistrer de fins détails

-- "Tous Photographes" - Jacques Croizier - Dunod

De très nombreuses personnes confondent Piqué et Netteté, et ne considèrent pour établir la qualité de l'optique, que les zones nettes de l'image. Le piqué est l'aptitude de l'optique (plus précisément du couple optique/support - Capteur ou film) à restituer des détails. Mais les meilleures optiques sont aptes a restituer des détails également dans les zones floues

Une image n'est que partiellement nette, surtout à grande ouverture. Elle comprend aussi des zones situées dans le flou (bokeh).

On pourrait également dé-focuser (décaler le point) sur une photo et observer le résultat : une optique de piètre qualité donnera un résultat illisible. Une optique de qualité continuera à donner des éléments discernables, voire lisibles.

La très grande majorité des optiques sont capables de restituer nettement les zones nettes. Mais cela ne suffit pas à établir que l'optique est de qualité. Si c'etait le cas 99% des optiques du marché seraient "de qualité exceptionnelle". Les constructeurs comptent sur cet attrait du public pour la netteté (et la marketent à fond) afin de masquer les faiblesses de leurs optiques dans les zones floues. C'est une recette qui semble fonctionner, sauf pour celui qui a l'œil averti.

Seule une optique de qualité sera capable de restituer des détails dans les zones floues, tout autant que dans les zones nettes. Le flou sera "lisible", avec des détails parfaitement perceptibles à tel point qu'on pourra parfois percevoir des zones comme "nettes" alors qu'en fait, elles se trouvent dans la zone floue.
Il sera nécessaire de se rapprocher du tirage (ou de zoomer dans l'image numérique) pour se rendre compte que la zone concernée est en fait "dans le bokeh".

Ces flous relatifs, depuis les plus subtils jusqu'aux plus marqués engendrent un rendu "3D" et une impression de "profondeur" dans l'image, accompagnés d'une douceur générale dans les textures et dans les transitions.


A l'opposé, les optiques tres nettes dans la zone du point et médiocres dans le flou auront un rendu tres "sec" et dur, avec des arrière plans illisibles et "crémeux" (aplats flous sans détails), parfois chargés d'artefacts, de dédoublements et d'images fantômes (parties de l'image "inventées" par l'optique et qui n'existent pas dans la scène). Le passage de la texture nette à la "texture" floue se fera sans subtilité. Ceci est souvent aggravé par l'usage inapproprié d'ouvertures tres grandes, qui mettent en évidence les défauts de ces optiques.

 

Les optiques médiocres auront tendance a écraser les plans les uns sur les autres, quelle que soit l'ouverture, supprimant ainsi tout notion de "3D" dans l'image. C'est le cas de tous les zooms 24x36, quelle que soit leur marque et leur prix. Un zoom est un objectif "utilitaire" fait pour le reportage. Ils est conçu pour avoir un sujet sur le point parfaitement restitué et avec un maximum de netteté, sans attention particulière portée au reste de l'image. Il faut donc absolument proscrire les zooms en portrait "artistique", ils ne sont pas faits pour cet usage.

Les optiques fixes a grande ouverture "écrasent tout" à partir de ƒ1,8, quel que soit leur prix ("effet rideau"). Ouvrir à ƒ1,8, ƒ1,4 ou ƒ1,2 permet d'obtenir davantage de lumière. Mais d'un point de vue restitution optique (lisibilité des détails et sensation de "3D"), on se trouve largement au delà des limites de l'objectif.

 

La qualité du bokeh dépend largement de la construction de l'optique. Pour cette raison, les optiques qui fournissent un bokeh de grande qualité sont onéreuses.

-- Harold Davis, Practical Artistry: Light & Exposure for Digital Photographers, 2008

La lisibilité dans les zones floues

Contrairement à ce que l'on pourrait penser à première vue, l'image ci-dessous est totalement dans le flou, sauf ce qui se trouve dans le plan de l'iris de l'œil

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On s'en rend mieux compte en zoomant dans l'image...

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Bien qu'ils soient situés dans le flou, les cheveux restent lisibles individuellement

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La progressivité dans le passage « de net à flou »

 

La progressivité est déterminante dans la qualité de lecture d’une image. Un passage brutal de net à flou (ou inversement) « heurte » le confort de lecture.

 

Les points ci-dessous sont souvent confus ou mal compris : 

 

  • Une optique de qualité médiocre dans les zones floues et dont la netteté est excessive ou aggressive dans la zone du point, donnera une mauvaise progressivité. Elles présenteront un "changement de texture" tres désagréable à l'œil

  • La progressivité est relative à l'ouverture

  • La progressivité est non dépendante de la PDC. Donc le problème n'est pas de faire un portrait "à faible PDC", mais "à trop grande ouverture", ce qui ne veut pas dire la même chose. En ce qui me concerne, je suis la plupart du temps à Pleine Ouverture en MF (c'est à dire... à f4 !) et à f4 en 24x36.

  • La progressivité est non dépendante du format. Le MF a la même progressivité à f4 que le 24x36 à f4. Mais, à f4, le MF à une PDC équivalente à celle du 24x36 à f2,4 et, la qualité des optiques fait que cette progressivité est également représentée de manière plus douce et détaillée. Il est évident qu'un 100HC Hasselblad, même ouvert à f2,2 à un rendu sans commune mesure avec un 85 f1.2 à f2,5. mais le passage de net à flou est aussi court sur les deux optiques. On ne s'en rend pas compte car la PDC sur le HC100 est bien plus courte (équivalente à celle d'une optique 24x36 ouverte à f1,4) et sa qualité optique est sans comparaison.

  • La progressivité ne change pas avec la distance de prise de vues (pas de manière significative). Seule la PDC change.

  • Au delà d'une certaine ouverture (disons a partir de ƒ/3,6) en plus de l'abscence de progressivité, on assiste a une phénomène d'écrasement des plans se trouvant dans le flou, pour aboutir a une sensation de "décor peint sur un rideau de fond" que j'appelle "effet rideau". Cette perte de profondeur va se manifester plus ou moins selon la qualité des optiques, mais elle finit par se produire au fur et à mesure que l'on ouvre le diaph, quel que soit l'optique utilisée.

 

Donc c'est juste un fait facilement observable : à f1,2 il n'y a aucune progressivité et le passage de net à flou se fait d'un seul coup. La solution consiste à fermer l'optique à f4 (par exemple) pour retrouver une progressivité correcte. Sur les très bonnes optiques (Canon 100 f2, Canon 135 f2, Canon 50 f1.2, on peut aller jusqu’à f3,2 voire f2,8 ou f2).

 

Évidemment, en petit format, on aura plus de Profondeur De Champ pour cette même ouverture, mais cette solution consistant à fermer est à mon avis préférable, d'autant qu'en plus, les optiques se trouvent alors dans une zone de meilleure qualité optique.


La photo ci dessous, légèrement recadrée, à été réalisée à courte PDC sur un Canon EOS 5D à ƒ4 avec le 135 ƒ2 qui est selon moi une des meilleures optiques Canon (de loin bien meilleure que la 85 f1.2, car bien plus homogène). On voit que le piqué est correct (les cheveux sont "distinguables" dans le bokeh par exemple) et la progressivité reste "en pente relativement douce".

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Ci-desssous, une image réalisée au HC210 à 210 mm sur un Hasselblad. L'angle de champ est le même que le 135 Canon en 24x36, la distance est la même (3 mètres) l'ouverture est la même. On voit nettement que la PDC est plus courte.

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Mais dans les deux cas, la progressivité est identique.

 

Je pense que les critiques sur les photos a (trop) grande ouverture viennent de l'incompréhension. Les gens qui utilisent ces optiques ne comprennent pas ou n'ont pas conscience ce qui est décrit ci-dessus et font dans ce cadre, un mauvais usage de leur objectif.

 

Une optique ouvrant à f1,2 n'est pas faite pour faire des portraits rapprochés à f1,2, au risque de mettre en évidence les limites et défauts du petit format et/ou de leur objectif chèrement acquis.

On lit parfois cet argument qui dit "si j'ai acheté cette optique ƒ1,2, c'est pas pour l'utiliser à f4"; La encore, nous avons une indication de cette mauvaise compréhension.

 

La grande ouverture est destiné à être utilisée en cas de très basse lumière, ou pour faire des photos "a deux plans" (un net, un flou), mais certainement pas de images qui mettent des éléments "en perspective" (car lorsque des plans successifs doivent être représentés, on a besoin de progressivité). Or, un portrait rapproché met des éléments en pespective : regard, tempes, oreilles, cheveux...

 

Les utilisateurs de Moyen Format parlent souvent de cette "différence de progressivité" (qui techniquement n'en est pas une, comme décrit ci-dessus) à juste titre. Cette "différence de progressivité" entre 24x36 et Moyen Format est due au fait que à PDC comparable, le diaph sera plus fermé en Moyen Format. La progressivité sera "douce", sera donc dûe à l'usage d'un diaph plus fermé.

 

Progressivité, piqué et sensation de profondeur

Cette photo permet d'illustrer la manière dont une optique piquée va donner une sensation "3D", en restituant toutes les nuances de flou et de net

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Sur cette image, on peut juger de l'excellente lisibilité des arrière plans, et donc du piqué de l'optique

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Ci-dessus, un portrait non retouché (simple développement dans Lightroom)
On peut constater que lorsqu'une optique pique réellement, il n'est pas nécessaire d'utiliser le subterfuge d'une infographie excessive ou spécifique des yeux : le regard se détache "tout seul". Ce n'est pas Photoshop qui fait la force du regard. C'est le travail avec le modèle au moment de la prise de vues. Et c'est la manière dont l'optique retranscrira ce regard.


Et pour changer de style, cette photo de paysage réalisée par Jean-Marc Kuntz, au Moyen Format numérique
Vous pourrez apprécier la représentation en profondeur des différents plans dans l'image : 
- Les montagnes au loin, elles-mêmes sur des plans successifs
- Le village au creux de la vallée
- Les différents chalets en ribambelle mais dont les toits sont bien échelonnés en profondeur plutot que d’être "les uns sur les autres"
- La finesse, la douceur, la lisibilité dans le flou, le piqué, etc...

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Ci-dessous, vous trouverez quelques photos réalisées en 24x36, avec une optique Leica (Summilux 75) sur Leica M
Photos : DR

On pourra observer l'excellente lisibilité des arrières plans, la progressivité (relative selon l'ouverture utilisée), et la douceur générale

M+Lux 75
M+Summilux 75 à f1,7
M+Lux 75 à f2
Arbres, M+Lux 75-3

Glossaire - Bokeh

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Définition du Webster Dictionary

Définition de Bokeh
C'est la qualité ou l'effet de flouté que l'on voit dans les zones "hors focus" d'une photographie prise avec une faible profondeur de champ

<Le bon Bokeh est doux et agréable, alors que le mauvais bokeh produit un effet irrégulier et discordant... La qualité du bokeh dépend largement de la construction de l'optique. Pour cette raison, les optiques qui fournissent un bokeh de grande qualité sont onéreuses. - Harold Davis, Practical Artistry: Light & Exposure for Digital Photographers, 2008>

Ethymologie
emprunté au Japonais boke "flou, brumeux"
Première utilisation : 2000

Definition of bokeh

noun | bo·keh | \ˈbō-kā, -kə\
:  the blurred quality or effect seen in the out-of-focus portion of a photograph taken with a narrow depth of field

<Good bokeh is smooth and pleasing, whereas bad bokeh produces a jagged and discordant effect. … The quality of bokeh is largely dependent on the construction of the lens. For this reason, lenses that provide high-quality bokeh are prized. — Harold Davis, Practical Artistry: Light & Exposure for Digital Photographers, 2008> 
 

Origin of bokeh

borrowed from Japanese boke “blur, haziness”
First Known Use: 2000

Notions complémentaires

Je vous invite également à lire le texte suivant : Glossaire : Piqué

Fausse donnée : Je lis parfois que le Bokeh est [uniquement] "le flou d'arrière plan". Cette définition est inexacte

Les deux types de retouche

Dans la photographie d'aujourd'hui, et pour faire suite au texte "Les chapeaux du photographe Moderne", il semble se détacher deux types de retouche, à la disposition du photographe : 

  • La retouche de type "Photographe" 

  • La retouche de type "Retoucheur" 

Et bien évidemment, il ne faut pas oublier le fait qu'on peut tres bien réaliser une image sans absolument aucune retouche, comme c'etait le cas de 99,99% des images argentiques réalisées dans le monde.

 

La retouche de type "Photographe"

Cette retouche sert à finaliser la photographie en enlevant ou en modifiant des éléments mineurs : petits boutons ou autres petits défauts de ce type. On ne touchera pas a la texture de la peau, ou alors sur des parties mineures. L'esprit "photo" de l'image est conservé et on n'a pas l'impression d'une photo "infographiée". Autrefois, la retouche était réalisée au pinceau et a l'aérographe, directement sur le tirage. On pourrait dire que la retouche "Photographe" est l'équivalent de cette retouche faite au pinceau et au gris-film*. Lorsqu'on regarde une photo retouchée de la sorte, on ne peut pas deviner qu'il y a eu retouche, car elle ne se voit pas.

 

*Gris Film Pébéo : Peinture grise destinée à être appliquée au pinceau, directement sur l'émulsion (film, diapo ou tirage). Colorant renforçateur gris neutre. Convient pour la retouche ou la repique de tous types d'émulsions photographiques. Ne laisse aucune trace en surface sur les photographies. Miscible avec tous les autres renforçateurs Diapocolor Pébéo. Utilisable en aérographe.

La retouche de type "retoucheur"

Un retoucheur professionnel n'est pas un photographe, mais un infographiste, (même si — par ailleurs — certains retoucheurs sont également photographes).

 

Son rôle est, entre autres, de donner aux images qu'on lui confie, une apparence de "visuel pub", c'est à dire une image infographiée sur la base d'une photo numérique.

 

La photo de Beauté (produits cosmétiques) est très demandeuse de ce genre de visuels. Là, on ne recherche pas de conformité avec la photo d'origine. En revanche, le retoucheur devra réaliser un visuel en conformité avec les attentes du client : une image "parfaite", sans imperfections.

 

Le résultat demandé sera totalement variable dans sa teneur, mais tendra en général vers quelque chose dont l'esthétique ne se situera plus dans la ressemblance avec une personne humaine, mais plutot dans la perfection absolue, destinée à incarner le produit que le visuel va promouvoir.

 

Lorsqu'on regarde une photo retouchée de la sorte, on sait qu'il y a eu retouche. J'estime qu'une telle retouche est réussie, lorsque le spectateur "donne son accord". Le spectateur sait que le sujet "n'est pas humain", mais accepte volontiers la transformation car elle lui apporte des sensations nouvelles, différentes de celles que l'on ressent lorsqu'on regarde un portrait "naturel"

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Une retouche de type "Retoucheur" réalisée par une retoucheuse pro. Malgré la retouche manifeste, nous avons essayé de garder un coté relativement "naturel" à l'image

Pas de retouche

Les images ci-dessous ont subi un simple développement dans Lightroom (ou autre développeur RAW). Pas de passage dans Photoshop. La photo est publiable telle-quelle.

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Cette image n'a pas été retouchée (pas de passage dans Photoshop). Elle a simplement été développée dans Lightroom.

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Cette image n'a pas été retouchée (pasde passage dans Photoshop). Elle a simplement été développée dans Lightroom.
Elle a toutefois été publiée en presse

Conclusion

Ces deux types de retouche ne sont pas destinées à produire le même résulat. Le premier est l'outil du photographe. le deuxième l'outil du publicitaire, commanditaire du visuel

 

Un photographe doit etre capable de finaliser ses propres images par une retouche légère de type "Photographe", si celle-ci s'impose, bien évidemment

 

Il n'est par contre pas tenu de connaitre la retouche de type "Retoucheur". Mais rien ne l'empèche bien sûr, d'apprendre cette retouche "Retoucheur" s'il en a envie et s'il désire maitriser toute la chaine de production. Mais il prend alors le rôle du retoucheur et non plus celui du photographe

Sachez toutefois que à haut niveau, la plupart des photographes beauté ne retouchent pas ou ne retouchent pas tout le temps. En fait, le client lui-même peut décider quel retoucheur ou agence de retouche effectuera la travail, afin de conserver une ligne éditoriale cohérente en ayant la main sur le travail de "photofinish"

En Mode et Beauté, la plus grande agence de Photofinish est probablement celle de Pascal Dangin : "Box", à New York.

Il existe également de nombreux retoucheurs freelance qui prennent en charge les fichiers des photographes Mode et Beauté. Ne vous laissez pas abuser par des retouches semblant flatteuses. Seule la liste de leurs clients donne une idée de la qualité du travail qu'ils effectuent, par la confiance qui leur est accordée.

On peut citer par exemple :
Natalia Taffarel [Us]
Amy Dresser qui est entre autres la retoucheuse de Jill Greenberg [Us]
Stéphanie - Alimage [Fr]

Ludovic Taillandier - SkinUp [Fr]

Glossaire - Photo de Mode, Photo de Beauté

Mode (Fashion) : Photographie publicitaire destinée a promouvoir des vêtements, bijoux et accessoires de mode (chaussures, sacs, lunettes, etc)

 

Beauté (Beauty) : Photographie publicitaire destinée à promouvoir des produits cosmétiques et pharmaceutiques (maquillage, soin cheveux, soin peau, hygiène, pharmaceutiques, parapharmacie, parfums, etc)

Ci-dessous, une photo de Mode (BeachWear - Vetements de plage)

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Ci-dessous, une photo de Beauté (Cosmétiques pour les coiffeurs professionnels)

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Fausse Donnée : La Balance des blancs

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Plutot que le terme français, je vous propose de regarder la définition de "Balance" dans le dictionnaire Merriam Webster
Définition du mot 'balance', dans le dictionnaire Merriam Webster : a counterbalancing weight, force, or influence 

Pour se rapprocher davantage de la définition anglaise, Il serait préférable d'utiliser le terme "Compensation du Blanc" plutot que "Balance". Cela aide à davantage de compréhension.

 

la Balance des Blancs c'est quoi ?

C'est la procédure qui consiste à faire le réglage nécessaire, pour que les blancs paraissent blancs avec l'illuminant qui éclaire la scène


4000 K "c'est froid", 6000 K, "c'est chaud" !

Hé bien non, c'est l'inverse !

La lumière du jour peut varier dans des conditions extrêmes de 2000 à 16000 K.
Plus une lumière est froide, plus sa notation sera élevée et plus elle tirera sur le bleu, et inversement, plus une lumière est chaude, plus sa notation sera basse et plus elle tirera vers le jaune ou l'orange.

 

Voici la Température de couleurs émises par les principaux illuminants

  • Bougie : 1800 K
  • Lampe à incandescence : 2500 K
  • Lampe Halogène : 3400 K
  • Ecran de télévision : 9300 K
Capture d’écran 2014-09-03 à 14.50.19
Capture d’écran 2014-09-03 à 14.50.42

On voit donc que plus la source émet des couleurs "froides" et plus le chiffre en Kelvins est élevé. Le "plein soleil" est aux alentours de 5000 K, alors qu'un ciel voilé, à la lumière plus "bleue" donnera une TC aux alentour de 6500 K

 

Pourquoi le réglage sur le boitier ou sur le logiciel produit-il un résultat inversé ?

Ce réglage est une compensation (balance) de la température de couleur de l'illuminant, en se basant sur le blanc. 
Il est donc normal que pour compenser un illuminant dont la TC est froide (Chiffre de notation élevé) on utilise un indice de compensation (celui qui est affiché dans le logiciel) dont le chiffre de notation est bas.

 

Il y a une dominante, donc la White Balance est mal réglée !

Là encore, il y a incompréhension...

  • Admettons que l'on règle parfaitement la WB sur une image.
  • Puis que l'on ajoute un virage ou un traitement croisé à notre image...
  • Nous obtiendrons ainsi une image à la WB parfaitement calée, mais avec une dominante...

La compensation concerne l'illuminant, c'est a dire la source de lumière. Celà n'a rien à voir avec le traitement.

Tout comme en argentique, on peut détourner l'usage de cette compensation pour créer des effets spéciaux. mais il s'agit bien d'un détournement d'usage. Ne pas oublier qu'un décalage de la compensation provoque un ré-étalonnage complet de toute la colorimétrie. Or une dominante n'affecte jamais toutes les couleurs. Pour corriger une dominante, on utilisera d'autres outils, qui n'agiront que sur la couleur concernée.

Renseignez vous sur le type de traitement qui a été fait sur l'image !
 

On ne doit pas utiliser le terme "balance des blancs" ?

Malheureusement, cette mauvaise traduction fait désormais partie du langage de la photo numérique.

  • On peut donc continuer à l'employer, si possible en toute connaissance de cause.
  • Ne pas perdre de vue qu'il s'agit d'une mauvaise traduction à partir d'un "faux ami", ce qui introduit davantage de confusion dans un sujet dans lequel il y en a déjà beaucoup
  • Puisqu'on utilise "Balance" qui est dans ce cas un terme anglais, autant utiliser White Balance (WB)
  • Mais l'idéal serait d'utiliser "Compensation du Blanc"

Les réglages de l'appareil photo

Le tableau ci-dessous vous montre les températures d'illuminants qui sont compensées par chaque réglage

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Glossaire - Focale

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Définition simple

 

Le terme "Focale" est l'abréviation de "distance focale" qui est une grandeur optique (c'est un peu compliqué, donc je ne m'étendrai pas la dessus)

 

Ce terme a aussi une autre signification : cela désigne le "grossissement" d'un objectif (pour simplifier considérablement) 

  • Focale standard en 24x36 : 50 mm

  • Longues focales : au dessus de 50 mm (téléobjectifs et super-téléobjectifs)

  • Courtes focales : en dessous de 50 mm (Grands angles et ultra grands angles)

Et par abus de langage, on dit parfois "focale" en voulant dire "objectif"

Glossaire - le "f" de f/5,6

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dans f/5,6 (ou n'importe quel autre chiffre d'ouverture du diaphragme), le "F" correspond au"f-number", qui est le résultat d'une division entre la longueur de l'objectif et le diamètre de l'orifice laissé par le diaphragme : plus on ouvre le diaphragme, et plus le résultat du quotient est petit.


Attention, ne confondez pas ce "f-number" avec la première lettre de "Focale"

Glossaire - Grain (Film) / Bruit (Vidéo)

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Un appareil photo numérique est en fait une caméra vidéo à image fixe (les premiers appareils étaient d'ailleurs appelés "photoscopes" par analogie à "camescope"). Un système vidéo peut produire des "taches" (notamment lorsqu'il manque de lumière) appelées "bruit vidéo".

Il ne faut pas confondre le Bruit Video qui est une aberration électronique dans un système vidéo, et le Grain Film, qui est le résultat d'une transformation chimique sur un support photographie de photo argentique.

Les deux phénomènes ne sont pas de même nature et ne donnent pas du tout le même résultat.

Un boitier numérique ne produit donc pas de grain, mais du bruit vidéo.

 

Simulateurs numériques de grain argentique
la plupart des logiciels de traitement photo permettent "d'émuler" du grain argentique dont le rendu est assez réaliste. Bien entendu, le rendu de ce grain simulé par logiciel n'a absolument rien à voir avec du bruit vidéo.

 

En résumé

  1. Le bruit est produit par le capteur. C'est un défaut électronique rarement élégant (il y a des exceptions)
  2. Le Grain fait partie intrinsèque du film (ce n'est aps un "effet" comme je le lis parfois !). C'est une caractéristique physico-chimique. Mais on peut aussi le reproduire avec un simulateur de grain logiciel. 

Glossaire - "Dans la pastille" ou "en pleine pastille"

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Une photo cadrée "en pleine pastille"

Se dit d'une image dont le sujet principal (par exemple, la tête du modèle) se trouve à l'intersection des deux diagonales du format

 

Il s'agit d'une erreur de cadrage, notamment parce que l'espace au dessus de la tête ne sert à rien.


L'expression "en pleine pastille" date de l'époque ou les appareils n'étaient pas autofocus, et ou le dépoli de visée comportait en son plein centre, un système d'aide à la mise au point manuelle (appelé stigmomètre). Les photographes novices avaient tendance à laisser leur sujet sur "la pastille" après avoir fait le point, plutot que de recomposer leur image avant de déclencher.

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Un dépoli comportant un stigmomètre en son centre

Glossaire : Surexposition, Sous-exposition, cramé

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Surexposition : Se produit si le film [ou le capteur] reçoit trop de lumière, soit parce qu'il est exposé a une lumière trop forte, soit parce qu'on a laissé agir la lumière trop longtemps. Cela donne des photos numériques, des tirages ou des diapositives clairs et réduit le contraste du sujet

Sous-exposition : Se produit quand le film [ou le capteur] reçoit trop peu de lumière, ce qui donne des images numériques, des tirages ou des diapositives foncés et une réduction des contrastes

-- "La photographie" John Edgecoe

 

Cramé (jargon) : Tellement surexposée que la matière n'existe plus

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