Le Vignettage dans Lightroom

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En photographie, on peut distinguer deux types de vignettages, que l'on peut retrouver en numérique dans Lightroom, sous la forme de deux outils distincts.

 

1 - Le vignettage dû a un assombrissement de la partie périphérique de l'optique

 

Ce vignettage est causé seulement par l'optique que vous utilisez. Cela se traduit sur votre image par un assombrissement des angles de la photo, lorsqu'elle n'est pas recadrée. Si vous recadrez votre image en éliminant du champ de votre nouveau cadre un ou plusieurs angles de la photo d'origine, ce vignettage disparaitra. 
Lightroom est tres efficace pour corriger ce problème, notamment de manière automatique. Vous le trouverez dans le module "Correction de l'objectif". Si vous cochez l"option "Activer le profil de correction", Lightroom trouvera l'objectif utilisé et le corrigera. Vous nêtes pas obligé de corriger le vignettage de votre optique si le résultat vous convient.

 

2 - Le vignettage réalisé volontairement sous agrandisseur, par le tireur. 

 

Cette technique est employée par les tireurs argentiques pour "fermer" un tirage en assombrissant le pourtour de l'épreuve, lors du tirage sous agrandisseur. Ce vignettage ne se limite pas aux angles. On peut également "ouvrir" un tirage en éclaircissant les bords du tirage au point de les faire se confondre avec le blanc du papier tirage. Cette dernière technique est passée de mode, mais reste réalisable dans certains cas.

Lightroom reproduit cette possibilité avec la fonction "vignettage après recadrage" du module "Effets".

  • Selon comment vous déplacez le curseur "gain", vous obtiendrez soit un vignettage "fermé" (assombri) ou "ouvert" (éclairci). Comme dans la réalité, ce vignettage apparaitra sur les bords de votre "tirage". En conséquence, si vous recadrez votre image, l'effet s'adaptera à votre nouveau cadrage.

  • Si vous voulez bien comprendre l'impact des différents curseurs, commencez par positionner le curseur "contour progressif" à 0. Cela vous permettra de visualiser votre pourtour de tirage. Vous re-règlerez la progressivité à la fin.

  • Le curseur "Milieu" détermine la taille de la zone claire au centre du tirage

  • Le curseur "Arrondi" permet de déterminer la forme de l'arrondi de la zone claire. Tirez le curseur dans les deux sens pour constater comment il agit.

  • Le curseur "Hautes Lumières" vous permet de doser le pas pris par les hautes lumières sur le vignettage, lorsque vous etes en "priorité hautes lumières" ou en "priorité de la couleur". En "priorité hautes lumières", plus vous allez vers la droite, et plus les hautes lumières se trouvant sous votre vignettage (a condition bien sur qu'il y en ait) estomperont le vignettage. En "priorité de la couleur", plus vous allez vers la droite, et plus la couleur se trouvant sous votre vignettage (a condition bien sur qu'il y en ait) estompera à son avantage, le gris du vignettage.

  • Une fois ces réglages faits, n'oubliez pas de replacer le curseur "contour progressif" le plus possible vers 100, pour que l'effet ne soit pas caricatural au final.

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Un vignettage Positif réalisé sous agrandisseur, sur tirage argentique. Photo & Tirage : Julien Colant

Autres facteurs de vignettage

 

D'autres élements peuvent créer un vignettage :

  • Un pare-soleil d'objectif mal positionné ou non adapté. On pourra parfois en ressentir les effets lorsqu'il empiète sur le champ de l'objectif
  • Certains setups lumière (studio ou exterieurs) qui vont créer un assombrissement de tout ou partie du pourtour de l'image. Le simple fait de cadrer un champ dont l'angle est plus large que celui du modeleur du flash peut créer une impressionde vignettage. Ce vignettage n'est pas forcément un défaut et peut être délibéré.

En argentique une source très importante de vignettage est celui produit par l'objectif de l'agrandisseur. On le subit beaucoup plus fortement que celui produit par l'objectif de la prise de vue (un film négatif entre 10 et 14 IL de dynamique, un papier tirage environ 4 IL, donc on subit tres fort des faibles variations de luminosité).
Afin de limiter ce vignettage, on doit utiliser des agrandisseurs avec des colonnes hautes et qui sont aussi très lumineux pour pouvoir diaphragmer et pour pouvoir n'utiliser que la partie centrale de la projection.

-- Julien Colant, Photographe

 

Allez-y en douceur

 

Sauf cas spécifiques, il est préférable d'utiliser ces curseurs avec subtilité. Bien souvent l'idéal pour un effet, c'est de ne s'apercevoir qu'il était là, seulement après l'avoir retiré. Cependant, vous pouvez le marquer davantage si vous tenez à un rendu typé.
Comme bien souvent lors de l'utilisation caricaturale d'un effet, le probleme ne vient pas de l'effet lui-même, mais de l'opérateur qui l'a utilisé !

Le Portrait en Noir et Blanc

Article originel >>> 
 

Lightroom permet de gérer le workflow complet de votre image, depuis son développement RAW, jusqu’a la sortie JPG, en passant par une éventuelle retouche dans Photoshop.

01 Les deux méthodes

Pour réaliser une image en noir et blanc, vous avez deux possibilités :

 

Mode 1 - Faire un développement RAW, directement en Noir et blanc

Mode 2 - Faire un développement RAW couleurs, exporter dans un fichier PSD/TIFF vers Photoshop, et créer le noir et blanc a postériori, dans Lightroom

 

Si vous savez que votre image ne sera jamais utilisée en couleurs, il est nettement préférable de choisir la solution 1, car un fichier raw est vraiment plus malléable en termes de possibilités de développement, qu’un fichier « bitmap » (PSD ou TIFF)

En revanche, si votre image doit être utilisable en diverses versions (couleurs, noir et blanc, sépia, etc), vous réaliserez votre noir et blanc à partir de l’image PDS/TIFF, elle même exportée puis retouchée en couleurs.

L’illustration ci-dessous vous montre a gauche un Noir et blanc réalisé en « Mode 2 » : l’image PSD couleurs retouchée a été transformée en Noir et Blanc, directement dans Lightroom. Ceci n’affecte pas le fichier PSD

A droite, une image Noir et blanc avec un léger virage brun, réalisée directement en RAW, sans retouche, dans Lightroom

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02 Le Workflow "Mode 1"

 

Le Mode 1 consiste à créer votre Noir et Blanc sur le fichier RAW lui même

 

Afin que le Noir et Blanc numérique perde son aspect artificiel et « vidéo », j’introduis une phase de caractérisation film (que vous pouvez retirer si elle ne vous convient pas)

 

  • Import du fichier RAW dans Lightroom
  • Développement numérique Noir et Blanc
  • Post-Traitement de caractérisation film
  • Export JPG du fichier de sortie (Profil « sRVB »)

 

Un fichier RAW permet une latitude de traitement étonnamment étendue. 

 

L’illustration ci-dessous vous montre l’image avant développement, tous curseurs à leur valeur neutre.
L’après représente l’image définitive, sans retouche, mais avec son traitement noir & Blanc et sa caractérisation film / Tirage : J’ai choisi un léger virage brun clair

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03 Le Workflow "Mode 2"

Le Mode 2 consiste à créer votre Noir et Blanc sur le fichier PSD/TIFF préalablement créé en couleurs.

 

  • Import du fichier RAW dans Lightroom
  • Développement numérique couleurs
  • Export du Fichier couleurs vers Photoshop, en vue de la retouche (Profil « Adobe 98 »)
  • Ne pas oublier de cocher la case « Ajouter à ce catalogue » dans le module d’export de Lightroom, pour que le fichier créé à l'étape précédente soit visible et traitable dans Lightroom
  • Post-Traitement de caractérisation film sur le fichier PSD dans Lightroom. Ce post-traitement n’affecte pas le fichier PSD lui même. Il est visible uniquement dans Lightroom.
  • Export JPG du fichier de sortie (Profil « sRVB »), a partir du fichier PSD dans Lightroom

 

L’illustration ci dessous Vous montre une image couleurs retouchée dans Photoshop (fichier PSD) et affichée ici dans Lightroom, avec à coté, une version en Noir & Blanc sous forme de copie virtuelle.

Notez que toute modification du fichier PSD couleurs impactera la version noir et blanc sans avoir besoin de faire de manipulation supplémentaire.

Vous trouverez dans cet autre tuto, davantage de détails sur le workflow décrit ci dessus : Le workflow

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04 Le développement : la tonalité

Ce développement peut être réalisé indifféremment en Mode 1 ou en Mode 2.

 

Faites toutefois attention aux limitations du fichier bitmap en Mode 2, qui pourrait provoquer l’apparition de bruit vidéo et/ou de postérisation !

 

La première étape consiste, comme on s’en doute, à passer en noir et blanc, soit à l’aide du bouton, en haut à droite du panneau Réglages de base, ou sur le mot NB du panneau TSL/Couleur/NB. Les curseurs du module Tonalité, panneau Réglages de base, doivent être utilisés de haut en bas, afin de régler le caractère de l’image (sa luminosité et son contraste).

 

Dans l’illustration ci-dessous, nous avons délibérément choisi un rendu “délavé”, ce qui explique la position du curseur Ombres. Mais, bien entendu, il est tout à fait possible de réaliser un rendu très contrasté. N’hésitez pas à bouger chaque curseur un par un, avec une large amplitude de mouvement, pour comprendre quelle influence il va avoir sur
votre développement.

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05 Le contraste

Le curseur Contraste va influencer la totalité de l’image.

 

D’une manière plus pratique, vous pouvez aligner ce curseur avec la dureté de la source :

  • source “dure” (bols durs, soleil intense), Contraste supérieur à zéro
  • source “moyenne” (parapluie argenté, bol beauté, ombre), Contraste à zéro
  • source “douce” (boîtes à lumière de grande taille, lumière du matin ou du soir, ciel voilé), Contraste inférieur à zéro.

 

Les quatre curseurs suivants (Hautes lumières, Ombres, Blancs, Noirs) serviront à régler la tonalité spécifique à l’image et à l’interprétation que vous souhaitez en donner. Ces curseurs fonctionnent dans les deux sens, ce qui rend ce module extrêmement puissant.

 

Le curseur de microcontraste, appelé Clarté, permettra d’adoucir une image globalement trop agressive ou de redonner de la présence à une image dont la douceur générale vous plaît, mais qui manque un peu de “précision”.

 

N’hésitez pas, là encore, à bouger ce curseur pour en constater les effets sur votre image.

 

Sur l’illustration ci-dessous, nous pouvons voir deux opposés en matière de contraste.

 

Le traitement sur fichier RAW permet d’obtenir toutes les nuances intermédiaires sans dégradation de l’image, notamment des basses
valeurs. Attention à la “montée” de bruit vidéo et de postérisation si vous tentez un tel traitement sur un fichier PSD/TIFF, même en 16 bits.

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06 Le développement localisé

Vous pouvez utiliser le pinceau pour effectuer un développement localisé dans l’image.

 

Cependant, si votre prise de vue est bonne et si vous avez effectué un travail correct en amont sur le panneau Réglages de base, vous n’en aurez pas systématiquement besoin. Il vaut mieux reprendre son développement à l’étape précédente, plutôt que de tenter de “réparer” un mauvais réglage à coups de pinceau.

 

Cependant, le pinceau vous permettra aussi d’effectuer du dodge and burn (éclaircissement/assombrissement localisé, comme les tireurs argentiques le réalisaient sous leur agrandisseur).

 

L’illustration vous montre comment densifier les sourcils.

 

Note : évitez impérativement de renforcer la netteté du regard en localisé. Cela donne un rendu très artificiel et peu esthétique. Les yeux et le regard sont une affaire de maquillage et de direction du modèle au moment de la prise de vue. Pas de posttraitement numérique exagéré…

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07 Le Filtrage couleurs

Le filtrage couleurs permet d’imiter l’effet des filtres que l’on fixait sur son boitier à la prise de vues en Noir & Blanc argentique.

 

Le Mélangeur Noir et blanc possède toutefois 8 gammes de nuances colorées, réglables en luminosité de -100 à +100. En agissant sur ces curseurs, vous éclaircirez/assombrirez dans toute l’image, la nuance correspondant au curseur sélectionné.


Avec le TAT (Targeted Adjustment Tool - Outil de réglage par zone ciblée), Lightroom sélectionnera pour vous la ou les couleurs concernées et leur ratio respectif.

 



Sur l’illustration ci-dessous, vous pouvez voir comment la peau a été éclaircie : cliquez sur la peau, maintenez le bouton de la souris, poussez la souris vers le haut et observez ce qui se passe. Sur notre exemple, le résultat est caricatural pour les besoins de la démonstration. Allez-y en finesse…

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08 Le posttraitement de caractérisation film : La Dynamique

Nous allons tenter de « casser » le rendu « trop propre » de nos appareils numériques en introduisant une « courbe en S » dont les extrémités seront décalées vers le haut pour les valeurs basses, et vers  le bas pour les valeurs hautes.

 

Ceci aura pour conséquence de « couper » les valeurs les plus basses et/ou les valeurs les plus hautes de notre image. Notez que la coupure des valeurs hautes est optionnelle car son action est plus radicale.

 

Cela semble « voiler » l’image et ce n’est pas tout à fait faux. Si l’effet (le voile des valeurs sombres notamment) est trop marqué, il suffira de descendre plus proche de son origine, la courbe du S en bas à gauche.

 

Là encore, il faut « tester » afin d’adapter le dosage à votre photo, telle que vous l’avez développée. Cette courbe fait partie du « post-traitement » de l’image. Elle s’ajoute au développement pour le caractériser, mais sans en changer la nature fondamentale. 

 

Effectuer un « cut » (une coupure des valeurs sombres et/ou claires) ne donne pas une image « grise » ou « manquant de contraste ». Cela donne une image avec une caractérisation « film » et on peut lui donner une infinité de nuances.

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09 Le posttraitement de caractérisation film : le grain film

Le module de grain film de Lightroom fonctionne de la manière ci-après.

 

  • Le curseur Valeur permet de régler la force de l’effet.
  • Le curseur Taille permet de régler la taille des grains, ce qui est lié à la sensibilité ISO du film.
  • Le curseur Cassure permet de déterminer la forme des grains, que l’on peut utiliser conjointement avec la taille.

 

Notez que le curseur Taille floute l’image de manière très réaliste, au fur et à mesure qu’on augmente la taille du grain. Avec ce module, on peut passer d’un grain très fin et très délimité, comme un film de basse sensibilité (tel qu’un Kodachrome 25 ISO), à un grain grossier et de grande taille, avec toutes les valeurs intermédiaires.

 

L’illustration ci-dessous vous montre deux réglages extrêmes, les réglages indiqués à droite correspondant à l’image de droite.

 

Dans la réalité, il faudra agir avec davantage de subtilité. Notez que le grain s’apprécie en regardant l’image dans son intégralité et à distance normale d’observation. En d’autres termes, ne faites pas vos réglages de grain avec une image zoomée à 100 %, le nez collé à l’écran.

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