Pourquoi le choix du diaphragme est-il un facteur majeur ?

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La raison est éditoriale. 


La réponse n'est pas un absolu. Mais elle vous explique pourquoi le choix du diaph doit être laissé au Photographe (ou au directeur artistique) : 

 

  • Il est tres important que le diaph soit constant pour que la Profondeur De Champ soit constante, dans la mesure du possible
  • D'une manière générale, il faut essayer également de garder une distance de PDV constante, là aussi pour que la Profondeur De Champ soit constante, tout comme le point de vue

Pour les raisons suivantes : 

 

  • Si vous faites des séries éditoriales (comme pour un édito magazine) votre série sera UNIFORME. D'ailleurs il peut arriver que le DA du magazine vous donne le diaph a utiliser (même s'il ne l'exprime pas de manière technique)
  • Idem si vous faites des séries artistiques. La photographie n'est pas exclusivement la photo unique, il fait etre capable de réaliser des séries
  • Si dans votre portfolio vous avez des images à toutes les Profondeur De Champ, cela va donner une impression de travail chaotique et non uniforme. cela va impacter votre style.
  • Un diaph peut etre imposé pour raison artistico-technique. En coiffure par exemple, il va falloir davantage de Profondeur De Champ (tout dépendra de la demande du client) car on peut vouloir que le travail de coiffure soit dans la zone nette

 

Il s'agit de recommandations d'ordre artistique basé sur ce que j'ai pu expérimenter. Pas de règles absolues. Il y a bien entendu des exceptions.

 

  • Pour des raisons de qualité optique, il ne faut cependant pas trop fermer, sauf avec les optiques "premium" comme les Leica M ou les Hasselblad MF
  • Cependant, il ne faut pas trop ouvrir non plus, car à ƒ/3,2 et en dessous QUEL QUE SOIT LE FORMAT, la progressivité est nulle et le passage de net à flou est ultra brutal. Les clients (ou de simples spectateurs) ne veulent pas de ca (même s'il ne savent pas ce que c'est, ils ont des yeux et un ressenti).

Votre culture et le "J'aime / J'aime pas"

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Photo : Mariacarla Boscono par Peter Lindbergh

Nous avons tous le droit d'aimer certaines choses, mais également de ne pas en aimer d'autres.



En revanche, appliquer le "j'aime /  j'aime pas" à sa propre culture est très castrateur. Si vous faites cela, vous ferez toujours la même chose sans jamais évoluer. Votre propre culture ne s'étendra jamais.

Vous vous privez d'une partie du savoir et vous vous empêchez d'observer. Or l'une des caractéristiques de l'intelligence est qu'elle permet de "bénéficier des fruits de l'observation en discernant les différences"

N'oubliez pas non plus, que les gouts évoluent avec le temps et qu'ils s'étendent au fur et à mesure que vous allez conquérir des nouvelles choses, en sortant de votre zone de confort. En d'autres termes, vos gouts de maintenant ne sont qu'une infime partie de vos gouts de demain. 

Dans leur grande majorité, les adolescents "savent tout sur tout", du haut de leur quelques années de vie. C'est un comportement excusable, car c'est le passage obligé vers la vie d'adulte. Mais vous, ne restez pas dans "l'adolescence de votre savoir"...



A l'inverse, si vous vous intéressez à une multitude de sujets (même à ceux que vous n'aborderez pas vous même, en tant que photographe), vous allez commencer à "ouvrir votre œil". Aller voir une exposition de Dali (par exemple) peut agrandir singulièrement votre horizon artistique et créatif...



Afin de découvrir de nouvelles choses, quitte à devoir vous "faire violence" pour sortir de votre zone de confort, dites vous que si des gens sont considérés comme des maitres dans leur discipline, ce n'est jamais par hasard. Essayez de découvrir pourquoi ils ont acquis ce statut et ce qui, dans leur œuvre, représente la maitrise. Vos n'êtes pas obligé de tout aimer. mais vous êtes tenus de tout regarder, dans la mesure de vos possibilités.



Et vous pouvez étendre cette notion à votre culture technique : essayez d'aborder de nouvelles techniques dont vous pourriez avoir besoin, afin d'augmenter l'étendue de vos compétences. et pour "ouvrir votre horizon"

 

Note pour l'éducation des enfants : 
J'ai eu la chance de naitre avant l'internet et de ne pas être victime de la dispersion et superficialité mentales que peut provoquer un afflux de données non évaluées (souvent fausses) et prodiguées sans notion de niveau du lecteur et hors-séquence. En effet, Internet "permet" d'accéder à énormément de données fausses, lues "en diagonale", sans spécifier le niveau requis et sans ordre précis et donc sans notion de progressivité. Nos enfants sont à la merci de telles données potentiellement dangereuses pour leur intégrité intellectuelle et culturelle.

Lorsque j'étais enfant, j'a dévoré des "encyclopédies pour enfants" comme par exemple des "encyclopédies scientifiques" et "encyclopédies sur l'Art", avec des textes simples écrits avec des polices de taille moyenne et beaucoup d'illustrations, souvent sous la forme de dessins clairs et lisibles. Je prenais à la lettre A et terminais à Z.
On peut dire que ça m'a sauvé la vie, culturellement parlant. Le savoir, c'est la liberté et la prise de contrôle de sa destinée.

Je vous suggère donc de procéder de la même manière avec vos enfants. Pas de tablettes (de toutes façons vivement déconseillées pour les petits) mais des encyclopédies papier de ce type, que vous pouvez lire avec eux au début, pour les inciter. Ce sont des gros livres qui sentent l'encre et le papier. Vous verrez qu'au bout d'un moment, vos enfants seront "accro", même si par ailleurs ils se servent de leurs tablettes et autres smartphones ou ordis. Cela va stimuler leur intérêt pour la technique et pour l'art, intérêt qui durera toute leur vie.


Attention à l'Encyclopédie "Tout l'Univers" : Elle est très bien, mais je vous conseille de ne la leur donner qu'après avoir utilisé des encyclopédies plus simples, en 2 ou 3 (gros) volumes.

Pour les parents

Passée la période de rejet de l'école, il y a toujours un moment de sa vie ou l'on ressent le besoin d'apprendre à nouveau. Vous pouvez donc vous aussi, prendre ces encyclopédies pour enfants en commençant par celle que vous préférez le plus.
 

Ne vous sentez pas ridicules si vous aimez une encyclopédie toute simple, au contraire. Le savoir, c'est le savoir. Il est bon à prendre partout ou on le peut. Les encyclopédies pour enfants existent pour que les petits puissent acquérir des données en tenant compte de leur développement intellectuel et de leurs capacités cognitives. Mais ça ne veut pas dire que les adultes ne peuvent pas les utiliser eux-aussi, afin de reprendre "les bases"

La lecture de A à Z permet de tout aborder, avec plus ou moins de curiosité, et d'éviter les "jaime / j'aime pas"

Amusez vous bien ;)

Edito : Les Formations, la Technique et l'Artistique

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Tout comme ma photographie en tant que portraitiste, mes formations à la photo sont conformes à une certaine vision technique et artistique, que j'essaie de vous faire partager, afin de vous donner les outils qui vous permettront de développer votre propre personnalité photographique.

 

Portraitiste orienté mode

Je suis avant tout portraitiste. C'est le portrait qui est a la base de tout ce que je réalise en photographie d'humains. Je ne réalise pas de la photo de mode, mais des portraits à vocation Mode, vocation Mode que l'on retrouve également en photo de Nu, en portrait Artistique, en photo d'Enfants, d'Artistes, de Comédiens et, dans une certaine mesure, en photo Institutionnelle

Vous retrouverez donc cette vision de la photographie, tout au long des formations que je délivre.

 

La vision technique

Selon moi, la technique est la première étape primordiale et doit être totalement assimilée au point de ne plus avoir à y penser. Seule la maitrise technique permet de posséder une totale liberté créatrice. Sans technique, on se heurte a des difficultés qui vont empécher de s'exprimer correctement d'un point de vue artistique. Durant les formations, nous mettons donc l'accent sur la lumière et sa mesure, l'exposition, le cadrage, l'impact de la distance, etc. Connaitre la technique permet aussi de comprendre le "pourquoi". C'est cette connaissance des raisons pour lesquelles on va utiliser telle ou telle technique qui donnera a votre photographie, une intelligence technique et créatrice.

Lors des formations, vous apprendrez tous les fondamentaux techniques, mais je vous expliquerai également les raisons pour lesquelles ont doit les connaitre, ainsi que la relation entre technique et artistique

 

Le succes en photographie, et plus particulièrement pour le portrait, dépend de la capacité de saisir ces instants supprèmes qui passent en une fraction de seconde, sans jamais se répéter – de sorte que la lumière, l'équilibre, l'expression – doivent être vus, ressentis pour ainsi dire – en un éclair, la mécanique et la technique étant si parfaitement maîtrisées qu'elles deviennent automatiques..

-- Edward Weston

 

La vision artistique

L'artistique est le complément de la Technique. C'est un domaine rarement abordé de manière complète en formation Photo. Chaque élément technique devrait avoir une justification artistique. Et qu'on le veuille ou non, chaque élément technique aura un impact sur l'artistique. Donc, quitte à choisir, autant faire en sorte que cet aspect des choses soit sous votre contrôle. L'élément le plus important est votre base culturelle, aussi bien en photo que dans les domaines connexes (vidéo, cinéma, musique, peinture, littérature, etc). Votre culture va élargir votre champ artistique et va donner un sens à vos photographies.

Lors des formations, nous ferons constamment des références culturelles et artistiques. A chaque utilisation d'une technique et même d'un outil, nous verrons comment cet usage se rattache a une notion artistique et/ou culturelle et comment ceci va participer à l'intention​ sous-jacente à vos photographies.

 

Le regard

Si photographier une jolie fille bien maquillée, avec un matériel haut de gamme, puis retoucher l'image produite dans Photoshop suffisait pour produire une bonne photo, nous serions inondés d'œuvres d'Art. Malheureusement, 99% des portraits que je vois défiler chaque jour sont probablement tres jolis à regarder, mais ne dégagent rien en ce qui concerne le sujet de l'image : l'humain. Et la raison en est que ces images retranscrivent une communication inexistante entre modèle et photographe.
Or la chose la plus importante dans un portrait, c'est ce que le regard nous dit. Une photo nous renvoie ce qui s'est passé au moment de la prise de vues. 

Lors des formations, nous verrons comment se mettre en communication avec le modèle, comment faire en sorte qu'elle se mette en communication avec nous. Puis nous chercherons à faire en sorte que cette communication soit retranscrite sur la photographie.

 

Presque toutes mes photos sont des portraits. Quand j’ai le modèle en face de moi, je n’ai pas l ’ impression de photographier les vêtements. Ils n’ont en soi pas beaucoup d’ intérêt, même si j’ai le plus grand respect pour les stylistes. Pour moi, les vêtements sont simplement une étape pour arriver à exprimer ce que je veux. [...].

Ce que vous saisissez, je pense, c’est la relation avec la personne que vous photographiez. C’est un échange et c’est ce qui se retrouve sur l ’ image.

-- Peter Lindbergh, 2013, Magazine Victoire.

Le portrait, c'est ce qui m'intéresse le plus en photographie. Je suis un portraitiste. La photographie de mode, je l'aborde comme un portraitiste... C'est l'atmosphère, l'aura du portrait qui donne vie au vêtement

-- Paolo Roversi, février 2003, Vogue Paris.

 

Non, la retouche n'est pas obligatoire !

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Photo réalisée sans retouche et sans maquillage studio

 

EDITO

 

Si j'en juge par les portraits que je vois défiler chaque jour sur mes réseaux sociaux, l'usage de la retouche à grands coups de Split Frequency, Dodge & Burn ou même de flou gaussien, semble être systématique

 

J'ai vu récemment des photos réalisées en argentique, puis retouchées de manière poussée dans Photoshop. Si je retouchais en numérique sur de l'argentique, j'utiliserais des méthodes équivalentes à celles des retoucheurs / repiqueurs (pinceau et gris-film) afin de préserver le rendu du film sur l'image finale.


Cette vague de retouches peut donner l'impression (erronnée) aux jeunes photographes, qu'ils doivent obligatoirement retoucher de manière poussée leur propres photos sous peine d'etre rejetés par le monde de la photographie amateur !

On m'a même rapporté que "pour se faire remarquer sur l'internet, il fallait retoucher ainsi". Dramatique n'est-ce pas ?

 

Mais sachez que vous pouvez réaliser des portraits sans utiliser sytématiquement une retouche poussée et un "surfaçage" de peau qui conduit à faire ressembler votre modèle à un non-humain. Rien ne vous oblige a suivre cette mode venue de Russie, et qui donne l'impression (fausse) d'etre devenue un "standard".

 

Mais on en voit dans les magazines et dans les pubs !

Est-ce a dire que chaque photo que vous réalisez est destinée à un magazine ou à une marque qui vous ont demandé expressément d'effectuer un tel traitement ? 

 

Vous n'êtes pas, en tant qu'amateur, obligé d'utiliser systématiquement des techniques de retouche "High End" plutot destinée à la photo de beauté professionnelle (visuels pub, magazines beauté). Un portrait ne nécessite pas obligatoirement un tel traitement. 

 

Certaines personnes sont tellement dans ce point de vue de retouche systematique, qu'elles énumèrent une litanie de techniques que l'on pourrait utiliser pour retoucher une image, tout en en oubliant une, essentielle : on peut tres bien ne pas retoucher avec des techniques aussi poussées, voire ne pas retoucher du tout si les circonstances le permettent !

 

Il est pourtant possible de sortir une image sans utiliser Photoshop (Ca demande du travail, mais ca s'apprend, de la même manière que la retouche s'apprend)

 

Il faut arriver à distinguer quel type de traitement pour quel type d'image et ne pas tout mettre dans le même sac. Vous voulez apprendre la retouche "High End" ? allez y ! Ca fait partie des choses que l'on devrait savoir faire... ou pas si ce n'est pas votre style.

Mais ne vous sentez pas obligé d'en mettre partout, tout le temps.

 

Et si votre but est juste de vous amuser et de trouver quelques modèles pour poser pour vous, sortez vous de la tête que vous allez "attirer leur attention" avec des photos systématiquement retouchées. Je suis bien plaçé pour savoir que ce n'est pas nécessaire. Une des premières choses que je dis à un modèle, c'est que je ne retouche pas ou très peu.

 

Et puis, examinez maintenant, un autre point de vue : Pourquoi, plutot que de suivre une mode éphémère qui ne révèle en rien vos vrais talents photographiques, ne pas vous démarquer, comme l'ont d'ailleurs fait certains photographes, parmi les plus grands ?

Contrairement à certaines idées reçues, marques et magazines n'utilisent pas systématiquement la retouche poussée
 

Voici une photo de beauté réalisée par Patrick Demarchelier, pour une campagne beauté (Acqua di Gio d'Armani). Pas de maquillage visible, pas de retouche visible (les cernes sont présents) et une extraordinaire présence de Diane Kruger.

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D'autres photos de Patrick Demarchelier >>>

 

Et voici une photo de mode pour le magazine Vogue, réalisée par Peter Lindbergh. Là encore pas de retouche visible, cernes présents, etc. Plutot que sur l'artificialité du traitement, l'accent est mis sur le travail photographique et la présence de Mariacarla Boscono

 

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D'autres photos de Peter Lindbergh >>>

 

Comment faire des portraits sans retouche poussée ?

La photographie nécessite un aprentissage des points suivants : 

- La mise en Lumière

- La direction et communication avec le modèle

- Le cadrage et la composition d'image

- Le developpement numérique

- Une éventuelle retouche numérique, légère et invisible

- Le post-traitement de personnalisation.

- Des références culturelles (les Maitres de la Photographie) afin de savoir ce qui est demandé...

 

Il faut juste s'y attaquer avec courage !

Et n'oubliez pas également, qu'on ne peut pas envisager de masquer indéfiniment ses lacunes sur les points ci-dessus à grands coups de Photoshop. Il faut simplement travailler pour s'améliorer.

 

Dernière chose : L'internet et les Résaux sociaux ne sont pas la Photographie dans la vraie vie. Si vous voulez vous démarquer, faites le par votre talent de photographe en développant les points ci-dessus. 

 

La retouche, c'est mal ?

Il n'est pas question critiquer l'usage de la retouche. Je retouche moi-même (ou fais retoucher) certaines de mes photos. Vous pouvez donc retoucher, bien évidemment. Gardez aux images, un look qui correspond à leur vocation ou destination.

 

L'objet de cet edito est de mettre l'accent sur le fait qu'il n'y a pas de caractère systématique au fait de retoucher ses images.

 

Le rôle du Traitement dans le Style (paragraphe extrait du texte : "Votre style photographique")

Le traitement (développement, retouche éventuelle et post-traitement de finalisation) fait partie de la technique du "labo numérique" (ou du labo argentique). Savoir post-traiter vos images est indispensable, et cela fait partie des choses qui vont vous distinguer.

 

Mais attention, ne soyez pas naïfs au point de croire qu'un type de traitement, un type de retouche, un préset Lightroom ou une Action Photoshop suffiront à créer "votre style". C'est beaucoup plus complexe que celà. La retouche n'est pas obligatoire mais si elle existe, elle fait partie du traitement. En regardant votre Portfolio, on devra trouver une unité de style au niveau du traitement.

Vous ne pouvez pas baser votre style sur "une manière de de retoucher" car : 
- Les grandes marques utilisent des retoucheurs indépendants. Vous devrez donc livrer des photos non retouchées.

- Certaines marques ou clients vous demanderont des photos non retouchées. Vous ne pouvez pas baser tout votre travail sur le fait que tout serat toujours retouché par vous et/ou comme vous le voulez

- Vous aurez a retoucher dans certain cas, mais vous devrez être capable de faire cohabiter des photos non retouchées et des photos retouchées dans le même portfolio sans que l'on puisse distinguer les unes des autres

 

Cependant, si tout votre style repose entièrement sur l'usage d'un type particulier de retouche, vous devrez prendre conscience que vos réalisations ne peuvent pas être basées sur la retouche uniquement. Comme dit au dessus, ne croyez pas qu'un type de retouche suffira à créer "votre style". La retouche sera un (et seulement un) parmi de nombreux éléments constitutifs de votre style. Vous pouvez par exemple regarder le travail de Erwin Olaf, qui utilise des retouches tres particulières, dans le cadre d'un travail dont la portée artistique et technique dépasse de tres loin la simple retouche ou traitement.

En dehors de ce cas particulier, et si retouche il y a, elle ne peut pas conditionner votre style, sinon que ce passe-t'il si on vous demande de ne pas retoucher ? 
Que se passe-t'il si la retouche est confiée au retoucheur de la marque ? 
C'est votre style qui doit dicter le rendu, avec ou sans retouche. Pour dicter votre style, utilisez les autres éléments de cette liste et si vous en faites, adaptez votre retouche à ce style.

Quelques images réalisées sans retouche

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Le rôle du Traitement dans le Style

N°03 de la Série "Votre Style Photographique"

13/01/2015

 

Photo : Lilian Bassman

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Attention : Développement ou Retouche ?

Par expérience, j'ai constaté que la très grande majorité des gens ne connaissent pas la différence entre Développement et Retouche. Je vous invite donc à lire ce texte : Quelle est la différence entre Développement et Retouche ?

 

Introduction

Le traitement (développement, retouche éventuelle et post-traitement de finalisation) fait partie de la technique du "labo numérique" (ou du labo argentique). Savoir post-traiter vos images est indispensable, et cela fait partie des choses qui vont vous distinguer. Mais attention, ne soyez pas naïfs au point de croire qu'un type de traitement, un type de retouche, un preset Lightroom ou une Action Photoshop suffiront à créer "votre style". C'est beaucoup plus complexe que cela. La retouche n'est pas obligatoire mais si elle existe, elle fait partie du traitement. En regardant votre Portfolio, on devra trouver une unité de style au niveau du traitement.

 

Personnalisez votre traitement.

En Photographie chimique, le photographe utilisait le choix du film, de la chimie, du papier comme des outils intervenant dans le rendu final. Ces choix influençaient l'aspect "plasticien" de la photographie, la "réponse" des contrastes, la tonalité et la restitution des couleurs, la sensation de "matière" associée à l'image elle-même. Au final, cette caractérisation allait influencer la réponse émotionnelle de la photographie, auprès du lecteur.

Telle qu'elle est délivrée par un boitier numérique (y compris pour un fichier RAW) et malgré un développement numérique personnalisé, l'image est totalement dépourvue de cet aspect plasticien. Cela a pour conséquence de donner des images au rendu complètement uniforme et identique, tous modèles et toutes marques confondues. En quelque sorte, cela revient à dire que - en terme de rendu - tous les photographes produisent tous les mêmes photos, quelque soit le matériel numérique utilisé.

 

Ceci va à l'encontre de la personnalisation du Style. Il est donc nécessaire de mettre en œuvre des moyens techniques pour contrebalancer l'uniformisation des rendus que nous a apporté le numérique. 
 

Je vous propose de lire ce tuto, qui va vous donner un point de vue exhaustif sur le sujet : Le rendu de la photo Numérique

 

Quelques exemples de rendus éclatants de maitres de la photographie.

  • Le "simple" rendu argentique, dans les portraits en noir et blancs dramatiques, directement inspirés des photographes américains de la Grande Dépression, mais aussi de l'expressionnisme Allemand des années 40 de Peter Lindbergh
  • La finesse des rendus à très courte profondeur de champ, alliés à la texture inimitable de la chambre photographique de Paolo Roversi : sensualité, gravité et mystère
  • Les noirs et blancs argentiques, dont le flou et le graphisme donnent une ambiance à la fois mystérieuse, sophistiquée et minimaliste de Lilian Bassman
  • Le romantisme, les flous évanescents, la dialectique colorée, le mystère de la peinture photographique de Sarah Moon

 

Photographie ou Visuel Pub ?

Je vais essayer de définir ce qui selon moi détermine la limite entre Photographie et Visuel Pub.

Je vais baser cette différenciation sur celle que l'on fait depuis longtemps en argentique et sur ce que font certains Maitres de la photographie.

  • Une photographie est une image non retouchée ou dont les retouches sont mineures (petits boutons, petits défauts, etc). On n'a pas touché à la surface de la peau et son aspect est exactement le même que dans la réalité. On obtient ici, ce qu'on aurait vu sur les tirages argentiques développés et tirés par son photographe de quartier.
     
  • Un visuel Pub est une image obtenue à partir d'une photographie. Mais l'infographie a tellement été poussée que la personne représentée ne ressemble pas aux êtres humains que nous croisons dans la rue : peau au grain parfait, formes du visage impeccablement galbées, etc. Le résultat est très esthétique, mais il ne s'agit plus d'une photographie. Nous avons à faire à un visuel infographique.
     
  • Les deux ont tout autant de valeur et selon moi, un photographe doit être capable de réaliser l'un comme l'autre.
  • Il n'y a aucun problème sur le fait de ne présenter que des visuels pub dans son portfolio. Et vous pouvez tout à fait baser votre style sur des photos de type "visuel pub"
     
  • Mais attention, vous devez être capable par ailleurs de réaliser des photos sans ce type de retouche poussée. Que se passera t'il si on vous demande un jour de réaliser des photos sans cette retouche de type "visuel" mais qu'en revanche, on exige un style marqué ?
     
  • Et le pire serait que la retouche vous serve à masquer des lacunes en tant que photographe. Vous devez être irréprochable au niveau de votre connaissance de la technique de prise de vues. A ce sujet, vous pouvez consulter ce tuto : Le rôle de la Technique dans le Style 
     
  • Attention au micro Dodge & Burn, au Split Frequency et d'une manière générale, aux techniques d'uniformisation. Utilisées sans discernement de style, elle vont rendre vos réalisations tout aussi uniformes que celle de votre voisin qui aura également utilisé ces techniques. Sur certains portfolios, la première chose que l'on se dit c'est "tiens il a utilisé du D&B". Or, c'est bel et bien l'image elle même qui devrait sauter au yeux. L'univers du photographe. La puissance du regard du mannequin. Pas les techniques utilisées en retouche !
     
  • Donc Si vous retouchez, la retouche doit être au service de votre style. Votre image doit communiquer avec force et faire oublier les techniques qui ont été utilisées pour la produire. Ce seul facteur est pour moi un indice important permettant de juger de la maturité d'un portfolio. Ne tombez pas dans le : "superbement réalisé, mais trop technique, ne communique rien qui surpasse la technique elle même"
     
  • Si vous regardez les images des 4 photographes donnés en exemple ci-dessus, vous aurez une parfaite illustration de comment le traitement se met au service du message (et non l'inverse)

Le rôle de la Technique dans le Style

N°02 de la Série "Votre Style Photographique"

18/11/2015

Photos : Behind The Scene Peter Lindbergh

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Le succes en photographie, et plus particulièrement pour le portrait, dépend de la capacité de saisir ces instants supprèmes qui passent en une fraction de seconde, sans jamais se répéter – de sorte que la lumière, l'équilibre, l'expression – doivent être vus, ressentis pour ainsi dire – en un éclair, la mécanique et la technique étant si parfaitement maîtrisées qu'elles deviennent automatiques.

-- Edward Weston

Ne plus y penser

La technique est primordiale, même si elle ne suffit pas. Lorsque l'on possède les techniques photographiques sur le bout des doigts, on n'a plus besoin d'y penser lorsqu'on les applique. De la même manière que lorsqu'on fait du vélo, on ne réfléchit pas à ce que nos bras, nos mains et nos jambes font, on peut maitriser les commandes et l'usage de son materiel de manière totalement instinctive.

 

Quelques éléments techniques qui peuvent caractériser le style

Nous pouvons recenser quelques élements techniques qui pourront donner une "patte" à vos images :

 

Cadrage et combinaisons de cadrage

Vous pouvez cadrer au centre, "couper" le haut de la tête, utiliser systématiquement un tiers de l'image pour placer votre personnage, etc.
Vous pouvez également utiliser des combinaisons de cadrages : un plan américain, combiné à une photo en pied, ou à un portrait épaules.
La rigueur des cadrages permettra de donner une unité de style.


Choix des distances et des focales

Les distances (et le choix des focales qui en découle), les angles de champ ainsi que les déformations et distortions utilisées en toute connaissance de cause, peuvent donner une signature visuelle et dynamique a vos images


Lumière

Si vous utilisez un flash de studio, vous pourrez donner une "signature lumineuse" en choisissant un "gimmick" (une manière de disposer vos éclairages, commune à toutes vos mises en lumière) pour vous caractériser. Il n'est en général pas nécessaire de "chercher" votre signature. Elle se dessinera d'elle même au fur et à mesure de votre pratique. 
En lumière naturelle, vous pourrez également utiliser des techniques afin de caractériser votre lumière. Exemple : la "tente noire" de Peter Lindbergh

Votre style photographique

N°01 de la Série "Votre Style Photographique"

27/10/2015

 

On me pose souvent la question de "comment trouver son style photographique". C'est à cette fin que j'ai établi une liste de données-clés. Ce premier article expose un plan des sujets à aborder pour tenter de répondre à la question. Vous y trouverez également un ensemble de références à lire. Au sein de ce blog, tout ce qui concerne le Style est regroupé sous le mot clé "Style". Les différents points de ce plan seront détaillés par la suite, dans le cadre d'articles spécifiques dans cette Série sur Votre Style Photographique

 

Dans un médium aussi récent que la photographie, il me semble impératif de faire un sérieux effort pour découvrir et annoncer son sujet personnel d'intéret. Ce dernier devient une signature visuelle qui appartient au photographe. faute de quoi, le travail devient académique, et n'est plus qu'une variation sur le sujet précédent.

— Ralph Gibson.

 

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1 - Le rôle de la Technique dans le Style

 

La technique est primordiale, même si elle ne suffit pas. Pour maitriser son style, il est vital de maitriser sa technique photographique sur le bout des doigts, au point de ne plus y penser lorsqu'on l'applique.

 

Le succes en photographie, et plus particulièrement pour le portrait, dépend de la capacité de saisir ces instants supprèmes qui passent en une fraction de seconde, sans jamais se répéter – de sorte que la lumière, l'équilibre, l'expression – doivent être vus, ressentis pour ainsi dire – en un éclair, la mécanique et la technique étant si parfaitement maîtrisées qu'elles deviennent automatiques..

-- Edward Weston

2 - Le rôle du Traitement dans le Style

 

Le traitement (développement, retouche éventuelle et post-traitement de finalisation) fait partie de la technique du "labo numérique" (ou du labo argentique). Savoir post-traiter vos images est indispensable, et cela fait partie des choses qui vont vous distinguer.

 

Mais attention, ne soyez pas naïfs au point de croire qu'un type de traitement, un type de retouche, un préset Lightroom ou une Action Photoshop suffiront à créer "votre style". C'est beaucoup plus complexe que celà. La retouche n'est pas obligatoire mais si elle existe, elle fait partie du traitement. En regardant votre Portfolio, on devra trouver une unité de style au niveau du traitement.

Vous ne pouvez pas baser votre style sur "une manière de de retoucher" car : 
- Les grandes marques utilisent des retoucheurs indépendants. Vous devrez donc livrer des photos non retouchées.

- Certaines marques ou clients vous demanderont des photos non retouchées. Vous ne pouvez pas baser tout votre travail sur le fait que tout serat toujours retouché par vous et/ou comme vous le voulez

- Vous aurez a retoucher dans certain cas, mais vous devrez être capable de faire cohabiter des photos non retouchées et des photos retouchées dans le même portfolio sans que l'on puisse distinguer les unes des autres

 

Cependant, si tout votre style repose entièrement sur l'usage d'un type particulier de retouche, vous devrez prendre conscience que vos réalisations ne peuvent pas être basées sur la retouche uniquement. Comme dit au dessus, ne croyez pas qu'un type de retouche suffira à créer "votre style". La retouche sera un (et seulement un) parmi de nombreux éléments constitutifs de votre style. Vous pouvez par exemple regarder le travail de Erwin Olaf, qui utilise des retouches tres particulières, dans le cadre d'un travail dont la portée artistique et technique dépasse de tres loin la simple retouche ou traitement.

En dehors de ce cas particulier, et si retouche il y a, elle ne peut pas conditionner votre style, sinon que ce passe-t'il si on vous demande de ne pas retoucher ? 
Que se passe-t'il si la retouche est confiée au retoucheur de la marque ? 
C'est votre style qui doit dicter le rendu, avec ou sans retouche. Pour dicter votre style, utilisez les autres éléments de cette liste et si vous en faites, adaptez votre retouche à ce style.

Ref: Les Chapeaux du Photographe Moderne

 

3 - L'empreinte des techniques de prises de vue dans votre style.

 

Un photographe de personnages (Mode, beauté, portrait d'artistes, portrait institutionnel, portrait classique), qu'il soit Amateur ou Professionnel est censé connaitre toutes les techniques qu'il pourra rencontrer dans son activité.

On y trouvera notamment : la photo en lumière naturelle en interieurs et exterieurs, la photo en studio au flash ce qui inclut un nombre important de différents setups et modeleurs, la photo en exterieurs au flash ajouté à la lumière ambiante, la photo en interieurs au flash ajouté à la lumière ambiante, etc


Lorsqu'il réalise des photos en utilisant ces différentes techniques, le photographe devra y imprimer son Style. Les images devront avoir une unité stylistique, même si elles sont réalisées avec ces différentes techniques.

 

4 - Les Fils Rouges et les Thèmes Récurrents, l'unité de votre style

 

Dans le choix de vos sujets vous pouvez introduire des thèmes récurrents qui permettront de donner une unité thématique à votre style. Il n'est pas nécessaire de les aborder systématiquement. Les aborder de temps en temps — même partiellement — suffira.

De la même manière, utiliser des "fils rouges", c'est à dire des éléments techniques ou stylistiques que l'on retrouvera dans plusieurs séries différentes, permettront d'établir une unité. Le cadrage, la direction de la lumière, la position des sources, les distances, sont des éléments techniques dont la répétition savamment contrôlée donnera une sensation de rythme et d'unité.

 

5 - L'empreinte du matériel dans votre Style

 

Le matériel ne fait pas le Style. Mais certains choix de matériels pourront permettre d'influer sur le style. La parfaite connaissance de son materiel est indispensable pour que celui-ci puisse caractériser votre style de manière contrôlée.

 

6 - L'apprentissage et le Style

 

Le texte "les phases de l'apprentissage" décrit quels éléments vont influer sur le style, lors de votre formation qui rappelons le, dure toute la vie.

 

7 - L'intention, la base fondamentale du style

 

Chaque photographie devrait posséder une intention sous-jacente. Un flux créatif qui explique et justifie le fait d'avoir réalisé la photographie

"J'aimerais faire un shooting cet apres midi", ou "jaimerais faire un shooting sur le thème Rock" se sont pas des intentions.

 

En revanche, vouloir créer une image (sur un sujet précis) en se basant sur toute la culture possible concernant ce sujet, et pour une raison personnelle qui nous pousse à réaliser cette image de cette manière est probablement l'expression d'un intention valide.

 

Habiller, coiffer et maquiller une fille, puis la disposer sur un set et la photographier ne suffit pas à faire une photo de Mode...

Il faut avant une raison fondamentale pour avoir voulu en arriver là...

 

8 - Le Professionalisme et le Style

 

Ce qui caractérise un professionnel, c'est son aptitude à fournir un travail attendu et une constance dans ses résultats, d'un job à un autre. Le Style a les mêmes caractéristiques, puisqu'il donne de l'unité à votre travail. On peut être photographe Amateur et se comporter comme un Professionnel, dans le but d'uniformiser son style.

 

Ref : Edito : Soyez professionnel

 

9 - Votre style de direction du modele - La connexion avec le modèle

 

Les grands photographes ont pour point commun leur aptitude à diriger un modèle. Ce point est primordial en photographie. Votre style de Direction du Modèle imprimera à vos photos une unité de style. A vrai dire en portrait, c'est le facteur le plus important.

Ce que vous saisissez, je pense, c’est la relation avec la personne que vous photographiez. C’est un échange et c’est ce qui se retrouve sur l ’image.

— Peter Lindbergh, 2013

 

10 - La Culture Photo, l'expérience et le Style

 

Votre culture photo est plus importante que votre technique (mais votre technique doit-être aussi poussée que possible)

Ce point de la Culture Photo est fondamental dans l'élaboration du Style. Nous sommes tous influencés par des références, et ces références forment le terreau sur lequel va s'asseoir notre créativité.
La culture est également liée au temps et à l'expérience : pour pouvoir avoir un bon niveau de culture, il faut du temps et il faut expérimenter. Cependant, vous n'allez pas attendre pour l'acquérir : la Culture se construit chaque jour.

La culture Photographique comprend toute la culture technique (et notamment la connaissance des grandes lignes de la photo Argentique, même si vous ne photographiez qu'en numérique), l'histoire de la photographie et la connaissance des grands photographes.
La création est la naissance de quelque chose, et quelque chose ne peut pas provenir de rien. Lorsque quelqu'un crée quelque chose : une peinture, un poême, une photographie, la créativité provient d'une idée, d'une sensation, d'une émotion, ou d'une combinaison d'idées, de sensations et d'émotions qui sont en quelque sorte "nées à nouveau" de toutes nos expériences et points de vue

— Peter Lindbergh, "Créativity"

 

La Culture photo se construit avec par exemple : la lecture de portfolios et l'analyse d'images des Maitres de la photographie. La lecture d'interviews et de citations de grands photographes, la constitution de votre base documentaire — par exemple sous forme de tableaux pInterest —comprenant des photos des Maitres de la Photo, mais aussi la visite d'expositions photo, la lecture de livres photo, etc

 

11 - Vos gouts, vôtre âme, votre œil, le coeur de votre style

 

Il est tres difficile de réaliser des images sur des sujets ou thèmes que l'on n'aime pas. La Photographie est une activité artistique. Vous devez donc vous concentrer sur ce que vous aimez, sans toutefois devenir monomaniaque. Commencez déjà par un sujet proche de vos centres d'intéret. C'est votre culture qui vous permettra d'agrandir l'éventail de vos gouts. Votre "Œil Photographique" va se former autour de vos sujets de prédilection.


Nous avons tous le droit d'aimer certaines choses, mais également de ne pas en aimer d'autres.
En revanche, appliquer le "j'aime /  j'aime pas" à sa propre culture est tres castrateur. Si vous faites cela, vous ferez toujours la même chose sans jamais évoluer. Votre propre culture ne s'étendra jamais.
A l'inverse, si vous vous intéressez à une multitude de sujets (même à ceux que vous n'aborderez pas vous même, en tant que photographe), vous allez commencer à "ouvrir votre œil". Aller voir une exposition de Dali (par exemple) peut agrandir singulièrement votre horizon artistique et créatif...
Dites vous que si des gens sont considérés des maitres dans leur discipline, ce n'est jamais par hasard. Essayez de découvrir pourquoi ils ont acquis ce statut et ce qui, dans leur œuvre, représente la maitrise.

 

12 - La culture Artistique et votre style

 

La culture ne se limite pas à la photographie. Il existe une "péri-culture photographique", constituée des sujets qui sont reliés à la photographie, soit par des simularités techniques, soit pas des similarités de sujets ou de thèmes : la peinture, la musique, la vidéo notamment. Vous ne pouvez pas vous contenter de la seule culture purement photographique pour élaborer votre propre Style
 

13 - La culture de votre secteur fait partie intégrante de votre style

 

Un photographe de Sport se doit au minimum de connaitre les rêgles du sport qu'il photographie. Un photographe de mode se doit de connaitre la vie de Gabrielle Chanel et des autres grands Couturiers, l'actualité de la Mode, les Icônes de la mode, des Marques voire même celle des Mannequins et des Agences. Le fait de montrer que vous savez de quoi vous parlez va vous donner de la crédibilité et va influer sur votre style, car celui-ci pourra s'articuler dans l'existant, tout en se singularisant.

 

14 - Le bon équilibre entre technique et artistique donne du Style.

 

Cette notion est souvent mal comprise. On entend parfois dire que la technique peut brider la créativité. Il n'en est rien, bien au contraire. Ces deux points sont concourrants et non concurrents. La technique peut être poussée autant que possible. Et sa parfaite maitrise vous donnera toute la liberté artistique que vous pourrez exercer sans contrainte. Il faut simplement maintenir votre expression artistique un cran au dessus de la technique. La sensation qu'une photographie est "trop technique" n'est pas due à l'excès de technique, mais à un déséquilibre entre technique et artistique.
 

15 - Elaborer votre style passe par le travail, encore et encore.

 

La liste d'étapes ci-dessus vous laisse entrevoir la quantité de travail que vous devrez mettre en oeuvre pour façonner votre propre style. Ne négligez pas l'aspect technique, pas plus que l'aspect artistique, basé sur la culture et la communication avec le sujet photographié.

Shootez encore et encore. Faites vous critiquer par des gens qui ont le niveau suffisant pour pouvoir le faire, mais tenez compte également de l'avis des "gens de la rue" qui ne connaissent pas votre discipline, mais qui peuvent tout de même vous donner leur ressenti

Mis à part celui des grands Maitres (si vous avez la chance que l'un d'eux se penche sur votre Portfolio), ne tenez pas compte de l'avis des autres photographes sur le choix de votre style ou sur vos choix stylistiques. Ils auront tendance a essayer de vous dissuader de continuer dans cette voie.

Acceptez la critique, mais ne violez pas votre intégrité et restez sur vos convictions. Attention : vos convictions doivent être basées sur tous les points décrits ci-dessus. Ne devenez pas monomaniaque sous couvert de conviction stylistique

 

16 - Innovation, originalité et ... Photoshop !

 

C'est le fait d'assumer votre style (en utilisant les outils ci-dessus) qui par - par définition - va faire de vos photos des photos originales

 

Je pense que tout à été fait en photo

Et en même temps, l'innovation est dans chaque nouvelle image, pour peu que celle-ci dégage quelque chose.

Je ne pense pas que Photoshop ait quelque chose à voir avec la photographie. Donc une chose est sure : Photoshop ne permet pas et ne permettra jamais l'innovation en Photographie

Une photo "photoshoppée" n'est plus une photographie, mais un visuel infographique réalisé a partir d'une photo. Je ne vois pas comment un visuel infographique pourrait apporter quoi que ce soit à la photographie.

Un photo médiocre et/ou qui ne dégage rien sera toujours aussi médiocre avec Photoshop. Ça sera "une photo médiocre photoshoppée."
Une photo totalement refaite par photoshop parce qu'elle était tellement mauvaise qu'il à fallu tout reprendre, n'aura de toutes façons rien à voir avec l'original.

Et de la même manière un photographe devenu prétendument "bon" avec Photoshop, sera toujours médiocre, et cela deviendra évident lorsqu'on découvrira le subterfuge.

L'originalité tient à mon avis dans le fait d’être capable de "faire du nouveau" avec ce qui a déjà été fait. Faire du nouveau consiste simplement à faire une image forte. On ne se préoccupe jamais de savoir si l'image que l'on voit est "nouvelle" ou "originale" lorsqu'on à en face de soi une image forte. Et d'ailleurs, les images fortes sont rarement des images "nouvelles" ou "originales". Pour ceux qui photographient des modèles, cela passera notamment par la capacité à se mettre en communication avec le sujet, à en tirer quelque chose et à être capable de le mettre en image. Et ca, Aucun Photoshop ne sera jamais capable de le faire.

Je pense donc que si on recherche l'originalité, on a tout intérêt à se concentrer à faire l'ordinaire, en essayant de rendre les sujets extraordinaires.

La photo de Mode et le Portrait - Paolo Roversi

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Le portrait, c'est ce qui m'intéresse le plus en photographie. Je suis un portraitiste. La photographie de mode, je l'aborde comme un portraitiste... C'est l'atmosphère, l'aura du portrait qui donne vie au vêtement

 

-- Paolo Roversi, février 2003, Vogue Paris.

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Le nouveau visage des tops

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A chaque Fashion Week, des milliers de mannequins défilent sur les podiums,mais seules quelques élues se partagent les contrats publicitaires. Enquête sur ces modèles qui définissent la beauté de la saison.

 

Presque 2 millions d'euros. La vente orchestrée par Christie's fin septembre, à Londres, des 48 oeuvres d'art représentant Kate Moss a dépassé toutes les espérances. Preuve, s'il en est, que le mannequin est bel est bien devenu une star de notre société, au-delà du petit cercle de la mode. "La Brindille" fait toujours partie des modèles les mieux payés du monde (elle figure au 4e rang mondial du classement Forbes en 2012) et continue, à bientôt 40 ans, de séduire les marques. 

 

Un tabloïd britannique a cependant révélé qu'elle avait dernièrement bénéficié d'une doublure corps pour une publicité. Un modèle plus jeune aurait tourné des plans du spot télévisé. Un comble! Et le signe que les marques ne font plus appel aux mannequins pour de simples critères esthétiques, mais pour ce qu'elles dégagent et incarnent. Leur allure compte autant que leur façon d'exprimer leur personnalité. Même l'apprenti mannequin doit désormais déployer une batterie de qualités (ou d'extravagances) pour percer dans un univers où la concurrence est rude. 

 

>>>Diaporama: Les mannequins à suivre pendant les Fashion Weeks printemps-été 2014. 

 

Des corps standardisés

De fait, le nombre de tops a explosé depuis le milieu des années 2000. "Avant cette ère, les marques se disputaient une poignée de filles, très demandées, qui tenaient les rênes du milieu et définissaient les critères esthétiques", explique Vick Mihaci, président de l'agence de mannequins Elite Model Management. Et puis, le rythme de production des collections a changé. "Il y a encore une dizaine d'années, on attendait les mannequins pour ajuster et coudre les vêtements sur elles. Aujourd'hui, c'est l'inverse. Ils sont fabriqués, puis les filles doivent rentrer dedans pour défiler: c'est quitte ou double." Du coup, les corps se sont standardisés. La diversité de taille n'existe plus. 

 

L'arrivée de modèles originaires du monde entier (et pour beaucoup des pays de l'Est) sur le marché, depuis le milieu des années 2000, a également changé la donne: "Aujourd'hui, être grande ne suffit plus. Dans les agences, on voit tous les jours des filles qui mesurent au moins 1,78 mètre: ce n'est plus le seul critère déterminant, poursuit Vick Mihaci. Du coup, on est beaucoup moins tolérant avec le reste du corps: des hanches larges ou une poitrine opulente, par exemple." Cette uniformisation a un autre revers: les mannequins noirs, moyen-orientaux ou asiatiques sont toujours aussi peu nombreux sur les podiums. Dans ce contexte, mettre en avant sa singularité est un atout. 

 

>>> A lire: Comment devient-on agent de mannequin? 

 

"Un excellent mannequin sait bouger tout seul, sans qu'on lui dise ce qu'elle a à faire

Sylvie Lécallier, chargée de la collection photographique au musée Galliera, à Paris, explique: "Il y a aujourd'hui deux tendances opposées qui s'affrontent. L'une consiste à rechercher des mannequins interchangeables, lisses, jeunes et parfaites. C'est le cas d'une grande majorité de marques. L'autre montre, en couverture de magazines notamment, des "gueules" qui ont l'attrait de la nouveauté et qui sont un gage de forte personnalité." D'où l'apparition de beautés iconoclastes, dans les séries mode d'abord, dans les campagnes de pub ensuite. "Les allures étranges sont utilisées pour représenter une tendance particulière, explique Vick Mihaci. Lily McMenamy, par exemple, possède un visage très punk, elle incarne parfaitement un esprit, une collection, une maison [NDLR : en l'occurrence celle de Marc Jacobs, dont elle est l'image]." Que l'on possède une particularité ou non, il faut connaître et maîtriser sa beauté pour réussir. "Devenir mannequin, c'est toute une éducation: pour être un visage qui compte, il faut quatre ou cinq ans d'expérience au minimum. C'est le temps nécessaire pour apprendre à poser." 

 

Sans compter les à-côtés du métier. La base: être disponible et avenante alors que l'on sort à peine de l'adolescence ; savoir travailler vite et bien, sur un shooting, avec une équipe inconnue et une bonne dose de pression. Et acquérir une solide culture artistique. Les mannequins performants doivent connaître l'univers esthétique des photographes, et être capables de réagir à des références, un tableau du XVIIe, par exemple.  

 

Oliver Rust, photographe de mode, confirme que "la personnalité du modèle est pour [lui] plus importante que sa plastique. Elle doit représenter une femme imaginaire ou un style. D'ailleurs, [il] préfère photographier une "gueule" qu'une fille trop lisse. Un excellent mannequin sait bouger tout seul, sans qu'on lui dise ce qu'elle a à faire. On lui explique l'humeur générale du shoot et elle sait improviser, se fondre dans le rôle. Lorsque cela arrive, la séance photo est inoubliable." 

 

La versatilité est l'une des clefs du succès des grands tops

Celles qui tirent leur épingle du jeu sont celles qui ont une certaine maturité. On ne compte plus les mannequins "âgés" qui caracolent en haut des affiches. Au hasard, la sublime Saskia de Brauw (32 ans), visage d'Armani Beauté, l'étrange MariaCarla (33 ans) chez Givenchy et l'indéboulonnable Gisele Bündchen (33 ans), icône healthy, chez Chanel. La Brésilienne Adriana Lima, au physique très sensuel, enchaîne aussi les campagnes à 32 ans. En les choisissant, les marques prennent le parti des valeurs sûres. "Une image comporte tellement d'enjeux financiers qu'elles préfèrent utiliser une femme qui est connue et qui a déjà fait ses preuves plutôt qu'une novice. La prise de risques est moindre", observe Vick Mihacy. 

 

La concurrence entre mannequins est aujourd'hui telle que bon nombre de jeunes recrues n'ont pas le temps de faire leurs preuves et d'accumuler les expériences qui enrichissent leurs palettes d'expression. Pourtant, rien ne remplace ces moments d'apprentissage, où le top doit jouer et apprendre à se glisser dans la peau d'un ou plusieurs personnages. Pour Christian Salmon, chercheur au CNRS et auteur de Kate Moss Machine, la versatilité est l'une des clefs du succès des grands tops auprès des photographes et du public. "Le talent de Kate Moss, c'est son aptitude à incarner des rôles différents. Lorsqu'elle monte sur un podium avant un défilé, la première question qu'elle pose, c'est: "What's the story?", quelle est l'histoire? Avec elle, la mode se fait récit, feuilleton, jeux de rôle. C'est au fond ce que la société demande à chacu : "Quel genre d'histoire es-tu? Quel rôle es-tu capable d'endosser?"" 

 

Le mannequin est très certainement le reflet d'une époque

La faculté à provoquer l'empathie, ou l'identification, est le dernier secret des grands tops. Ne l'oublions pas, "le mannequin est très certainement le reflet d'une époque", rappelle Sylvie Lécallier. L'une d'entre elles l'a bien compris: la Britannique Cara Delevingne, du haut de ses 20 ans. Son ascension est extraordinaire: en deux ans et demi, elle a atteint le statut de star. Elle sait incarner l'esprit grunge d'une saison et le style tradi-chic de la maison Burberry. Mais sa success story tient pour beaucoup à son talent de communicante.  

 

Grâce au réseau social Instagram, où elle compte 2,6 millions d'abonnés, elle alimente quotidiennement son fil de photos personnelles. Ses grimaces, son look de garçon manqué et son humour trash sont le reflet parfait de sa génération. Ses écarts et ses imperfections la rendent bien plus attachante que de simples images sur papier glacé. Se mettre en scène, jouer un rôle, se montrer et faire parler: Cara maîtrise parfaitement les codes de son époque. Une future grande. 

Un portrait n’est jamais la personne - Peter Lindbergh

Interview de Peter Lindbergh pour le magazine Victoire by Gilles Bechet, 2013

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Il est à l’origine du phénomène « super-modèles » qui a affolé la planète mode pendant quelques années. Pourtant, à l’entendre, il a simplement réalisé des portraits de femmes comme il les aime. Reconnu comme un des plus grands photographes et portraitistes, Peter Lindbergh est loin d’avoir rangé ses objectifs.

 

Vous avez longtemps privilégié le noir et blanc, pourquoi ?

Pour faire court, je trouve ça beau. Sur les portraits en noir et blanc, la peau a un éclat différent. C’est comme si la lumière traversait la peau, alors qu’avec la couleur, elle reste en surface. Je trouve aussi que le noir et blanc est plus intense. Je pense que ça vient de tous ces photographes américains comme Walker Evans ou Dorothea Lange qui, à l ’époque de la Grande Dépression, ont fait des reportages pour le gouvernement. J’ai grandi dans cette école de photographie où les images abordaient des enjeux sociaux sans se cacher. Pour moi, le noir et blanc était synonyme de réalité. C’est bien sûr un point de vue, car on peut faire de merveilleux portraits en couleur. Et on peut aussi dire que le noir et blanc est une manière de se distancier de la réalité avec un point de vue plus artistique.

 

Pensez-vous qu’une image révèle le modèle ou le transforme dans une sorte d’alchimie ?

C’est une question à laquelle je pense souvent. Presque toutes mes photos sont des portraits. Quand j’ai le modèle en face de moi, je n’ai pas l ’ impression de photographier les vêtements. Ils n’ont en soi pas beaucoup d’ intérêt, même si j’ai le plus grand respect pour les stylistes. Pour moi, les vêtements sont simplement une étape pour arriver à exprimer ce que je veux. Quand on dit d’un portrait : C’est tout à fait lui ou tout à fait elle, c’est ridicule. Un portrait n’est jamais la personne. Sur une autre photo, on va avoir quelqu’un d’autre. Ce que vous saisissez, je pense, c’est la relation avec la personne que vous photographiez. C’est un échange et c’est ce qui se retrouve sur l ’ image.

 

À vos débuts, on vous a crédité d’un style expressionniste, est-ce lié à vos origines, à votre enfance en Allemagne dans les années 40 ?

Je viens de Duisburg, qui est probablement la ville la plus laide d’Allemagne et, même sans doute du monde. Tout y est gris, tout est totalement industriel. Il s’en dégage malgré tout une certaine beauté que je suis apparemment le seul à voir. Devant ce genre de paysages, j’ai toujours le coeur qui bat plus vite. Chaque fois que des amis veulent venir voir d’où je viens, je les emmène faire un tour en voiture. Alors que je m’enthousiasme pour tous ces paysages industriels, je les vois plutôt incrédules ou dubitatifs.

 

Vous n’avez jamais voulu vous revendiquer comme photographe de mode. Pourtant, vous êtes à l ’origine du phénomène des « supermodèles »…

Quand on me demande d’où vient mon inspiration, je réponds d’un peu partout, sauf des magazines de mode. C’est ce qu’en font la plupart des photographes, ce qui veut dire qu’ il n’y a plus d’originalité et que la plupart des images se ressemblent.

Je n’ai pas voulu être photographe pour fournir des images ou pour vendre des vêtements. Ce qui est le plus important à mes yeux, c’est de contribuer à définir ce qu’est la femme aujourd’hui. C’est ça mon boulot. Dans les années 80, je travaillais beaucoup en Europe, j’ai eu plusieurs demandes du « Vogue » américain, que je refusais systématiquement. Ils ne comprenaient pas pourquoi. J’ai f ini par aller à New York pour expliquer que les femmes qu’on voyait dans le magazine à cette époque, apprêtées, maquillées représentaient tout ce que je n’aimais pas. Alexander Liberman, qui était directeur de Condé Nast, m’a pris au mot : Allez où vous voulez et montrez-moi votre type de femmes. J’ai été sur la plage à Los Angeles avec quelques mannequins inconnus. Il y avait déjà Linda Evangelista, Christy Turlington et Tatjana Patitz. On a fait des images très simplement. J’en étais très content. Quand il a vu mes photos, Liberman s’est gratté la tête, m’a dit : Merci jeune homme. Au revoir ! Six mois plus tard, Anna Wintour a repris le magazine. Elle a vu les photos qui correspondaient exactement à ce qu’elle voulait faire.

 

Mais cette révolution n’a pas duré ?

En quelques années, on en a fait les dix visages qui faisaient la loi dans les magazines. Et ces dix visages ont été corrompus par l ’ industrie de la mode et des cosmétiques à coups de contrats de 50 millions de dollars. On les a vues avec plusde maquillage, plus de bracelets en or et pour f inir, elles ressemblaient exactement aux femmes qui étaient là avant elles. Elles avaient perdu toute leur fraîcheur et leur indépendance.

 

Vous venez de réaliser une campagne avec Cate Blanchett pour Silhouette. Cela représentet- il un défi particulier de faire le portrait de quelqu’un avec des lunettes ?

C’est un élément qui s’ajoute sur le visage et peut transformer l’expression, la rendre plus sévère. Pour faire une bonne photo, il faut s’en détacher, créer une ambiance agréable et puis vient le moment où quand vous voyez les lunettes, elles ne veulent plus rien dire. Vous ne photographiez plus la réalité mais la relation et, du coup, vous ne voyez plus les lunettes comme quelqu’un d’autre les verrait. Et c’est là que ça devient intéressant.

 

On vous présente comme une icône de la photo, quelles sont les personnes qui, pour vous, sont des icônes ?

La femme qui travaille chez moi. Ma femme de ménage est une icône. Elle ne demande jamais rien. Elle travaille dur et c’est une personne merveilleuse. Elle travaille cinq fois plus vite que n’ importe qui avant elle et elle adore mes gosses. J’aurais tendance à choisir des gens normaux comme icônes. J’ai rencontré pas mal d’ icônes. Certaines d’entre elles étaient exceptionnelles, d’autres ne l’étaient pas. Je suis un peu fatigué de l’« icônisation » systématique des célébrités. Mais Cate Blanchett, pour ne citer qu’elle, est une personne vraiment merveilleuse. Kate Winslet également mais, à côté d’elles, il y a aussi de nombreuses stars hollywoodiennes qu’on ne voit jamais sans leur agent et leur secrétaire particulier. Dès qu’on leur adresse la parole, elles doivent regarder vers quelqu’un d’autre pour guetter une réponse. Les personnes remarquables sont généralement modestes.

 

Avez-vous une méthode pour créer une bonne relation avec les modèles ?

Il faut qu’ ils se sentent à l ’aise. Pour cela il n’y a pas de « trucs » sinon qu’ il faut aimer les gens. Vous êtes différent chaque jour. Il ne faut pas tricher, simplement rester soi-même. Certains jours, c’est plus diff icile. Mais quand le modèle se sent bien, il ne fait rien, il n’essaie rien et révèlera un peu de lui-même.

 

Quelle est la chose la moins conventionnelle que vous avez faite en photo ?

Chaque jour, il faut essayer d’être différent et non conventionnel. Surtout quand on prépare les choses à l ’avance, il faut avoir le courage d’agir complètement différemment. C’est très important, vous faites des photos sur le moment même pas trois semaines avant. La chose la moins conventionnelle à faire, c’est de ne pas respecter ce qui a été prévu. Cela demande de se sentir à l ’aise, j’y arrive seulement depuis quelques années. Je n’aurais pas pu travailler comme ça à 25 ans. Il faut être sûr de soi et travailler avec des gens qui vous font confiance.

 

Pensez-vous qu’on puisse connaître une nouvelle époque des super-modèles ?

Je ne crois pas. Cela a correspondu à un moment où l’ image de la femme dans la photographie de mode a été complètement chamboulée. Ce n’était pas uniquement dû aux modèles qui, bien sûr, étaient très belles mais à ce qu’elles véhiculaient. Aujourd’hui, il n’y aurait rien d’exceptionnel à prendre cinq ou dix mannequins inconnues. On peut le faire à tout moment. Régulièrement, des nouveaux mannequins apparaissent mais elles ne représentent rien de fondamentalement différent de tout ce qui a été vu auparavant. Mais ça pourrait encore arriver, pourquoi pas ? Si on rassemble cinq mannequins et qu’on leur trouve quelque chose comme les cinq visages les plus romantiques sortis d’un f ilm de Tarkovski, par exemple, et qu’elles changent notre appréciation de la beauté avec des visages que l’on n’aurait jamais vus auparavant. Ça se pourrait…

Votre Style Photographique

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L'œuvre d'un photographe acquiert sa forme et son style par la vision personnelle de l'auteur. Il ne s'agit pas simplement de technique, mais de la façon dont il regarde la vie et le monde qui l'entoure.

 

-- Pete Turner

5 Key Steps to Defining Your Personal Photographic Style

March 19, 2013 by Jason D. Little

Create your own visual style…let it be unique for yourself and yet identifiable for others

 — Orson Welles.

While the visual style Welles was referring to was probably in the context of his work as a motion picture director, his words bear just as much relevance for photographers. Sooner or later we all will need to make a substantial proclamation of what we are all about as photographers. Naturally, most of us embark upon this journey through photography shooting anything and everything that catches the eye; we haven’t yet mastered any specific technique, neither have we pinned down a specific area of focus.

 

As novices we are also generalists. Of course, there is nothing wrong with having a wide range of interests and shooting diverse subjects; this could surely be considered a strength. But it is also important to be able to determine, in very specific terms, what kind of photographer you are — or, at least, aspire to be. How do you create a body of work that honestly reflects the way you see the world around you?


1. Self-analyze. This may seem obvious or overly simplistic, but I fear that a significant number of photographers might not spend enough time in introspection. You have to know what you like and even what you don’t like. What motivates and moves you? What are you inspired by? Why do you do photography in the first place? These are questions that may not have easy answers, but they are questions from which you can extract invaluable insights if you spend some time contemplating them.

 

2. Choose a subject. But don’t pick just any subject, choose something you are passionate about. Now you can see why the previous step is so vital in this process: it’s extremely difficult — if not impossible — to be passionate about photographing something you have no interest in. Henri Cartier-Bresson once lamented, “People don’t watch enough. They think. It’s not the same thing.” The key is to use your eyes; just see, explore, observe. Don’t over think things. Once you know what you really want to be shooting, devote the bulk of your time and energy to capturing that in such a manner that reveals how you feel about your subject; allow your passion to shine through.

 

3. Learn from the masters. You don’t need to enroll in a formal course or hunt down a famous photographer and beg them to take you on as an apprentice. Learning from the masters is as simple as picking up a book of their work and studying the variety of ways in which they use light and angles, how they frame their subjects, and all the other elements that make a great photo — or, perhaps more important, the elements that make their photos great. Remember, though, that the goal is not to imitate the style of others; you should use photographs you admire as a source of inspiration and encouragement. Recognize the stylistic consistency across a great photographer’s work and strive for the same consistency in your own.

 

4. Experiment. Great achievements quite often come at the end of a long, arduous, often discouraging sequence of trial and error. But the only way you are going to be able to even begin refining your style is by trying new things and deciding what works for you and what doesn’t. Whether it pertains to composition or lighting or post processing techniques, dare to experiment. Once you’ve arrived at something you think you may like, mull it over for a day or two; revisit what you have created, look at it and think about it critically. Ask yourself if what you have before you represents you. Don’t lock yourself into anything yet. We’re talking digital, so you’re free to tweak here and there or start from scratch as many times as you need until you find exactly what you want.

 

5. Synthesize. Your style is your unique way of seeing things. This involves more than simply choosing a subject, more than just declaring your personal preferences, more than devising a cool post processing recipe. Your personal style as a photographer is not established as a function of a singularity, but is the culmination of many deliberate choices. Equipment, subject, composition; whether you shoot handheld or use a tripod, whether you shoot spontaneously or plan in advance. Even factors that you don’t have much control over, such as your background and life experiences, may play a part in determining your personal style. Your aim is to cobble these things together in a synergistic way and fine tune them to perfection. Whatever your version of perfection is.

 

Defining one’s unique photographic style isn’t something that’s reserved strictly for professionals; any photographer can benefit from going through the paces of learning to infuse your personality into your work and so that it reflects not only your vision but your heart as well.

Les phases de l'apprentissage...

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J'ai pu observer et isoler différentes phases par lesquelles nous passons tous, de manière consciente ou non, lorsque nous entreprenons l'apprentissage de quelque chose.


La Phase de "Localisation des données"

Pour pouvoir apprendre une chose, il faut trouver une source d'information. Cette donnée peut provenir d'un livre, d'une communication orale ou de n'importe quel autre type de communication écrite, orale ou visuelle. Méfiez vous de l'internet et notamment des tutos, particulièrement en vidéo. Les tutos de qualité sont rarissimes et ils sont payants la plupart du temps. Réaliser un tuto consiste à enseigner. Or enseigner est un métier...
Les sources de données les plus insidieuses sont les tutoriels réalisés "de bonne volonté" par l'auteur, mais qui contiennent des faussetés, des inexactitudes, des contresens, des confusions, dissimulées ou non. Je vous conseille donc de vous diriger vers des livres ou des dictionnaires papier (ou la version online d'un dictionnaire papier, tel que l'excellent Merriam Webster), si possible anciens, et datant de la période précédant celle du numérique. En effet, les livres sont en général écrits par des gens compétents, ont été vérifiés plusieurs fois par l'éditeur et ont pu être corrigés d'éventuelles coquilles même après leur parution initiale. Je vous recommande particulièrement les ouvrages de John Hedgecoe.

 

L'estimation de validité des données

C'est le point noir de l'auto-apprentissage et du mauvais enseignement : il est parfois très difficile de savoir si une donnée est correcte, pour la simple et bonne raison que justement, on ne sait pas !
De manière malveillante ou par simple négligence... ou bêtise, un apprenti peut être l'objet d'une manipulation sur les données : on peut très facilement manipuler un novice qui par essence, ne sait pas...
Le meilleur conseil que je puisse vous donner là encore, c'est de vous référer aux livres, tels que décrits ci-dessus. Les livres mentent rarement. Les formateurs peuvent mentir par négligence, inconscience, fainéantise ou plus rarement par malveillance.


La Phase de "Duplication d'un autre"

Une fois la donnée localisée, la phase suivante consiste à "faire un double exact" de ce qu'on vous présente. On ne peut pas comprendre quelque chose sans préalablement avoir "acquis" cette chose, sans altération. Le mime et le mimétisme font partie de cette phase. La phase de "duplication d'un autre" est particulièrement facile a observer chez un enfant, en ce qui concerne l'apprentissage de la vie. Mais toute personne, adulte ou enfant, passe par cette phase de duplication de l'autre lorsqu’il s'agit d'apprendre un sujet, quel qu'il soit.
Note : La duplication vient AVANT la compréhension. La duplication n'implique pas forcément la compréhension immédiate.

 

La phase de "Copie / Inspiration"

La phase de "copie / inspiration" est celle dans laquelle on va s'inspirer d'un modèle pour tenter de reproduire la même chose. Bien évidemment, avant d’être capable de copier quelque chose il faut l'avoir dupliquée, afin de comprendre l’intention de l'auteur. Cette phase est importante car elle va vous permettre de vous rapprocher des standards. Elle va vous permettre de comprendre et de réaliser ce que vous être censés faire, d'évaluer ce que vous devez mettre en oeuvre pour faire ce que l'on attend de vous : copiez avec allégresse !

 

Cette phase est parfois négligée, et c'est comme cela que l'on voit des gens réaliser "des photos de mode" qui ne ressemblent en rien — même de très loin — à des photos de mode : l'auteur de la photo ne s'est tout simplement pas informé de ce qu'il est censé produire, pour que ça ressemble à "de la photo de mode".

Si on vous dit "ça ressemble à" ou "c'est pas très original' vous êtes probablement dans cette phase.  Ne vous arrêtez surtout pas ! Continuez simplement à "copier" jusqu'à ce que vous vous sentiez à l'aise dans le fait de "copier" un autre. Ne cherchez pas à vous justifier face à certaines remarques. Il s'agit de votre propre progression, faites là pour vous et non pour donner satisfaction aux autres.

 

La Phase de "duplication de soi-même" : la clé du professionalisme

Un professionnel doit être capable de réaliser quelque chose "sans y penser". Et la seule solution pour y parvenir est de "s'entrainer, s'entrainer, s'entrainer, s'entrainer, s'entrainer, encore et encore".

 

Si on vous dit "tu fais tout le temps la même chose" vous êtes probablement dans cette phase. Là encore, ne vous arrêtez pas et n'écoutez pas les commentaires aigris ou jaloux. Plus vous serez capable "de vous copier vous-même" et plus vous maitriserez ce que vous faites. Si on vous dissuade de le faire ou si on vous critique parce que vous le faites, alors redoublez d'efforts et refaites le, encore et encore : vous êtes sur la bonne voie !

 

Un professionnel doit être capable de reproduire à la perfection, quelque chose qu'il a déjà fait auparavant, avec la même qualité et la même maitrise que les fois précédentes.

 

Un client vous dira : "j'aimerais bien une photo dans ce style" (en vous montrant une de vos photos sur votre site) : vous devrez être capable de "vous copier" sans faillir. Imaginez sa déception s'il s'aperçoit que votre premier essai était en fait "un coup de chance"...

 

Ne négligez pas l'importance de cette phase

 

La Phase "suivre son instinct" : La phase qui va permettre de créer son propre style

Ne négligez pas de suivre votre instinct. La créativité peut être générée par un ensemble de choses diverses telles qu'une idée, une pensée, un impulsion d'énergie spirituelle, une influence culturelle, un évènement marquant, une source en rapport direct avec la photographie... ou non.

 

Pour vous exprimer, vous allez utiliser votre technique, mêlée aux émotions, reçues et transmises. Vous allez utiliser également votre background culturel et votre parcours de vie.

 

C'est pour cette raison qu'un style est spécifique à chaque personne : nous avons tous un parcours qui nous est spécifique. C'est aussi ce qui crée nos différences.

 

Vous ne faites pas une photographie simplement avec un appareil photo. Vous apportez à l'acte de photographie toutes les images que vous avez vues, les livres que vous avez lus, la musique que vous avez écoutée, les gens que vous avez aimé.

— Ansel Adams

 

C'est également lors de cette phase que se produit une chose très importante : la genèse de votre propre style. Au fur et à mesure que vous progresserez (tout au long de votre vie), vous introduirez dans votre savoir faire ces "petits trucs" qui vous sont spécifiques, tant dans la manière de faire techniquement, que dans les "ingrédients" artistiques.

 

Cette phase concerne autant les aspects purement techniques (votre savoir-faire, votre manière de faire) que l'aspect artistique et émotionnel (votre manière d'être et de vous exprimer au travers de votre art). Attention, l'un ne va pas sans l'autre. Ces deux ingrédients sont concourants (ils s'allient pour parvenir au résultat) et non concurrents (ils ne sont pas opposés).

 

Si on vous dissuade de continuer à suivre votre instinct, c'est que vous êtes sur la bonne voie. La nature humaine se trouve constamment dans un dilemme : son désir de singularité (je veux être unique) et la peur inconsciente d'être différent (si ce gars crée quelque chose qui lui est propre, je vais être "en danger"). Il est donc normal d'etre la cible d'attaques dès que votre style s'affirme et que votre singularité apparait. Votre style et votre désir de vous affirmer "dérange". Ego (l'autre) tente de combattre Ego (vous)

 

Dans la mode, on sait qu'on a réussi quand on dérange un peu les gens

— Coco Chanel

 

Attention : ne prenez pas un travail bâclé et un total manque de technique et de culture pour "de la singularité". Cette phase d'affirmation du style vient bien après les autres et non au début du processus d'apprentissage (même si bien évidemment on peut en ressentir les prémisses tout au long du processus)

 

Les plus grandes œuvres ont été construites sur une solide base technique et culturelle.

 

Observez la vie des artistes et des destins artistiques hors du commun. Ils ne réussissent jamais par hasard.

 

La phase "Se tourner vers de nouvelles données"

Lorsque vous aurez atteint "la phase instinctive" sur une portion de données, pour pourrez recommencer tout le processus d'apprentissage sur une toute nouvelle donnée que vous n'avez pas encore abordée ou que vous désirez approfondir. Recommencez donc à la phase "Localisation des données" pour cette nouvelle portion de données.

 

La Phase "simplifier"

Au fur et à mesure que vous allez utiliser un élément technique ou artistique, vous remarquerez que vous allez finir par le synthétiser, le simplifier. En faire une version "courte" ou "simplifiée" qui, tout en lui gardant son efficacité, vous rendra la chose plus simple à réaliser. Les pros "font simple". Ils maitrisent les choses et ils les font plus rapidement, plus simplement et plus efficacement. Attention, "simplifier" ne signifie pas "bâcler".

 

La phase de simplification est une des plus dures a réaliser. Si on vous reproche "de faire trop simple", vous êtes probablement entré dans cette phase.

 

En fin de compte, dans tout art, le but, c'est la simplicité. Et arriver à cette simplicité est une des choses les plus difficiles à réaliser. Mais c'est certainement une des choses les plus essentielles.

-- Pete Turner

 

Comment s'articulent les phases ?

Les phases se déroulent les unes après les autres. Pour un sujet donné on se trouve en principe dans une seule phase ou dans une période de chevauchement de deux phases.

mais lorsqu'on aborde plusieurs choses en même temps, on peut se trouver simultanément dans plusieurs phases. A chaque corps de données sa propre phase. Apprenez à identifier dans quelle phase vous vous trouvez.


Ne pas rester "coincé" dans une phase.

Chaque phase doit "faire son chemin". Cependant, vous ne devez pas demeurer éternellement dans une même phase. Pour en sortir, identifiez la phase dans laquelle vous êtes et entreprenez la phase suivante.

 

La jalousie.

Durant une ou plusieurs phases, vous serez normalement victime de la jalousie de certains esprits chagrins. La réussite, aussi petite soit-elle, et même une simple progression, semble engendrer chez certains de nos congénères, des réactions épidermiques dues à "la différence", à l'envie et à la frustration. Prenez ces manifestations comme un atout : si on vous jalouse, c'est qu'il y à matière à jalousie. Vous êtes en train de progresser, continuez.

CREATIVITY - by Peter Lindbergh

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CREATIVITY

Creativity is the basis of self-expression. Why are some people supposedly more creative than others, and why can’t others open themselves up enough to be able to express who they are?

Creation is the birth of something, and something cannot come from nothing. When someone creates something: a painting, a poem, a photograph, the creativity comes from an idea, from a feeling, from emotion, or from a combination of ideas, feelings and emotions that are somehow ‘reborn’ from all our experiences and perspectives.

Creativity is the desire to express ourselves. To formulate these expressions, we have to draw from our reservoir of experience, dreams, desires and experimentation and mix together what was, what is, and what could be… I don’t think you can learn it, it is rather something that evolves. Your perception of everything in your life fills up this reservoir.

Some people are drawn to create and express themselves, others are drawn to reflect, to analyze. But in the end, they all could be creative if they had the desire to explore the way in which they are integrated in the world of their experiences. Because creativity is really a rebirth, a true tone we feel for ourselves and for our world. Then our work becomes a real part of who we are. Maybe all this is a question of how deep we are willing to go…

 

-- Peter Lindbergh

Edito : Soyez professionnel

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Edito : Humeur à propos du culte de la médiocrité
 

Le laxisme, la fainéantise et la facilité semblent prendre le pas sur le sérieux avec lequel on est censé aborder une formation, même en tant qu'amateur.

Il y a pire : si vous essayez de faire comprendre aux autres que pour devenir bon, il faut travailler et être exigeant, on risque de vous taxer "d'élitiste" ou de "faisant partie du système". Le maitre mot semble être : "soyez médiocres, sinon vous vous ferez tirer dessus".

En dehors de son intéressant aspect sociologique, ce genre de comportement risque de mettre des bâtons dans les roues de ceux qui veulent réellement apprendre.

La bonne solution est donc dêtre "professionnel" dans sa manière d'aborder sa formation, que l'on soit photographe pro ou amateur. "Professionnel" au sens "serieux" du terme.


Le dictionnaire Merriam Webster nous dit : 
 

1. c (1) : characterized by or conforming to the technical or ethical standards of a profession

3 : following a line of conduct as though it were a profession


1 c 1 : Qui est caractérisé ou qui se conforme aux standards éthiques d'une profession

3 : Qui suit une ligne de conduite tout comme si c'etait une profession

 

— Merriam Webster Dictionnary

 

Je pense que beaucoup de personnes limitent sa définition à "qui est de métier".

 

La définition qui se cantonne au "statut" est tellement incomplète qu'elle en devient inexacte.

 

Soit dit en passant, n'utilisez pas de dictionnaires trop petits (si vous en utilisez) car ils sont incomplets et n'acceptez pas naivement les "définitions" que vous voyez sur le Net

 

On peut exercer une activité sans que ca soit notre métier et toutefois être PROFESSIONNEL dans la manière de la pratiquer.

 

A l'inverse, on peut être du métier, et agir de manière NON PROFESSIONNELLE. Un Plombier qui bâcle un travail sur un chantier est "de profession", mais aura agi de manière "non pro" en faisant son boulot.

 

En ce sens, être photographe "professionnel" n'a rien à voir avec le fait de posséder un N° de Siret. 

 

Remarque : l'inverse de "professionnel" n'est pas "amateur" mais "dilettante". En voici la définition donnée par le dictionnaire Webster :

dil·et·tante : a person whose interest in an art or in an area of knowledge is not very deep or seriousN'écoutez pas les ragots et les confusions des gens sur les forums et groupes. Ces confusions sont très nombreuses. Consultez un DICTIONNAIRE ou un LIVRE DE COURS PHOTO datant de l'avant numérique, écrit par une personne crédible (comme Jogh Edgecoe ou René Bouillot)

 

Si vous ne vous instruisez pas, vous devenez manipulables. Si vous connaissez les choses, il sera très difficile de vous manipuler.

 

Un Professionnel est une personne dont l'intérêt dans son art ou dans sa sphère de connaissances est très poussé et très sérieux. Un dilettante est tout l'inverse.


Soyez PROFESSIONNEL et non pas DILETTANTE. Soyez exigeant avec vous mêmes. Remettez cent fois l'ouvrage sur le métier. Entrainez-vous, et au fur et a mesure que votre niveau augmente, entrainez-vous plus encore. Cultivez-vous dans votre discipline et dans les disciplines connectées à la votre. Soyez exigeant avec les autres, comme vous l'êtes avec vous même.

Et surtout, n'écoutez pas les dilettante, les esprits négatifs, les oiseaux de mauvais augure, et les adeptes du culte de la médiocrité. Ils n'ont qu'un seul objectif : vous faire descendre aussi bas qu'ils le sont eux-mêmes.
Ils sont faciles a reconnaitre. Ils prônent le fait de ne pas se cultiver, de ne pas apprendre de technique, de ne pas respecter les rêgles (règles qu'ils ne connaissent pas eux-mêmes) et tentent de s'attaquer à tous ceux qui — d'une manière ou d'une autre — se décaracassent pour essayer d'apprendre et/ou pour essayer d'apprendre aux autres.

 

Ces remarques sont générales, et ne se limitent ni a ce propos, ni même a la photographie.

Photographiez ce que vous avez devant les yeux...

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"Mettre en valeur" : 

 

J'ai vu assez souvent apparaitre chez les photographes, cette notion de "mettre en valeur" : 

  • "Tu as mis le sujet principal en valeur" 

  • Le modèle est bien "mis en valeur" 

  • Je voulais "mettre en valeur la chevelure"

  • etc

Je ne pense pas que le rôle du photographe soit "de mettre en valeur" un portion spécifique, mais plutôt de mettre en image une scène globale. Voir les choses ainsi peut changer considérablement la manière d'éclairer ou de composer une image.

 

Si l'on ressent le besoin de devoir isoler un point ou une partie de l'image d'une manière autre que par la simple composition, c'est que quelque chose ne va pas dans la composition de l'image

 

Si l'on ressent le besoin de devoir éclairer une partie de la scène, au détriment de la mise en lumière générale, dans le but de "mettre en valeur' cette partie, quelque chose de va pas dans la compréhension de la lumière en photographie.

En effet c'est justement grace à la composition que l'on met l'accent, que l'on raconte, etc... La composition est en elle même un mode de narration.

 

J'ai remarqué que les excellents photographes "Photographient ce qu'ils ont devant les yeux". Ils utilisent un outil que nous sommes tous censés posséder : la composition d'image

 

Photographiez ce que vous avez sous les yeux

 

La photographie est un témoignage. La photographie est une opinion. Réaliser une photo, qu'elle soit spontanée ou préparée, c'est donner son opinion sur ce que l'on a devant les yeux.

Et selon moi, un bon photographe à de bonnes aptitudes à "photographier ce qu'il a devant les yeux" sans avoir besoin de davantage d'artifices (notamment en utilisant un post-traitement exagéré dans le but de compenser un "manque" à la prise de vues) pour que la photo "parle" et transmette par elle même, ce que le photographe "avait devant les yeux" au moment de la prise de vues et la la façon dont il l'a traduit sous forme photographique

 

A photograph is not created by a photographer. What they do is just open a little window and capture it. The world then writes itself on the film. The act of the photographer is closer to reading than it is to writing. They are the readers of the world

[Une photographie n'est pas créée par un photographe. Ce qu'ils font, c'est juste d'ouvrir une petite fenêtre et de la capturer. Le monde s'écrit alors lui-même sur le film. L'acte du photographe est plus proche de lire qu'il ne l'est d'écrire. Ils sont les lecteurs du monde.]

—— Ferdinando Scianna

 

Les gens ne regardent pas assez. Ils pensent. Ce n'est pas la même chose.

—— H. Cartier Bresson

 

Comment cela se traduit-il dans la réalité ?

 

Je vous conseille donc d'agir de la même manière. Plutot que de chercher à "mettre en avant" un élément de la scène, composez plutot une (mise en)scène, mettez la en lumière et PHOTOGRAPHIEZ CE QUE VOUS AVEZ DEVANT LES YEUX.

Ou bien pour la photo spontanée : remarquez une scène, regardez là, shootez la.

 

Il est a mon avis bien plus simple de photographier ce qui est là, devant vous, plutot que d'essayer de vous ingénier a utiliser des artifices pour tenter d'attirer l'attention sur telle ou telle partie. C'est en tout ca comme celà que je procède, tant en photo de mode (notamment en édito) qu'en reportage. Je ne prétends pas que c'est la seule manière de faire, mais elle fonctionne au moins pour moi et ce depuis plusieurs décennies.

C'est votre œil, votre composition, votre cadrage, votre point de vue sur ce que vous avez devant les yeux, qui va donner VOTRE interprétation de ce qui se trouvait là.

A Guide to PhotoVogue, by Alessia Glaviano, Senior Photo Editor of Vogue Italia and L'Uomo Vogue

PhotoVogue has reached over 72,000 photographers and each day, we receive thousands of photographs to review.

To be able to explain personally to each user the reason why his/her photograph was rejected we would need a team of people in charge of that only and I’m afraid we don’t have either the time or the resources to do that. The photos featured on Photo Vogue are personally selected by the Photo Editors of Vogue Italia (which is also the added value such photography platform offers); they are constantly reviewing and selecting, even outside working hours, but do not have physically the time to provide individual explanation of the reason why a certain image was rejected.

I believe that it is important to pay attention to what is approved and what is rejected among the works you upload, this way you’ll be more able to appreciate what type of photographs we accept; in doing so, however, I kindly ask you to keep in mind that the selection is the result of our personal review and, in no way, do we expect to be the beholders of the absolute truth.

As we pointed out more than once however, if you decide to submit your works to us, in doing so you must also accept our judgment, after all, participating is not compulsory but simply a choice. Photo Vogue is open to all photography genres but it is not for everyone; it is not a “democratic” (if you pass me the term) platform on which everybody can simply upload whatever they like. Photo Vogue will feature only those images that have been approved by us.

Having said this, with this article I would like to elaborate on some of the assessment criteria so as to help you become self-critical.

The right approach when taking a photograph is not "I’ve seen something I like hence I’ll photograph it” (think How? Why? What is by the side, above and below that view/object you liked? What angle will you take the picture from? With what lens?); it is true that, especially with certain photographic genres, you have to seize the moment but, to ensure that the photography-wise that moment is perfect, you need to have absorbed certain processes and have developed a "photographic eye".

The right way to position yourself in respect to the subject is the same way you’d do in front of a blank canvas so as to give the necessary attention to all the elements you are going to include, put in your framing and on set in order to understand the meaning of composition in photography.

My advice, at the beginning, is to focus on something and to photograph it repeatedly day after day: it could be a street view, for the instance; the goal is to absorb certain procedures so that they become almost automatic.

How to assess a photograph? There are both objective and subjective criteria. In assessing an individual photograph the subject, the composition, the light and the technique are important. Whereas when it comes to a photographic narrative, besides the above mentioned criteria, there needs to be no repetition, unless it is meaningful to the story; in addition, there needs to be narrative cohesion and the ability to tell a story.

Given that the images are assessed by human beings and not machines, there is also a series of subjective criteria that may prevail over the technical ones precisely because photography is a form of art which – luckily – has emancipated itself from being a mere representation of reality long time ago, hence our job is not to judge how a sunset truly resembles the real deal or how clear and precise a certain photograph is; there are many technically perfect shots which are flat, with no soul and that work only as a mere photographic reproduction of the subject.

It is transformation that makes a shot artistic, the variance between reality and the way it is portrayed: such variance is the added value and represents the photographer’s unique vision. A good photograph needs to have a soul, be open, not provide answers but rather trigger questions, it needs to intrigue, have several layers of meaning and not be dull, flat, banal or one-dimensional.

When “reading” an image, as well as when taking it, the cultural and visual baggage of both the viewer and the photographer plays a fundamental role because this is one of the elements that will, unconsciously, influence both the reviewer’s assessment of such image and the photographer’s approach to shooting it.

Like Instagram and social network, photography is now considered on par with a language although, if you consider it carefully, it is not quite like that: it is not quite a language but rather different types of languages according to who are those engaged in the dialogue and where they are; this applies to photography as it does with the different world languages, dialects, a formal and informal tone.  

Being more familiar with the subject of a photograph doesn’t make everyone an expert arbiter or a good photographer just as it is true that not everyone who knows how to write (in the most literal interpretation of the term) can be called a writer. Being able to judge a photograph means to truly know the history of photography, have knowledge of the masters and have studied, and not one photographic genre only because, given the current fusion of the different genres, being competent in only one would be limiting and ultimately not enough.

Some time ago I posted on my Instagram account a series of guidelines related to fashion photography; I had chosen fashion photography because this is the genre in which I’ve seen the most flagrant and gross errors, and not only in the images that are submitted to us on a daily basis on the Photo Vogue platform but also on many of the so called “fashion magazines” that all they achieve through their ill-crafted photographs is to belittle one of the most fascinating photographic genres, one that is ground-breaking and forerunner of innovation in photography generally speaking.

I believe that fashion photography is the most complex photographic genre, one in which being skilled photographers is not enough and, above all, it does not guarantee total control over the end result which depends on the model, the make-up and hair style, the set and the styling, all elements that a good fashion photographer needs to be able to guide or, at least, judge like a good film director.

Some of these guidelines can be applied to other photographic genres. I will list them below:

- Unless you know exactly and are fully confident in what you are doing, don’t go over the top. In all other cases, LESS IS MORE.

- The make-up and hair style of the model are fundamental.

- Accessories are equally paramount as they can make a photograph look incredible or completely spoil it: earrings, bracelets, necklaces, bags, glasses – consider each element that will feature in the image and ask yourself whether it improves or worsens the picture.

- If you don’t have access to a good stylist, opt for simplicity: again LESS IS MORE.

- If you do fashion photography, a good way to learn to assess whether the work of the stylist you are collaborating with is good is to observe and analyze the styling of the most prestigious international fashion magazines.

- Pay attention to any small detail appearing in your framing. Everything that is considered accidental in real life becomes intentional in a photograph.

- Assess the ability of your subject/model to move and, unless you are working with a professional who truly knows how to move in front of the camera, avoid over the top poses. With this regard, I’d recommend that you watched the artistic video Poses by artist Yolanda Dominguez.

- There is no one way only to shoot a fashion photograph: if, for instance, you are good at reportage, you should not revolutionize your style completely; a fusion of genres often produces the most exciting results.

- Strive to achieve an image with several layers: add levels to your framing. The co-existence of several critical points on the different focal planes – foreground, mid-ground, background – can make an image truly powerful.

- If you are working for a magazine, you need to be coherent and able to present a story comprising at least 8 images, all of which must be excellent. The pages of a magazine lend very well to story-telling. Treat your frames like movie stills.

- Get inspired from a wealth of sources: art, literature, social matters, films etc. Photography-wise, some directors of the 60’s and 70’s have become go-to references for their authorial style and the obsessive attention to details in each frame. I’m thinking about Godard, Antonioni, Kubrick, Bergamn or Fassbinder. Watching their movies is great training for the eyes. Spend hours, days and, generally, as much time as possible in specialized bookstores and museums browsing through magazines and sites which – as pointed before - publish articles and images by leading names in the sector.


- An excellent fashion photograph does not simply show the clothes that are to be advertised though it; remember that, after a couple of months, the merely retail value of a product dies away but images “emancipate” and can go down in history forever precisely because of the social, psychological and cultural zeitgeist they depict. Because they go beyond what they advertise and portray - “voice” – a world, a dream, an era and a vision.

 

di Alessia Glaviano

 

Eduquez vous

Vous éduquer vous même ne signifie pas que vous etiez stupide en premier lieu; celà veut dire que vous êtes suffisamment intelligent pour savoir qu'il vous reste beaucoup de choses à apprendre

-- Melanie Joy

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