HighKey et surexposition

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Certaines personnes qualifient de "surexposées" des photos qui sont tout simplement "HighKey" ou développées de manière claire (sur la peau notamment)

 

Il s'agit là de confusion.

Il y a confusion entre EXPOSITION et LUMINOSITE

 

Une image peut parfaitement être réglée en luminosité claire, voire être trop lumineuse alors qu'elle a été CORRECTEMENT EXPOSEE (au flashmètre notamment)

 

Ce sujet est l'un des plus mal compris en photo.

 

Nous allons donc faire une démonstration sur ce thème.

 

Voici l'image tous réglages a zéro. pas de photoshop, lightroom seulement, exposition réalisée au flashmètre. Juste en dessous, l'écran Lightroom

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Voici l'image développée "high key", toujours dans lightroom, puis l'écran Lightroom

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Voici l'image développée "trop clair" : on perd du modelé.

le fichier pourrait encaisser largement plus que cela avant de "cramer". Ce n'est pas pour autant que l'on doit éclaircir à outrance. Il faut conserver le meilleur compromis entre luminosité et modelé.

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Voici ce que peut encaisser le fichier avant cramage (et encore, je pourrais aller plus loin en touchant aux hautes lumières)
Un fichier correctement exposé peut donc encaisser dans ce cas +3,22 ILs au développement sans problèmes
Mais pour le développement, j'ai choisi un éclaircissement de +0,92 seulement

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Pourquoi le choix du diaphragme est-il un facteur majeur ?

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La raison est éditoriale. 


La réponse n'est pas un absolu. Mais elle vous explique pourquoi le choix du diaph doit être laissé au Photographe (ou au directeur artistique) : 

 

  • Il est tres important que le diaph soit constant pour que la Profondeur De Champ soit constante, dans la mesure du possible
  • D'une manière générale, il faut essayer également de garder une distance de PDV constante, là aussi pour que la Profondeur De Champ soit constante, tout comme le point de vue

Pour les raisons suivantes : 

 

  • Si vous faites des séries éditoriales (comme pour un édito magazine) votre série sera UNIFORME. D'ailleurs il peut arriver que le DA du magazine vous donne le diaph a utiliser (même s'il ne l'exprime pas de manière technique)
  • Idem si vous faites des séries artistiques. La photographie n'est pas exclusivement la photo unique, il fait etre capable de réaliser des séries
  • Si dans votre portfolio vous avez des images à toutes les Profondeur De Champ, cela va donner une impression de travail chaotique et non uniforme. cela va impacter votre style.
  • Un diaph peut etre imposé pour raison artistico-technique. En coiffure par exemple, il va falloir davantage de Profondeur De Champ (tout dépendra de la demande du client) car on peut vouloir que le travail de coiffure soit dans la zone nette

 

Il s'agit de recommandations d'ordre artistique basé sur ce que j'ai pu expérimenter. Pas de règles absolues. Il y a bien entendu des exceptions.

 

  • Pour des raisons de qualité optique, il ne faut cependant pas trop fermer, sauf avec les optiques "premium" comme les Leica M ou les Hasselblad MF
  • Cependant, il ne faut pas trop ouvrir non plus, car à ƒ/3,2 et en dessous QUEL QUE SOIT LE FORMAT, la progressivité est nulle et le passage de net à flou est ultra brutal. Les clients (ou de simples spectateurs) ne veulent pas de ca (même s'il ne savent pas ce que c'est, ils ont des yeux et un ressenti).

La Caractérisation Film : La Lumière

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N°2 de la série sur la Caractérisation Film

Definition de caractérisation : 
Caractérisation : n, qui consiste à caractériser

Caractériser : v, Mettre en évidence le ou les traits dominants ou distinctifs d'une chose ou d'une personne.

Caractériser une image numérique, consiste à donner à cette image, des caracatéristiques similaires à celles que possède le film, afin d'obtenir un rendu plus proche de la photographie telle qu'on la connait depuis presque 200 ans.

 

La caractérisation va opérer sur trois traits distinctifs majeurs du "caractère film" :

  • La couleur (Chrominance)
  • La lumière (Luminance)
  • La sensation de texture

Nous allons traiter ici du deuxième trait distinctif : la lumière

 

Caractérisation lumière : Modifier la réponse dynamique de la lumière

Tout comme pour la couleur, le numérique est très linéaire en réponse lumineuse, afin de pouvoir faire ce que l'on veut au moment du traitement. Les noirs notamment sont très pleins, un peu trop par rapport a ce que l'on obtient en film...

Si nous voulons donner à notre image le caractère de lumière du film, nous pouvons couper une partie des noirs ou des blancs de manière quasi invisible ou au contraire en prenant un parti-pris ouvertement typé.

 

Cela ne veut pas dire que l'on cherche à "copier" le film, mais plutot que l'on prend le contrôle de la réponse en lumière, au lieu de se contenter de subir celle qui est proposée par le numérique brut. Bien entendu, ce choix doit faire l'objet d'un dosage, selon ce que l'on veut rendre.

 

Techniquement la caractérisation lumière se traduit par l'usage d'une courbe en S (ou en "demi S") dont les extrémités "coupent" les fréquences hautes ou basses. Il y a quelques années, j'ai commencé à utiliser le terme anglais "cut" par souci de simplicité, pour désigner cette "coupure" des ombres ou des blancs. N'oubliez pas de régler votre courbe Lightroom en mode paramétrique. Dans Photoshop, l'outil "Courbe" convient parfaitement

Vous pouvez regarder le tuto de Marion Dunyach >>> pour la manière de procéder...

Filtre, un abus de langage pour un terme fourre-tout

 

En photographie, un "filtre" est un objet placé sur le parcours que fait la lumière pour éclairer un sujet, ou pour parvenir jusqu'au film ou au capteur. On utilise également des filtres au tirage sous agrandisseur.

Mais ce terme est parfois abusivement utilisé comme terme "fourre-tout" pour désigner un traitement effectué sur l'image numérique, dans le but d'émuler* un traitement argentique ou une pratique argentique.


Il est assez enrichissant de comprendre ce qui compose ce traitement, car au moment ou on va l'utiliser, on saura à quoi cela correspond en argentique (et ce que fait le numérique pour l'émuler), et par voie de conséquence, on saura reproduire ces traitements par soi-même avec une certaine crédibilité. Compréhension égale maitrise.

 

Un filtre contient des éléments précis en termes de traitement : 
- Caractérisation film sur le critère colorimétrique

- Caractérisation film sur le critère luminance (cut, contraste, etc)

- Caractérisation de type traitement croisé ou virage

- Caractérisation film sur le critère "texture et matière" (grain film spécifique, texture de matière)

- Vignettage

- Etc

L'utilisation du terme "filtre" - notamment par moquerie - est en fait l'aveu de sa propre méconnaissance des process impliqués dans le traitement.

 

*émuler : imiter par logiciel.

La Caractérisation Film : La couleur

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N°1 de la série sur la Caractérisation Film

Definition de caractérisation : 
Caractérisation : n, qui consiste à caractériser

Caractériser : v, Mettre en évidence le ou les traits dominants ou distinctifs d'une chose ou d'une personne.

Caractériser une image numérique, consiste à donner à cette image, des caractéristiques similaires à celles que possède le film, afin d'obtenir un rendu plus proche de la photographie telle qu'on la connait depuis presque 200 ans.

 

La caractérisation va opérer sur trois traits distinctifs majeurs du "caractère film" :

  • La couleur (Chrominance)

  • La lumière (Luminance)

  • La sensation de texture

Nous allons traiter ici du premier trait distinctif : la couleur

Caractérisation couleurs : Retrouver des couleurs "non-linéaires"

Un appareil numérique est conçu pour une foule d'applications. Certaines de ces applications nécessitent une parfaite linéarité des couleurs. Linéraire veut dire que chaque couleur est représentée fidèlement, sans dérive de teinte (le rouge est rouge et non magenta) et sans dérive de saturation (chaque couleur est saturée de la même manière)

 

En photographie "film" en revanche, chaque pellicule à sa "personnalité couleur". Les films présentent des dominantes différentes selon le type de film choisi et selon la marque du film. Si on veut "typer film", il faut donc opérer de la même manière.

La caractérisation couleurs va donc permettre de "dé-linéariser" les couleurs de manière a créer des dominantes et des dérives voulues et recherchés, afin de personnaliser le rendu des couleurs, tout comme c'est le cas sur un film : on choisit son film en fonction du rendu. On déterminera sa "réponse couleurs" en fonction de ce que l'on désire comme type de rendu.

 

Vous trouverez ci-dessous un exemple de dé-linéarisation couleurs à la manière d'un film, opérée ici avec le module "Etalonnage de de l'appareil photo" de Lightroom, qui est l'un des modules permettant d'agir sur la "réponse couleurs".


Chaque composante vidéo (Rouge Vert et Bleu) peut être dé-linéarisée :

 

  • En teinte : on peut agir sur la teinte de la composante et faire en sorte (par exemple) que les rouges - au lieu d'être rouges - virent vers l'orangé
  • En saturation : on va faire en sorte que cette dérive vers l'orangé (dans notre exemple) soit plus ou moins saturée selon le résultat désiré

L'effet est ici caricatural, pour les besoins de la démonstration. Dans la réalité le dosage sera fondamental. 

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Un image "caractérisée film", sans toutefois avoir eu recours à l'usage du module "Etalonnage de l'appareil photo"

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Un image "caractérisée film", après avoir eu recours à l'usage du module "Etalonnage de l'appareil photo"

Les autres modules utilisables pour la caractérisation couleurs

 

le Module TSL : Teinte Saturation Luminance

Texte à venir

 

La Balance des Blancs du Module "Reglages de Base"

La fonction "Balance des Blancs" est tres souvent mal comprise. Je vous propose donc de commencer par lire ce texte.

Nous verrons ensuite comment détourner sa fonction première, dans un but de caractérisation

 

Le module au nom très mal traduit : "le Split Toning"

Le terme "Virage partiel" ne veut absolument rien dire, et en plus il risque de vous mettre dans la confusion.

Nous éviterons donc de le traduire. Mais si on devrait le faire, une traduction plus fidèle serait "Colorisation Sélective". L'idée à comprendre ici, c'est que ce module va permettre : 

  • D'effectuer une COLORISATION (toning) de l'image, avec une couleur transparente
  • Et ce de manière différenciée en effectuant une séparation (split) dont le point central peut etre réglé avec le curseur Balance, entre les Hautes Lumières et les Basses Lumières à l'aide de deux jeux de curseurs (choix de la couleur et saturation de la couleur choisie) 

Avec ce module vous allez pouvoir réaliser :

L'émulation (imitation par logiciel) du traitement croisé argentique sur les photos couleurs
L'émulation de différents virages chimiques sur les photos monochromes


Virages et Traitements Croisés ne sont pas obligatoires lorsque vous voulez caractériser. Ce sont des "effets spéciaux argentiques"optionnels, que nous émulerons (ou non) en numérique, au sein de notre caractérisation.

Filtre, un abus de langage pour un terme fourre-tout

 

En photographie, un "filtre" est un objet placé sur le parcours que fait la lumière pour éclairer un sujet, ou pour parvenir jusqu'au film ou au capteur. On utilise également des filtres au tirage sous agrandisseur.

Mais ce terme est parfois abusivement utilisé comme terme "fourre-tout" pour désigner un traitement effectué sur l'image numérique, dans le but d'émuler* un traitement argentique ou une pratique argentique.


Il est assez enrichissant de comprendre ce qui compose ce traitement, car au moment ou on va l'utiliser, on saura à quoi cela correspond en argentique (et ce que fait le numérique pour l'émuler), et par voie de conséquence, on saura reproduire ces traitements par soi-même avec une certaine crédibilité. Compréhension égale maitrise.

 

Un filtre contient des éléments précis en termes de traitement : 
- Caractérisation film sur le critère colorimétrique

- Caractérisation film sur le critère luminance (cut, contraste, etc)

- Caractérisation de type traitement croisé ou virage

- Caractérisation film sur le critère "texture et matière" (grain film spécifique, texture de matière)

- Vignettage

- Etc

L'utilisation du terme "filtre" - notamment par moquerie - est en fait l'aveu de sa propre méconnaissance des process impliqués dans le traitement.

 

*émuler : imiter par logiciel.

La grande illusion de la Synchro Haute Vitesse

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Depuis quelque temps, le matériel flash permet de travailler à des vitesses supérieures à la vitesse maximale de synchro-x, notamment au dessus du 1/250e. Mais les constructeurs ne mettent pas suffisamment l'attention sur un élément tres important : cette augmentation de la vitesse se fait au détriment de l'energie lumineuse disponible qui s'en trouve radicalement limitée.

 

HSS et Hypersync : la Haute Vitesse au prix d'une perte conséquente d'énergie

 

Pour faire simple, on peut déterminer que la perte en énergie est de l'ordre de 1IL a chaque doublement du temps de pose
Par exemple, pour un flash Profoto B2 délivrant 250 joules, on obtiendra en mode HSS :

 

  • Au 1/500e (soit le double de la vitesse de synchro), l'énergie maximale du flash passera à 125 Joules
  • Au 1/1000e, l'énergie maximale du flash passera à 75 Joules
  • Au 1/2000e, l'énergie maximale du flash passera à 33 Joules

Lorsqu'on diminue le temps de pose, le fond est assombri, mais le sujet reçoit également moins de lumière provenant du flash puisque l'énergie baisse.

Or en général, lorsqu'on diminue le temps de pose, c'est pour "contrer" une luminosité exterieure importante. L'energie flash ne devrait donc pas baisser mais à minima, rester constante


Remarque : Le HSS induit donc les mêmes conditions de limitation que l'utilisation de filtres ND


A titre d'information, pour utiliser le flash en plein soleil de manière efficace, on devra disposer d'une énergie allant de 600 a 1200 joules. On voit donc que l'usage d'un flash en HSS se limitera plutot aux zones à l'ombre.


Le seul système permettant la synchronisation à haute vitesse sans perte d'énergie : les appareils Moyen Format équipés d'optiques à obturateur central

 

A l'inverse des systèmes HSS, la synchro-X n'affecte pas l'énergie délivrée par le flash. Les appareil avec objectifs à obturation centrale permettent de synchroniser à toutes les vitesses. Lorsqu'on change la vitesse du boitier, l'énergie délivrée par le flash n'est pas affectée. Le sujet reçoit la même illumination, alors que l'arrière plan lui, est assombri. 

On peut citer par exemple les systèmes Hasselblad H allant du H1 au H5 pour une vitesse maximale au 1/800e et le Hasselblad H6 ainsi que le Hasselblad X1D qui synchronisent jusqu'au 1/2000e. Avec un générateur 1200 joules par exemple, on pourra donc synchroniser au 1/2000e et à 1200 joules d'énergie.

Contrairement au système HSS, Les Obturateurs Centraux ne nécessitent pas de flashs spécifiques pour synchroniser à haute vitesse.

 

Il existe quelques rares appareils à obturateur électronique (comme le Fuji X100) permettant eux aussi de synchroniser à haute vitesse sans perte conséquente d'énergie, à condition que les sujets ne soient pas en mouvement trop rapide. Quelques infos plus approfondies concernant les obturateus électroniques : https://phototrend.fr/2016/03/mp-170-lobturateur-photo-mecanique-electronique/

 

Les filtres gris neutres

Un filtre gris neutre va assombrir le décor ET le flash. Concrètement, à chaque fois que l'on va filtrer de 1 IL supplémentaire, on devra doubler la puissance flash. Cette solution a donc le même genre d'inconvénients que le HSS/Hypersync, la visée obscurcie en plus ! Sans parler de l'altération possible de la qualité image, à cause du filtrage de plus ou moins bonne qualité. On reste tributaire de la vitesse de synchro

 

Technique : HSS vs HYPERSYNC

 

Ces deux modes de synchronisations sont très différents : 

la HSS utilise un train d'éclairs courts pour exposer en fin de compte, chaque bande de l'image balayée sur le capteur par les rideaux et couvrir ainsi toute la photo de manière uniforme.  C'est ce système qui est utilisé dans les cobras ou les Profoto A1, B1x, B2, D2 et PRO10

L'Hypersync fonctionne sur le principe d'une durée d'éclair plus longue que la synchro X pour que en un flash toute la photo soit éclairée.
L'Hypersync fonctionne donc avec des éclairs lents (longs), ce qui a pour conséquence de ne pas fonctionner à faible énergie ou avec des flashs rapides et chez Elinchrom ou Broncolor ca nécessite un tube éclair spécifique, plus lent.
Premier problème  : on peut obtenir une lumière non homogène, tant en terme de Température de Couleurs que de luminosité.
Autre problème : ce système fonctionne plus ou moins bien suivant le boitier et il faut souvent peaufiner des réglages de délais. 

 

Conclusion

 

Le HSS est une fonction dont l'efficacité présente certaines limitations à prendre en compte. A vous de déterminer si elle conviendra à votre usage. Prenez bien en compte ce fait : le seul vrai système capable de synchroniser à haute vitesse sans perte d'énergie est le Moyen Format équipé d'objectifs à obturation centrale. Ce n'est pas par hasard si ce système couteux est encore fabriqué.

Mesurer l'exposition au posemètre en lumière naturelle

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N°3 de la série sur l'Exposition

Fausse donnée : "L'histogramme et l'indicateur de surexposition du boitier sont des instruments de mesure de l'exposition" 

 

 

Voici 3 visualisations d'une même photo faite à Ibiza en plein soleil en Juin 2017, à 18:00. Coucher de soleil à 22:00 (soit 4 heures d'ensoleillement restantes, ce qui donne un soleil encore bien puissant)

 

La photo a été exposée avec un posemètre, de manière à ce qu'elle soit optimisée pour le numérique (exposition "à droite"). Ces images parlent d'elles mêmes...

 

Voici pour commencer, une photo du LCD pour montrer ce qu'il affiche à la PDV. L'écrétage est affiché en noir. On voit que l'appareil photo indique une forte surexposition

- Photo exposée à 80 iso, ƒ/6,3 mesure faite avec la sphère sortie. Temps d'obturation donné par le posemètre : 1/640e
- Au boitier : ƒ/4, 1/640e, 80 Iso
- Décalage d'expo (optimisation de l'expo pour le numérique) : +1,33 IL

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Voici la photo ci-dessus ouverte "tous curseurs à zéro" dans Lightroom (photo initiale).

On voit qu'elle n'est pas du tout surexposée et encore moins cramée. Pourtant, on à bien ajouté +1,33 IL (mesure au posemètre) par rapport à l'ouverture boitier.

Accessoirement, les valeurs claires de l'histogramme sont parfaitement calées sur la droite du graphique

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La photo finale après développement numérique. Bien entendu, aucune zone n'est surexposée

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Conclusion : si vous tenez compte de l'avertisseur de surexposition et de l'histogramme (qui je le rappelle, ne sont PAS des instruments de mesure), en fait, vous sous-exposez et vous détruisez votre image.

 

Si vous avez confiance en votre flashmètre/posemètre, vous aurez l'expo juste et SANS DESTRUCTION des hautes lumières (ni des basses lumières), même en situation de forte dynamique

 

Autres Références : 
Tuto : Shootez en plein soleil 

Fausse donnée : "En numérique, on n'a plus besoin de Flashmètre"

Le Vignettage dans Lightroom

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En photographie, on peut distinguer deux types de vignettages, que l'on peut retrouver en numérique dans Lightroom, sous la forme de deux outils distincts.

 

1 - Le vignettage dû a un assombrissement de la partie périphérique de l'optique

 

Ce vignettage est causé seulement par l'optique que vous utilisez. Cela se traduit sur votre image par un assombrissement des angles de la photo, lorsqu'elle n'est pas recadrée. Si vous recadrez votre image en éliminant du champ de votre nouveau cadre un ou plusieurs angles de la photo d'origine, ce vignettage disparaitra. 
Lightroom est tres efficace pour corriger ce problème, notamment de manière automatique. Vous le trouverez dans le module "Correction de l'objectif". Si vous cochez l"option "Activer le profil de correction", Lightroom trouvera l'objectif utilisé et le corrigera. Vous nêtes pas obligé de corriger le vignettage de votre optique si le résultat vous convient.

 

2 - Le vignettage réalisé volontairement sous agrandisseur, par le tireur. 

 

Cette technique est employée par les tireurs argentiques pour "fermer" un tirage en assombrissant le pourtour de l'épreuve, lors du tirage sous agrandisseur. Ce vignettage ne se limite pas aux angles. On peut également "ouvrir" un tirage en éclaircissant les bords du tirage au point de les faire se confondre avec le blanc du papier tirage. Cette dernière technique est passée de mode, mais reste réalisable dans certains cas.

Lightroom reproduit cette possibilité avec la fonction "vignettage après recadrage" du module "Effets".

  • Selon comment vous déplacez le curseur "gain", vous obtiendrez soit un vignettage "fermé" (assombri) ou "ouvert" (éclairci). Comme dans la réalité, ce vignettage apparaitra sur les bords de votre "tirage". En conséquence, si vous recadrez votre image, l'effet s'adaptera à votre nouveau cadrage.

  • Si vous voulez bien comprendre l'impact des différents curseurs, commencez par positionner le curseur "contour progressif" à 0. Cela vous permettra de visualiser votre pourtour de tirage. Vous re-règlerez la progressivité à la fin.

  • Le curseur "Milieu" détermine la taille de la zone claire au centre du tirage

  • Le curseur "Arrondi" permet de déterminer la forme de l'arrondi de la zone claire. Tirez le curseur dans les deux sens pour constater comment il agit.

  • Le curseur "Hautes Lumières" vous permet de doser le pas pris par les hautes lumières sur le vignettage, lorsque vous etes en "priorité hautes lumières" ou en "priorité de la couleur". En "priorité hautes lumières", plus vous allez vers la droite, et plus les hautes lumières se trouvant sous votre vignettage (a condition bien sur qu'il y en ait) estomperont le vignettage. En "priorité de la couleur", plus vous allez vers la droite, et plus la couleur se trouvant sous votre vignettage (a condition bien sur qu'il y en ait) estompera à son avantage, le gris du vignettage.

  • Une fois ces réglages faits, n'oubliez pas de replacer le curseur "contour progressif" le plus possible vers 100, pour que l'effet ne soit pas caricatural au final.

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Un vignettage Positif réalisé sous agrandisseur, sur tirage argentique. Photo & Tirage : Julien Colant

Autres facteurs de vignettage

 

D'autres élements peuvent créer un vignettage :

  • Un pare-soleil d'objectif mal positionné ou non adapté. On pourra parfois en ressentir les effets lorsqu'il empiète sur le champ de l'objectif
  • Certains setups lumière (studio ou exterieurs) qui vont créer un assombrissement de tout ou partie du pourtour de l'image. Le simple fait de cadrer un champ dont l'angle est plus large que celui du modeleur du flash peut créer une impressionde vignettage. Ce vignettage n'est pas forcément un défaut et peut être délibéré.

En argentique une source très importante de vignettage est celui produit par l'objectif de l'agrandisseur. On le subit beaucoup plus fortement que celui produit par l'objectif de la prise de vue (un film négatif entre 10 et 14 IL de dynamique, un papier tirage environ 4 IL, donc on subit tres fort des faibles variations de luminosité).
Afin de limiter ce vignettage, on doit utiliser des agrandisseurs avec des colonnes hautes et qui sont aussi très lumineux pour pouvoir diaphragmer et pour pouvoir n'utiliser que la partie centrale de la projection.

-- Julien Colant, Photographe

 

Allez-y en douceur

 

Sauf cas spécifiques, il est préférable d'utiliser ces curseurs avec subtilité. Bien souvent l'idéal pour un effet, c'est de ne s'apercevoir qu'il était là, seulement après l'avoir retiré. Cependant, vous pouvez le marquer davantage si vous tenez à un rendu typé.
Comme bien souvent lors de l'utilisation caricaturale d'un effet, le probleme ne vient pas de l'effet lui-même, mais de l'opérateur qui l'a utilisé !

Le Portrait en Noir et Blanc

Article originel >>> 
 

Lightroom permet de gérer le workflow complet de votre image, depuis son développement RAW, jusqu’a la sortie JPG, en passant par une éventuelle retouche dans Photoshop.

01 Les deux méthodes

Pour réaliser une image en noir et blanc, vous avez deux possibilités :

 

Mode 1 - Faire un développement RAW, directement en Noir et blanc

Mode 2 - Faire un développement RAW couleurs, exporter dans un fichier PSD/TIFF vers Photoshop, et créer le noir et blanc a postériori, dans Lightroom

 

Si vous savez que votre image ne sera jamais utilisée en couleurs, il est nettement préférable de choisir la solution 1, car un fichier raw est vraiment plus malléable en termes de possibilités de développement, qu’un fichier « bitmap » (PSD ou TIFF)

En revanche, si votre image doit être utilisable en diverses versions (couleurs, noir et blanc, sépia, etc), vous réaliserez votre noir et blanc à partir de l’image PDS/TIFF, elle même exportée puis retouchée en couleurs.

L’illustration ci-dessous vous montre a gauche un Noir et blanc réalisé en « Mode 2 » : l’image PSD couleurs retouchée a été transformée en Noir et Blanc, directement dans Lightroom. Ceci n’affecte pas le fichier PSD

A droite, une image Noir et blanc avec un léger virage brun, réalisée directement en RAW, sans retouche, dans Lightroom

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02 Le Workflow "Mode 1"

 

Le Mode 1 consiste à créer votre Noir et Blanc sur le fichier RAW lui même

 

Afin que le Noir et Blanc numérique perde son aspect artificiel et « vidéo », j’introduis une phase de caractérisation film (que vous pouvez retirer si elle ne vous convient pas)

 

  • Import du fichier RAW dans Lightroom
  • Développement numérique Noir et Blanc
  • Post-Traitement de caractérisation film
  • Export JPG du fichier de sortie (Profil « sRVB »)

 

Un fichier RAW permet une latitude de traitement étonnamment étendue. 

 

L’illustration ci-dessous vous montre l’image avant développement, tous curseurs à leur valeur neutre.
L’après représente l’image définitive, sans retouche, mais avec son traitement noir & Blanc et sa caractérisation film / Tirage : J’ai choisi un léger virage brun clair

Capture d’écran 2015-09-02 à 18.55.57

03 Le Workflow "Mode 2"

Le Mode 2 consiste à créer votre Noir et Blanc sur le fichier PSD/TIFF préalablement créé en couleurs.

 

  • Import du fichier RAW dans Lightroom
  • Développement numérique couleurs
  • Export du Fichier couleurs vers Photoshop, en vue de la retouche (Profil « Adobe 98 »)
  • Ne pas oublier de cocher la case « Ajouter à ce catalogue » dans le module d’export de Lightroom, pour que le fichier créé à l'étape précédente soit visible et traitable dans Lightroom
  • Post-Traitement de caractérisation film sur le fichier PSD dans Lightroom. Ce post-traitement n’affecte pas le fichier PSD lui même. Il est visible uniquement dans Lightroom.
  • Export JPG du fichier de sortie (Profil « sRVB »), a partir du fichier PSD dans Lightroom

 

L’illustration ci dessous Vous montre une image couleurs retouchée dans Photoshop (fichier PSD) et affichée ici dans Lightroom, avec à coté, une version en Noir & Blanc sous forme de copie virtuelle.

Notez que toute modification du fichier PSD couleurs impactera la version noir et blanc sans avoir besoin de faire de manipulation supplémentaire.

Vous trouverez dans cet autre tuto, davantage de détails sur le workflow décrit ci dessus : Le workflow

Capture d’écran 2015-09-02 à 18.32.23

04 Le développement : la tonalité

Ce développement peut être réalisé indifféremment en Mode 1 ou en Mode 2.

 

Faites toutefois attention aux limitations du fichier bitmap en Mode 2, qui pourrait provoquer l’apparition de bruit vidéo et/ou de postérisation !

 

La première étape consiste, comme on s’en doute, à passer en noir et blanc, soit à l’aide du bouton, en haut à droite du panneau Réglages de base, ou sur le mot NB du panneau TSL/Couleur/NB. Les curseurs du module Tonalité, panneau Réglages de base, doivent être utilisés de haut en bas, afin de régler le caractère de l’image (sa luminosité et son contraste).

 

Dans l’illustration ci-dessous, nous avons délibérément choisi un rendu “délavé”, ce qui explique la position du curseur Ombres. Mais, bien entendu, il est tout à fait possible de réaliser un rendu très contrasté. N’hésitez pas à bouger chaque curseur un par un, avec une large amplitude de mouvement, pour comprendre quelle influence il va avoir sur
votre développement.

Capture d’écran 2015-09-02 à 19.06.18

05 Le contraste

Le curseur Contraste va influencer la totalité de l’image.

 

D’une manière plus pratique, vous pouvez aligner ce curseur avec la dureté de la source :

  • source “dure” (bols durs, soleil intense), Contraste supérieur à zéro
  • source “moyenne” (parapluie argenté, bol beauté, ombre), Contraste à zéro
  • source “douce” (boîtes à lumière de grande taille, lumière du matin ou du soir, ciel voilé), Contraste inférieur à zéro.

 

Les quatre curseurs suivants (Hautes lumières, Ombres, Blancs, Noirs) serviront à régler la tonalité spécifique à l’image et à l’interprétation que vous souhaitez en donner. Ces curseurs fonctionnent dans les deux sens, ce qui rend ce module extrêmement puissant.

 

Le curseur de microcontraste, appelé Clarté, permettra d’adoucir une image globalement trop agressive ou de redonner de la présence à une image dont la douceur générale vous plaît, mais qui manque un peu de “précision”.

 

N’hésitez pas, là encore, à bouger ce curseur pour en constater les effets sur votre image.

 

Sur l’illustration ci-dessous, nous pouvons voir deux opposés en matière de contraste.

 

Le traitement sur fichier RAW permet d’obtenir toutes les nuances intermédiaires sans dégradation de l’image, notamment des basses
valeurs. Attention à la “montée” de bruit vidéo et de postérisation si vous tentez un tel traitement sur un fichier PSD/TIFF, même en 16 bits.

Capture d’écran 2015-09-02 à 18.11.58

06 Le développement localisé

Vous pouvez utiliser le pinceau pour effectuer un développement localisé dans l’image.

 

Cependant, si votre prise de vue est bonne et si vous avez effectué un travail correct en amont sur le panneau Réglages de base, vous n’en aurez pas systématiquement besoin. Il vaut mieux reprendre son développement à l’étape précédente, plutôt que de tenter de “réparer” un mauvais réglage à coups de pinceau.

 

Cependant, le pinceau vous permettra aussi d’effectuer du dodge and burn (éclaircissement/assombrissement localisé, comme les tireurs argentiques le réalisaient sous leur agrandisseur).

 

L’illustration vous montre comment densifier les sourcils.

 

Note : évitez impérativement de renforcer la netteté du regard en localisé. Cela donne un rendu très artificiel et peu esthétique. Les yeux et le regard sont une affaire de maquillage et de direction du modèle au moment de la prise de vue. Pas de posttraitement numérique exagéré…

Capture d’écran 2015-09-02 à 18.16.23

07 Le Filtrage couleurs

Le filtrage couleurs permet d’imiter l’effet des filtres que l’on fixait sur son boitier à la prise de vues en Noir & Blanc argentique.

 

Le Mélangeur Noir et blanc possède toutefois 8 gammes de nuances colorées, réglables en luminosité de -100 à +100. En agissant sur ces curseurs, vous éclaircirez/assombrirez dans toute l’image, la nuance correspondant au curseur sélectionné.


Avec le TAT (Targeted Adjustment Tool - Outil de réglage par zone ciblée), Lightroom sélectionnera pour vous la ou les couleurs concernées et leur ratio respectif.

 



Sur l’illustration ci-dessous, vous pouvez voir comment la peau a été éclaircie : cliquez sur la peau, maintenez le bouton de la souris, poussez la souris vers le haut et observez ce qui se passe. Sur notre exemple, le résultat est caricatural pour les besoins de la démonstration. Allez-y en finesse…

Capture d’écran 2015-09-02 à 18.11.58

08 Le posttraitement de caractérisation film : La Dynamique

Nous allons tenter de « casser » le rendu « trop propre » de nos appareils numériques en introduisant une « courbe en S » dont les extrémités seront décalées vers le haut pour les valeurs basses, et vers  le bas pour les valeurs hautes.

 

Ceci aura pour conséquence de « couper » les valeurs les plus basses et/ou les valeurs les plus hautes de notre image. Notez que la coupure des valeurs hautes est optionnelle car son action est plus radicale.

 

Cela semble « voiler » l’image et ce n’est pas tout à fait faux. Si l’effet (le voile des valeurs sombres notamment) est trop marqué, il suffira de descendre plus proche de son origine, la courbe du S en bas à gauche.

 

Là encore, il faut « tester » afin d’adapter le dosage à votre photo, telle que vous l’avez développée. Cette courbe fait partie du « post-traitement » de l’image. Elle s’ajoute au développement pour le caractériser, mais sans en changer la nature fondamentale. 

 

Effectuer un « cut » (une coupure des valeurs sombres et/ou claires) ne donne pas une image « grise » ou « manquant de contraste ». Cela donne une image avec une caractérisation « film » et on peut lui donner une infinité de nuances.

Capture d’écran 2015-09-02 à 19.28.40

09 Le posttraitement de caractérisation film : le grain film

Le module de grain film de Lightroom fonctionne de la manière ci-après.

 

  • Le curseur Valeur permet de régler la force de l’effet.
  • Le curseur Taille permet de régler la taille des grains, ce qui est lié à la sensibilité ISO du film.
  • Le curseur Cassure permet de déterminer la forme des grains, que l’on peut utiliser conjointement avec la taille.

 

Notez que le curseur Taille floute l’image de manière très réaliste, au fur et à mesure qu’on augmente la taille du grain. Avec ce module, on peut passer d’un grain très fin et très délimité, comme un film de basse sensibilité (tel qu’un Kodachrome 25 ISO), à un grain grossier et de grande taille, avec toutes les valeurs intermédiaires.

 

L’illustration ci-dessous vous montre deux réglages extrêmes, les réglages indiqués à droite correspondant à l’image de droite.

 

Dans la réalité, il faudra agir avec davantage de subtilité. Notez que le grain s’apprécie en regardant l’image dans son intégralité et à distance normale d’observation. En d’autres termes, ne faites pas vos réglages de grain avec une image zoomée à 100 %, le nez collé à l’écran.

Capture d’écran 2015-09-02 à 20.33.18

Les ratios d'aspect et les formats

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Natalia Vodianova photographiée par Paolo Roversi — Ratio d'image 3:4

 

La photographie utilise une variété assez importante de  formats de pellicules ou de plans films. Mais le ratio de ces formats (rapport largeur : hauteur) rassemble plusieurs formats.

 

LES "RATIOS D'ASPECT" DES FORMATS


Ratio 1:1

6 x 6 cm - Moyen Format

28 x 28 mm - Petit Format (instamatic)

 

Ratio 2:3

24 x 36 mm - Petit Format

6 x 9 cm - Moyen Format


Ratio 4:5

4 x 5 Inches - Grand Format

8 x 10 Inches - Grand Format

16 x 20 Inches - Grand Format


Ratio 3:4

4,5 x 6 cm - Moyen Format

9 x 12 Inches - Grand Format

 

Ratio 5:7

5 x 7 Inches - Grand Format


Ratio 6:7

6 x 7 cm - Moyen Format

 

Ratio 11:14

11 x 14 Inches - Grand Format

 

LES GAMMES DE FORMATS

 

Petit Format

24x36, APS, APS-C et plus petit.

Note : en Petit Format, les dimensions désignent celles de la surface utile exposée et non la taille de la pellicule pour une vue. En 24x36 par exemple, la taille de la pellicule pour une vue est de 35 x 38 mm

 

Moyen Format

de 4,5 x 6 cm à 6 x 9 cm

Note : en Moyen format, les dimensions désignent la taille de la pellicule pour une vue, marges comprises. Par exemple, la dimension de surface utile d'un format 6 x 6 cm est de 5,6 x 5,6 cm

 

Grand Format

9 x 12 cm (3,55 x 4,73 Inches) et au dessus
Note : en Grand Format, les dimensions désignent la taille du plan film.

 

TERMES USURPES

 

Full Frame et Plein format

Si on veut utiliser ces termes, il faut dire de quel format on parle, puisqu'il existe des "Plein Format" en 24x36 mais aussi en Moyen Format
Autant utiliser le terme "24x36"

 

DX / FX

Ces termes sont des dénominations commerciales appartenant à Nikon. Ce ne sont pas des "formats" photographiques.

Changer la perspective, par Peter Cox

August, 2009

L'auteur de cet article est peter Cox, photographe de paysage et formateur, vivant dans le beau sud-ouest de l'Irlande.

Texte originellement publié sur le site Luminous Landscape et traduit librement de l'anglais. Photos : Peter Cox

Changing Perspective

Plusieurs facteurs influent sur le succès ou l'échec d'une prise de vue – le sujet, l'heure du jour et les conditions météorologiques ont leur importance pour n'en citer que quelques-uns. L'un des moins évident, c'est la perspective. Elle a un énorme effet sur nos compositions, même si la plupart des photographes ne lui accordent que peu d'importance. 

 

Il y a diverses manières de modifier la perspective : choisir des angles de prise de vue inhabituels, en plongée ou contre-plongée par exemple. Ce dont je vais traiter ici concerne l'utilisation de différentes focales, pour un même cadrage, afin d'obtenir différents résultats. 

The Dark Hedges, Antrim

Canon EOS 5D Mk. II, EF 70-200 f/2.8 IS @ 200mm
f/16, 1/2 @ ISO 100

 

Mais qu'est-ce que la Perspective en fait ?

 

La définition que nous allons utiliser est celle-ci :

 

perspective : apparence relative des objets les uns par rapport aux autres, déterminée par leur distance au point de vue. 

L 'important à retenir au sujet de la perspective est que la taille apparente des objets diminue quand la distance qui nous sépare d'eux s'accroît. Ceci est évident. Ce qui l'est moins, c'est qu'en même temps la distance apparente entre eux s'amoindrit aussi. 

 

Par exemple, pour une personne debout à 50 cm de vous et une deuxième 5 mètres plus loin, vous avez l'impression qu'elles sont bien éloignées. Maintenant, reculez de 50m et regardez à nouveau : la distance apparente entre eux a notablement réduit et ils semblent presque côte-à-côte. 

 

Regardez maintenant l'image au-dessus, prise avec un téléobjectif, et vous pourrez constater que la scène apparaît relativement plate – la distance apparente entre les arbres a été réduite and il semblerait que les arbres ont été artificiellement plaqués l'un sur l'autre. 

Le but était ici d'intensifier la sensation d'étroitesse, vaguement menaçante, que crée ce lieu.

 

Maintenant regardons l'image ci-dessous. Même lieu, et la scène est prise depuis le même endroit, mais avec un objectif grand angle. Vous pouvez voir que l'effet est radicalement différent : la scène est plus dégagée et il y a de l'espace vide entre les arbres sur une bonne partie de l'image.

dark_hedges_wide_example

Canon EOS 5D Mk. II, EF 24-70 f/2.8 @ 24mm
f/16, 1/2 @ ISO 100

 

La zone délimitée en rouge est montrée ci-dessous avec un recadrage à 50%. 

Vous noterez que le recadrage rend à l'identique l'image précédemment obtenue au téléobjectif. Les différences de tons sont dues au fait que le recadrage n'a pas subi le même port-traitement et à la présence de flare du aux larges parties lumineuses sur les côtés du cadrage original.

 

Que nous apprend ceci ? 

 

Tout d'abord, en comparant les deux résultats, vous pouvez voir que la focale utilisée, en elle-même, ne change pas le contenu de la scène. Un téléobjectif a seulement un angle de vue plus étroit ce qui veut (généralement ) dire que ce qu'il voit est à distance, et que donc les objets qu'il cadre ont à la base moins de distance apparente entre eux. 

A l'opposé, le grand angle voit « plus » de la scène et donc y inclut des objets plus proches du boîtier. Donc la distance apparente entre premier plan et arrière plan est accentuée. 

 

Quand et comment ? 

 

Généralement, si vous voulez imprimer une sensation d'espace et d'étendue dans votre image, le grand angle est à privilégier. Pensez à placer quelque objet au premier plan pour obtenir l'effet désiré.

 

 Si vous souhaitez un résultat plus abstrait, utilisez un téléobjectif pour diminuer la perspective. En y joignant une bonne composition, ceci renforcera l'aspect graphique de votre réalisation.

 

Quelques exemples :

 

Dans l'image ci-dessous je voulais signifier deux choses : l'aridité du paysage en même temps que son étendue. Un ultra-grand angle et un point de vue bas ( approchant ainsi les roches sur le sol très près de l'objectif ) me le permirent. 

blue_mountain-med

Bláfell, Iceland
Canon EOS 5D, EF 24-70 f/2.8 @ 24mm
f/16, 1/2 @ ISO 100

 

Un exemple d'utilisation de la compression de la perspective dans le but de créer un bon effet, dans cette image

An example of using perspective compression to good effect is this image:

williams_reservoir-med

Skeletal Trees, Williamstown, MA
Canon EOS 5D, EF 100-400mm @ 310mm
f/13, Multiple Exposures @ ISO 100

 

Ici, j'ai utilisé une longue focale pour faire apparaître les arbres, en arrière plan, solides comme un mur  derrière les bouleaux du premier plan. Je renforçais ainsi le côté abstrait de l'image. 

 

En conclusion :

 

La plupart des photographes se contentent de choisir leur focale uniquement en termes d'angle de vue, utilisant un grand angle pour englober plus d'éléments dans une scène et un téléobjectif pour « s'approcher » d'un objet distant sans marcher jusqu'à lui. 

Ca sert de savoir qu'ils ont plus que ce seul usage là. 

Le rôle du Traitement dans le Style

N°03 de la Série "Votre Style Photographique"

13/01/2015

 

Photo : Lilian Bassman

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Attention : Développement ou Retouche ?

Par expérience, j'ai constaté que la très grande majorité des gens ne connaissent pas la différence entre Développement et Retouche. Je vous invite donc à lire ce texte : Quelle est la différence entre Développement et Retouche ?

 

Introduction

Le traitement (développement, retouche éventuelle et post-traitement de finalisation) fait partie de la technique du "labo numérique" (ou du labo argentique). Savoir post-traiter vos images est indispensable, et cela fait partie des choses qui vont vous distinguer. Mais attention, ne soyez pas naïfs au point de croire qu'un type de traitement, un type de retouche, un preset Lightroom ou une Action Photoshop suffiront à créer "votre style". C'est beaucoup plus complexe que cela. La retouche n'est pas obligatoire mais si elle existe, elle fait partie du traitement. En regardant votre Portfolio, on devra trouver une unité de style au niveau du traitement.

 

Personnalisez votre traitement.

En Photographie chimique, le photographe utilisait le choix du film, de la chimie, du papier comme des outils intervenant dans le rendu final. Ces choix influençaient l'aspect "plasticien" de la photographie, la "réponse" des contrastes, la tonalité et la restitution des couleurs, la sensation de "matière" associée à l'image elle-même. Au final, cette caractérisation allait influencer la réponse émotionnelle de la photographie, auprès du lecteur.

Telle qu'elle est délivrée par un boitier numérique (y compris pour un fichier RAW) et malgré un développement numérique personnalisé, l'image est totalement dépourvue de cet aspect plasticien. Cela a pour conséquence de donner des images au rendu complètement uniforme et identique, tous modèles et toutes marques confondues. En quelque sorte, cela revient à dire que - en terme de rendu - tous les photographes produisent tous les mêmes photos, quelque soit le matériel numérique utilisé.

 

Ceci va à l'encontre de la personnalisation du Style. Il est donc nécessaire de mettre en œuvre des moyens techniques pour contrebalancer l'uniformisation des rendus que nous a apporté le numérique. 
 

Je vous propose de lire ce tuto, qui va vous donner un point de vue exhaustif sur le sujet : Le rendu de la photo Numérique

 

Quelques exemples de rendus éclatants de maitres de la photographie.

  • Le "simple" rendu argentique, dans les portraits en noir et blancs dramatiques, directement inspirés des photographes américains de la Grande Dépression, mais aussi de l'expressionnisme Allemand des années 40 de Peter Lindbergh
  • La finesse des rendus à très courte profondeur de champ, alliés à la texture inimitable de la chambre photographique de Paolo Roversi : sensualité, gravité et mystère
  • Les noirs et blancs argentiques, dont le flou et le graphisme donnent une ambiance à la fois mystérieuse, sophistiquée et minimaliste de Lilian Bassman
  • Le romantisme, les flous évanescents, la dialectique colorée, le mystère de la peinture photographique de Sarah Moon

 

Photographie ou Visuel Pub ?

Je vais essayer de définir ce qui selon moi détermine la limite entre Photographie et Visuel Pub.

Je vais baser cette différenciation sur celle que l'on fait depuis longtemps en argentique et sur ce que font certains Maitres de la photographie.

  • Une photographie est une image non retouchée ou dont les retouches sont mineures (petits boutons, petits défauts, etc). On n'a pas touché à la surface de la peau et son aspect est exactement le même que dans la réalité. On obtient ici, ce qu'on aurait vu sur les tirages argentiques développés et tirés par son photographe de quartier.
     
  • Un visuel Pub est une image obtenue à partir d'une photographie. Mais l'infographie a tellement été poussée que la personne représentée ne ressemble pas aux êtres humains que nous croisons dans la rue : peau au grain parfait, formes du visage impeccablement galbées, etc. Le résultat est très esthétique, mais il ne s'agit plus d'une photographie. Nous avons à faire à un visuel infographique.
     
  • Les deux ont tout autant de valeur et selon moi, un photographe doit être capable de réaliser l'un comme l'autre.
  • Il n'y a aucun problème sur le fait de ne présenter que des visuels pub dans son portfolio. Et vous pouvez tout à fait baser votre style sur des photos de type "visuel pub"
     
  • Mais attention, vous devez être capable par ailleurs de réaliser des photos sans ce type de retouche poussée. Que se passera t'il si on vous demande un jour de réaliser des photos sans cette retouche de type "visuel" mais qu'en revanche, on exige un style marqué ?
     
  • Et le pire serait que la retouche vous serve à masquer des lacunes en tant que photographe. Vous devez être irréprochable au niveau de votre connaissance de la technique de prise de vues. A ce sujet, vous pouvez consulter ce tuto : Le rôle de la Technique dans le Style 
     
  • Attention au micro Dodge & Burn, au Split Frequency et d'une manière générale, aux techniques d'uniformisation. Utilisées sans discernement de style, elle vont rendre vos réalisations tout aussi uniformes que celle de votre voisin qui aura également utilisé ces techniques. Sur certains portfolios, la première chose que l'on se dit c'est "tiens il a utilisé du D&B". Or, c'est bel et bien l'image elle même qui devrait sauter au yeux. L'univers du photographe. La puissance du regard du mannequin. Pas les techniques utilisées en retouche !
     
  • Donc Si vous retouchez, la retouche doit être au service de votre style. Votre image doit communiquer avec force et faire oublier les techniques qui ont été utilisées pour la produire. Ce seul facteur est pour moi un indice important permettant de juger de la maturité d'un portfolio. Ne tombez pas dans le : "superbement réalisé, mais trop technique, ne communique rien qui surpasse la technique elle même"
     
  • Si vous regardez les images des 4 photographes donnés en exemple ci-dessus, vous aurez une parfaite illustration de comment le traitement se met au service du message (et non l'inverse)

Comment construire un shooting Mode ?

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Un shooting Mode est réalisé selon une série d'étapes précises dont la section "prise de vues" ne représente qu'une petite partie. La réussite du shooting dépend de l'intégralité des étapes et pas seulement de la prise de vues elle même. Dans les stages pratiques, nous apprenons la technique et l'artistique. Mais ces éléments fondamentaux ne suffiront pas à eux seuls, à assurer le bon déroulement de votre shooting.

 

On pourrait découper le déroulement complet de la manière suivante :

 

DIRECTION ARTISTIQUE : la Direction Artistique est l'entité qui assure la réalisation du shooting. Toutes les actions de direction, de conception, de réalisation se font sous sa direction. Le Directeur Artistique peut être celui du client, ou bien son rôle peut etre assuré par une autre personne. A minima c'est le photographe qui tiendra ce chapeau. Les éléments ci-dessous font partie des prérogatives de la DA

  • Moodboard et Brief
  • Stylisme : Les fonctions du Styliste seront adaptées au produit vendu par la marque. Il est évident que le Stylisme "Coiffure" n'est pas le même que le stylisme pour une marque de bijoux.
  • Recrutement de l'équipe (Photographe, Makeup Artist, Coiffeur, Styliste, etc). Si le shooting est réalisé pour un client, l'équipe sera en partie composée de membres du staff du client.
  • Logistique (lieux, accessoires, repérages, catering, etc)
  • Casting
  • Choix de la lumière (ou contrôle que la lumière réalisée par le photographe, soit bien en adéquation avec le brief)
  • Contrôle des vues pendant le shooting
  • Instructions pour le développement numérique
  • Editing
  • Instructions pour la retouche

MOODBOARD : Un moodbord ("tableau d'humeur" ou "planche de tendance") est un outil destiné à conceptualiser et communiquer l'idée et l'ambiance de ce que l'on va réaliser. Il peut se composer de textes, d'images, de séquences vidéos, de matières (tissus, bois, textures) ou de tout élément qui peut servir à faire comprendre ce que l'on veut réaliser. Un moodboard peut également contenir des images d'inspiration qui peuvent servir de référence, en tout ou partie. Si vous ne vous servez que que d'images d'inspiration, vous utilisez un "moodboard" réduit à sa plus simple expression.

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BRIEF : Comme son nom l'indique, un brief est destiné à briefer l'équipe sur le projet à réaliser, sous la forme d'une breve explication (textuelle et/ou verbale). En cas de probleme lors d'une des étapes de réalisation, la solution consiste à se référer et à se recentrer sur le brief. Briefer le mannequin par exemple, sera très utile pour lui donner une bonne idée de ce que l'on veut réaliser et sur quel mood.

 

CASTING : Le ou les mannequins ou modèles sont choisis pour "coller" au mood et au brief. On caste toujours pour un projet. On n'adapte jamais un projet pour un mannequin, sauf bien sur si c'est le modèle qui est l'objet du shooting et non le produit.

 

MISE EN LUMIERE : La lumière produite pour éclairer la scène devra traduire au mieux le "mood" exprimé aux étapes précédentes. Pour cela on utilisera les outils à notre disposition : choix du type de lumière (dureté, ombres, angles, etc), choix du modeleur, nombre de sources, etc.

 

SHOOTING : Votre shooting doit aller à l'essentiel : réaliser les vues nécessaires à la réalisation du projet et uniquement celles là, conformémement au brief. 

 

DEVELOPPEMENT NUMERIQUE : En dehors de l'aspect technique permettant l'obtention de photos correctement développées, le développement numérique doit refléter le brief, au niveau artistique. Vous devez donc maitriser le fait de savoir retranscrire un certain "mood" (une certaine émotion, ambiance)

 

EDITING : L'editing (le choix des images) est une étape cruciale. Un mauvais choix peut mettre tout votre travail par terre. L'editing doit servir le projet et pas uniquement le photographe, le coiffeur ou le maquilleur.

 

Même si vous êtes photographe amateur, travailler selon ce plan vous permettra de produire de meilleures images. Ce n'est pas par hasard si les professionnels procèdent de la sorte.

Le rôle de la Technique dans le Style

N°02 de la Série "Votre Style Photographique"

18/11/2015

Photos : Behind The Scene Peter Lindbergh

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Le succes en photographie, et plus particulièrement pour le portrait, dépend de la capacité de saisir ces instants supprèmes qui passent en une fraction de seconde, sans jamais se répéter – de sorte que la lumière, l'équilibre, l'expression – doivent être vus, ressentis pour ainsi dire – en un éclair, la mécanique et la technique étant si parfaitement maîtrisées qu'elles deviennent automatiques.

-- Edward Weston

Ne plus y penser

La technique est primordiale, même si elle ne suffit pas. Lorsque l'on possède les techniques photographiques sur le bout des doigts, on n'a plus besoin d'y penser lorsqu'on les applique. De la même manière que lorsqu'on fait du vélo, on ne réfléchit pas à ce que nos bras, nos mains et nos jambes font, on peut maitriser les commandes et l'usage de son materiel de manière totalement instinctive.

 

Quelques éléments techniques qui peuvent caractériser le style

Nous pouvons recenser quelques élements techniques qui pourront donner une "patte" à vos images :

 

Cadrage et combinaisons de cadrage

Vous pouvez cadrer au centre, "couper" le haut de la tête, utiliser systématiquement un tiers de l'image pour placer votre personnage, etc.
Vous pouvez également utiliser des combinaisons de cadrages : un plan américain, combiné à une photo en pied, ou à un portrait épaules.
La rigueur des cadrages permettra de donner une unité de style.


Choix des distances et des focales

Les distances (et le choix des focales qui en découle), les angles de champ ainsi que les déformations et distortions utilisées en toute connaissance de cause, peuvent donner une signature visuelle et dynamique a vos images


Lumière

Si vous utilisez un flash de studio, vous pourrez donner une "signature lumineuse" en choisissant un "gimmick" (une manière de disposer vos éclairages, commune à toutes vos mises en lumière) pour vous caractériser. Il n'est en général pas nécessaire de "chercher" votre signature. Elle se dessinera d'elle même au fur et à mesure de votre pratique. 
En lumière naturelle, vous pourrez également utiliser des techniques afin de caractériser votre lumière. Exemple : la "tente noire" de Peter Lindbergh

Les deux types de retouche

Dans la photographie d'aujourd'hui, et pour faire suite au texte "Les chapeaux du photographe Moderne", il semble se détacher deux types de retouche, à la disposition du photographe : 

  • La retouche de type "Photographe" 

  • La retouche de type "Retoucheur" 

Et bien évidemment, il ne faut pas oublier le fait qu'on peut tres bien réaliser une image sans absolument aucune retouche, comme c'etait le cas de 99,99% des images argentiques réalisées dans le monde.

 

La retouche de type "Photographe"

Cette retouche sert à finaliser la photographie en enlevant ou en modifiant des éléments mineurs : petits boutons ou autres petits défauts de ce type. On ne touchera pas a la texture de la peau, ou alors sur des parties mineures. L'esprit "photo" de l'image est conservé et on n'a pas l'impression d'une photo "infographiée". Autrefois, la retouche était réalisée au pinceau et a l'aérographe, directement sur le tirage. On pourrait dire que la retouche "Photographe" est l'équivalent de cette retouche faite au pinceau et au gris-film*. Lorsqu'on regarde une photo retouchée de la sorte, on ne peut pas deviner qu'il y a eu retouche, car elle ne se voit pas.

 

*Gris Film Pébéo : Peinture grise destinée à être appliquée au pinceau, directement sur l'émulsion (film, diapo ou tirage). Colorant renforçateur gris neutre. Convient pour la retouche ou la repique de tous types d'émulsions photographiques. Ne laisse aucune trace en surface sur les photographies. Miscible avec tous les autres renforçateurs Diapocolor Pébéo. Utilisable en aérographe.

La retouche de type "retoucheur"

Un retoucheur professionnel n'est pas un photographe, mais un infographiste, (même si — par ailleurs — certains retoucheurs sont également photographes).

 

Son rôle est, entre autres, de donner aux images qu'on lui confie, une apparence de "visuel pub", c'est à dire une image infographiée sur la base d'une photo numérique.

 

La photo de Beauté (produits cosmétiques) est très demandeuse de ce genre de visuels. Là, on ne recherche pas de conformité avec la photo d'origine. En revanche, le retoucheur devra réaliser un visuel en conformité avec les attentes du client : une image "parfaite", sans imperfections.

 

Le résultat demandé sera totalement variable dans sa teneur, mais tendra en général vers quelque chose dont l'esthétique ne se situera plus dans la ressemblance avec une personne humaine, mais plutot dans la perfection absolue, destinée à incarner le produit que le visuel va promouvoir.

 

Lorsqu'on regarde une photo retouchée de la sorte, on sait qu'il y a eu retouche. J'estime qu'une telle retouche est réussie, lorsque le spectateur "donne son accord". Le spectateur sait que le sujet "n'est pas humain", mais accepte volontiers la transformation car elle lui apporte des sensations nouvelles, différentes de celles que l'on ressent lorsqu'on regarde un portrait "naturel"

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Une retouche de type "Retoucheur" réalisée par une retoucheuse pro. Malgré la retouche manifeste, nous avons essayé de garder un coté relativement "naturel" à l'image

Pas de retouche

Les images ci-dessous ont subi un simple développement dans Lightroom (ou autre développeur RAW). Pas de passage dans Photoshop. La photo est publiable telle-quelle.

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Cette image n'a pas été retouchée (pas de passage dans Photoshop). Elle a simplement été développée dans Lightroom.

B8439065_lisatest__1500_31_07_15

Cette image n'a pas été retouchée (pasde passage dans Photoshop). Elle a simplement été développée dans Lightroom.
Elle a toutefois été publiée en presse

Conclusion

Ces deux types de retouche ne sont pas destinées à produire le même résulat. Le premier est l'outil du photographe. le deuxième l'outil du publicitaire, commanditaire du visuel

 

Un photographe doit etre capable de finaliser ses propres images par une retouche légère de type "Photographe", si celle-ci s'impose, bien évidemment

 

Il n'est par contre pas tenu de connaitre la retouche de type "Retoucheur". Mais rien ne l'empèche bien sûr, d'apprendre cette retouche "Retoucheur" s'il en a envie et s'il désire maitriser toute la chaine de production. Mais il prend alors le rôle du retoucheur et non plus celui du photographe

Sachez toutefois que à haut niveau, la plupart des photographes beauté ne retouchent pas ou ne retouchent pas tout le temps. En fait, le client lui-même peut décider quel retoucheur ou agence de retouche effectuera la travail, afin de conserver une ligne éditoriale cohérente en ayant la main sur le travail de "photofinish"

En Mode et Beauté, la plus grande agence de Photofinish est probablement celle de Pascal Dangin : "Box", à New York.

Il existe également de nombreux retoucheurs freelance qui prennent en charge les fichiers des photographes Mode et Beauté. Ne vous laissez pas abuser par des retouches semblant flatteuses. Seule la liste de leurs clients donne une idée de la qualité du travail qu'ils effectuent, par la confiance qui leur est accordée.

On peut citer par exemple :
Natalia Taffarel [Us]
Amy Dresser qui est entre autres la retoucheuse de Jill Greenberg [Us]
Stéphanie - Alimage [Fr]

Ludovic Taillandier - SkinUp [Fr]

Un portrait n’est jamais la personne - Peter Lindbergh

Interview de Peter Lindbergh pour le magazine Victoire by Gilles Bechet, 2013

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Il est à l’origine du phénomène « super-modèles » qui a affolé la planète mode pendant quelques années. Pourtant, à l’entendre, il a simplement réalisé des portraits de femmes comme il les aime. Reconnu comme un des plus grands photographes et portraitistes, Peter Lindbergh est loin d’avoir rangé ses objectifs.

 

Vous avez longtemps privilégié le noir et blanc, pourquoi ?

Pour faire court, je trouve ça beau. Sur les portraits en noir et blanc, la peau a un éclat différent. C’est comme si la lumière traversait la peau, alors qu’avec la couleur, elle reste en surface. Je trouve aussi que le noir et blanc est plus intense. Je pense que ça vient de tous ces photographes américains comme Walker Evans ou Dorothea Lange qui, à l ’époque de la Grande Dépression, ont fait des reportages pour le gouvernement. J’ai grandi dans cette école de photographie où les images abordaient des enjeux sociaux sans se cacher. Pour moi, le noir et blanc était synonyme de réalité. C’est bien sûr un point de vue, car on peut faire de merveilleux portraits en couleur. Et on peut aussi dire que le noir et blanc est une manière de se distancier de la réalité avec un point de vue plus artistique.

 

Pensez-vous qu’une image révèle le modèle ou le transforme dans une sorte d’alchimie ?

C’est une question à laquelle je pense souvent. Presque toutes mes photos sont des portraits. Quand j’ai le modèle en face de moi, je n’ai pas l ’ impression de photographier les vêtements. Ils n’ont en soi pas beaucoup d’ intérêt, même si j’ai le plus grand respect pour les stylistes. Pour moi, les vêtements sont simplement une étape pour arriver à exprimer ce que je veux. Quand on dit d’un portrait : C’est tout à fait lui ou tout à fait elle, c’est ridicule. Un portrait n’est jamais la personne. Sur une autre photo, on va avoir quelqu’un d’autre. Ce que vous saisissez, je pense, c’est la relation avec la personne que vous photographiez. C’est un échange et c’est ce qui se retrouve sur l ’ image.

 

À vos débuts, on vous a crédité d’un style expressionniste, est-ce lié à vos origines, à votre enfance en Allemagne dans les années 40 ?

Je viens de Duisburg, qui est probablement la ville la plus laide d’Allemagne et, même sans doute du monde. Tout y est gris, tout est totalement industriel. Il s’en dégage malgré tout une certaine beauté que je suis apparemment le seul à voir. Devant ce genre de paysages, j’ai toujours le coeur qui bat plus vite. Chaque fois que des amis veulent venir voir d’où je viens, je les emmène faire un tour en voiture. Alors que je m’enthousiasme pour tous ces paysages industriels, je les vois plutôt incrédules ou dubitatifs.

 

Vous n’avez jamais voulu vous revendiquer comme photographe de mode. Pourtant, vous êtes à l ’origine du phénomène des « supermodèles »…

Quand on me demande d’où vient mon inspiration, je réponds d’un peu partout, sauf des magazines de mode. C’est ce qu’en font la plupart des photographes, ce qui veut dire qu’ il n’y a plus d’originalité et que la plupart des images se ressemblent.

Je n’ai pas voulu être photographe pour fournir des images ou pour vendre des vêtements. Ce qui est le plus important à mes yeux, c’est de contribuer à définir ce qu’est la femme aujourd’hui. C’est ça mon boulot. Dans les années 80, je travaillais beaucoup en Europe, j’ai eu plusieurs demandes du « Vogue » américain, que je refusais systématiquement. Ils ne comprenaient pas pourquoi. J’ai f ini par aller à New York pour expliquer que les femmes qu’on voyait dans le magazine à cette époque, apprêtées, maquillées représentaient tout ce que je n’aimais pas. Alexander Liberman, qui était directeur de Condé Nast, m’a pris au mot : Allez où vous voulez et montrez-moi votre type de femmes. J’ai été sur la plage à Los Angeles avec quelques mannequins inconnus. Il y avait déjà Linda Evangelista, Christy Turlington et Tatjana Patitz. On a fait des images très simplement. J’en étais très content. Quand il a vu mes photos, Liberman s’est gratté la tête, m’a dit : Merci jeune homme. Au revoir ! Six mois plus tard, Anna Wintour a repris le magazine. Elle a vu les photos qui correspondaient exactement à ce qu’elle voulait faire.

 

Mais cette révolution n’a pas duré ?

En quelques années, on en a fait les dix visages qui faisaient la loi dans les magazines. Et ces dix visages ont été corrompus par l ’ industrie de la mode et des cosmétiques à coups de contrats de 50 millions de dollars. On les a vues avec plusde maquillage, plus de bracelets en or et pour f inir, elles ressemblaient exactement aux femmes qui étaient là avant elles. Elles avaient perdu toute leur fraîcheur et leur indépendance.

 

Vous venez de réaliser une campagne avec Cate Blanchett pour Silhouette. Cela représentet- il un défi particulier de faire le portrait de quelqu’un avec des lunettes ?

C’est un élément qui s’ajoute sur le visage et peut transformer l’expression, la rendre plus sévère. Pour faire une bonne photo, il faut s’en détacher, créer une ambiance agréable et puis vient le moment où quand vous voyez les lunettes, elles ne veulent plus rien dire. Vous ne photographiez plus la réalité mais la relation et, du coup, vous ne voyez plus les lunettes comme quelqu’un d’autre les verrait. Et c’est là que ça devient intéressant.

 

On vous présente comme une icône de la photo, quelles sont les personnes qui, pour vous, sont des icônes ?

La femme qui travaille chez moi. Ma femme de ménage est une icône. Elle ne demande jamais rien. Elle travaille dur et c’est une personne merveilleuse. Elle travaille cinq fois plus vite que n’ importe qui avant elle et elle adore mes gosses. J’aurais tendance à choisir des gens normaux comme icônes. J’ai rencontré pas mal d’ icônes. Certaines d’entre elles étaient exceptionnelles, d’autres ne l’étaient pas. Je suis un peu fatigué de l’« icônisation » systématique des célébrités. Mais Cate Blanchett, pour ne citer qu’elle, est une personne vraiment merveilleuse. Kate Winslet également mais, à côté d’elles, il y a aussi de nombreuses stars hollywoodiennes qu’on ne voit jamais sans leur agent et leur secrétaire particulier. Dès qu’on leur adresse la parole, elles doivent regarder vers quelqu’un d’autre pour guetter une réponse. Les personnes remarquables sont généralement modestes.

 

Avez-vous une méthode pour créer une bonne relation avec les modèles ?

Il faut qu’ ils se sentent à l ’aise. Pour cela il n’y a pas de « trucs » sinon qu’ il faut aimer les gens. Vous êtes différent chaque jour. Il ne faut pas tricher, simplement rester soi-même. Certains jours, c’est plus diff icile. Mais quand le modèle se sent bien, il ne fait rien, il n’essaie rien et révèlera un peu de lui-même.

 

Quelle est la chose la moins conventionnelle que vous avez faite en photo ?

Chaque jour, il faut essayer d’être différent et non conventionnel. Surtout quand on prépare les choses à l ’avance, il faut avoir le courage d’agir complètement différemment. C’est très important, vous faites des photos sur le moment même pas trois semaines avant. La chose la moins conventionnelle à faire, c’est de ne pas respecter ce qui a été prévu. Cela demande de se sentir à l ’aise, j’y arrive seulement depuis quelques années. Je n’aurais pas pu travailler comme ça à 25 ans. Il faut être sûr de soi et travailler avec des gens qui vous font confiance.

 

Pensez-vous qu’on puisse connaître une nouvelle époque des super-modèles ?

Je ne crois pas. Cela a correspondu à un moment où l’ image de la femme dans la photographie de mode a été complètement chamboulée. Ce n’était pas uniquement dû aux modèles qui, bien sûr, étaient très belles mais à ce qu’elles véhiculaient. Aujourd’hui, il n’y aurait rien d’exceptionnel à prendre cinq ou dix mannequins inconnues. On peut le faire à tout moment. Régulièrement, des nouveaux mannequins apparaissent mais elles ne représentent rien de fondamentalement différent de tout ce qui a été vu auparavant. Mais ça pourrait encore arriver, pourquoi pas ? Si on rassemble cinq mannequins et qu’on leur trouve quelque chose comme les cinq visages les plus romantiques sortis d’un f ilm de Tarkovski, par exemple, et qu’elles changent notre appréciation de la beauté avec des visages que l’on n’aurait jamais vus auparavant. Ça se pourrait…

5 Key Steps to Defining Your Personal Photographic Style

March 19, 2013 by Jason D. Little

Create your own visual style…let it be unique for yourself and yet identifiable for others

 — Orson Welles.

While the visual style Welles was referring to was probably in the context of his work as a motion picture director, his words bear just as much relevance for photographers. Sooner or later we all will need to make a substantial proclamation of what we are all about as photographers. Naturally, most of us embark upon this journey through photography shooting anything and everything that catches the eye; we haven’t yet mastered any specific technique, neither have we pinned down a specific area of focus.

 

As novices we are also generalists. Of course, there is nothing wrong with having a wide range of interests and shooting diverse subjects; this could surely be considered a strength. But it is also important to be able to determine, in very specific terms, what kind of photographer you are — or, at least, aspire to be. How do you create a body of work that honestly reflects the way you see the world around you?


1. Self-analyze. This may seem obvious or overly simplistic, but I fear that a significant number of photographers might not spend enough time in introspection. You have to know what you like and even what you don’t like. What motivates and moves you? What are you inspired by? Why do you do photography in the first place? These are questions that may not have easy answers, but they are questions from which you can extract invaluable insights if you spend some time contemplating them.

 

2. Choose a subject. But don’t pick just any subject, choose something you are passionate about. Now you can see why the previous step is so vital in this process: it’s extremely difficult — if not impossible — to be passionate about photographing something you have no interest in. Henri Cartier-Bresson once lamented, “People don’t watch enough. They think. It’s not the same thing.” The key is to use your eyes; just see, explore, observe. Don’t over think things. Once you know what you really want to be shooting, devote the bulk of your time and energy to capturing that in such a manner that reveals how you feel about your subject; allow your passion to shine through.

 

3. Learn from the masters. You don’t need to enroll in a formal course or hunt down a famous photographer and beg them to take you on as an apprentice. Learning from the masters is as simple as picking up a book of their work and studying the variety of ways in which they use light and angles, how they frame their subjects, and all the other elements that make a great photo — or, perhaps more important, the elements that make their photos great. Remember, though, that the goal is not to imitate the style of others; you should use photographs you admire as a source of inspiration and encouragement. Recognize the stylistic consistency across a great photographer’s work and strive for the same consistency in your own.

 

4. Experiment. Great achievements quite often come at the end of a long, arduous, often discouraging sequence of trial and error. But the only way you are going to be able to even begin refining your style is by trying new things and deciding what works for you and what doesn’t. Whether it pertains to composition or lighting or post processing techniques, dare to experiment. Once you’ve arrived at something you think you may like, mull it over for a day or two; revisit what you have created, look at it and think about it critically. Ask yourself if what you have before you represents you. Don’t lock yourself into anything yet. We’re talking digital, so you’re free to tweak here and there or start from scratch as many times as you need until you find exactly what you want.

 

5. Synthesize. Your style is your unique way of seeing things. This involves more than simply choosing a subject, more than just declaring your personal preferences, more than devising a cool post processing recipe. Your personal style as a photographer is not established as a function of a singularity, but is the culmination of many deliberate choices. Equipment, subject, composition; whether you shoot handheld or use a tripod, whether you shoot spontaneously or plan in advance. Even factors that you don’t have much control over, such as your background and life experiences, may play a part in determining your personal style. Your aim is to cobble these things together in a synergistic way and fine tune them to perfection. Whatever your version of perfection is.

 

Defining one’s unique photographic style isn’t something that’s reserved strictly for professionals; any photographer can benefit from going through the paces of learning to infuse your personality into your work and so that it reflects not only your vision but your heart as well.

Les phases de l'apprentissage...

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J'ai pu observer et isoler différentes phases par lesquelles nous passons tous, de manière consciente ou non, lorsque nous entreprenons l'apprentissage de quelque chose.


La Phase de "Localisation des données"

Pour pouvoir apprendre une chose, il faut trouver une source d'information. Cette donnée peut provenir d'un livre, d'une communication orale ou de n'importe quel autre type de communication écrite, orale ou visuelle. Méfiez vous de l'internet et notamment des tutos, particulièrement en vidéo. Les tutos de qualité sont rarissimes et ils sont payants la plupart du temps. Réaliser un tuto consiste à enseigner. Or enseigner est un métier...
Les sources de données les plus insidieuses sont les tutoriels réalisés "de bonne volonté" par l'auteur, mais qui contiennent des faussetés, des inexactitudes, des contresens, des confusions, dissimulées ou non. Je vous conseille donc de vous diriger vers des livres ou des dictionnaires papier (ou la version online d'un dictionnaire papier, tel que l'excellent Merriam Webster), si possible anciens, et datant de la période précédant celle du numérique. En effet, les livres sont en général écrits par des gens compétents, ont été vérifiés plusieurs fois par l'éditeur et ont pu être corrigés d'éventuelles coquilles même après leur parution initiale. Je vous recommande particulièrement les ouvrages de John Hedgecoe.

 

L'estimation de validité des données

C'est le point noir de l'auto-apprentissage et du mauvais enseignement : il est parfois très difficile de savoir si une donnée est correcte, pour la simple et bonne raison que justement, on ne sait pas !
De manière malveillante ou par simple négligence... ou bêtise, un apprenti peut être l'objet d'une manipulation sur les données : on peut très facilement manipuler un novice qui par essence, ne sait pas...
Le meilleur conseil que je puisse vous donner là encore, c'est de vous référer aux livres, tels que décrits ci-dessus. Les livres mentent rarement. Les formateurs peuvent mentir par négligence, inconscience, fainéantise ou plus rarement par malveillance.


La Phase de "Duplication d'un autre"

Une fois la donnée localisée, la phase suivante consiste à "faire un double exact" de ce qu'on vous présente. On ne peut pas comprendre quelque chose sans préalablement avoir "acquis" cette chose, sans altération. Le mime et le mimétisme font partie de cette phase. La phase de "duplication d'un autre" est particulièrement facile a observer chez un enfant, en ce qui concerne l'apprentissage de la vie. Mais toute personne, adulte ou enfant, passe par cette phase de duplication de l'autre lorsqu’il s'agit d'apprendre un sujet, quel qu'il soit.
Note : La duplication vient AVANT la compréhension. La duplication n'implique pas forcément la compréhension immédiate.

 

La phase de "Copie / Inspiration"

La phase de "copie / inspiration" est celle dans laquelle on va s'inspirer d'un modèle pour tenter de reproduire la même chose. Bien évidemment, avant d’être capable de copier quelque chose il faut l'avoir dupliquée, afin de comprendre l’intention de l'auteur. Cette phase est importante car elle va vous permettre de vous rapprocher des standards. Elle va vous permettre de comprendre et de réaliser ce que vous être censés faire, d'évaluer ce que vous devez mettre en oeuvre pour faire ce que l'on attend de vous : copiez avec allégresse !

 

Cette phase est parfois négligée, et c'est comme cela que l'on voit des gens réaliser "des photos de mode" qui ne ressemblent en rien — même de très loin — à des photos de mode : l'auteur de la photo ne s'est tout simplement pas informé de ce qu'il est censé produire, pour que ça ressemble à "de la photo de mode".

Si on vous dit "ça ressemble à" ou "c'est pas très original' vous êtes probablement dans cette phase.  Ne vous arrêtez surtout pas ! Continuez simplement à "copier" jusqu'à ce que vous vous sentiez à l'aise dans le fait de "copier" un autre. Ne cherchez pas à vous justifier face à certaines remarques. Il s'agit de votre propre progression, faites là pour vous et non pour donner satisfaction aux autres.

 

La Phase de "duplication de soi-même" : la clé du professionalisme

Un professionnel doit être capable de réaliser quelque chose "sans y penser". Et la seule solution pour y parvenir est de "s'entrainer, s'entrainer, s'entrainer, s'entrainer, s'entrainer, encore et encore".

 

Si on vous dit "tu fais tout le temps la même chose" vous êtes probablement dans cette phase. Là encore, ne vous arrêtez pas et n'écoutez pas les commentaires aigris ou jaloux. Plus vous serez capable "de vous copier vous-même" et plus vous maitriserez ce que vous faites. Si on vous dissuade de le faire ou si on vous critique parce que vous le faites, alors redoublez d'efforts et refaites le, encore et encore : vous êtes sur la bonne voie !

 

Un professionnel doit être capable de reproduire à la perfection, quelque chose qu'il a déjà fait auparavant, avec la même qualité et la même maitrise que les fois précédentes.

 

Un client vous dira : "j'aimerais bien une photo dans ce style" (en vous montrant une de vos photos sur votre site) : vous devrez être capable de "vous copier" sans faillir. Imaginez sa déception s'il s'aperçoit que votre premier essai était en fait "un coup de chance"...

 

Ne négligez pas l'importance de cette phase

 

La Phase "suivre son instinct" : La phase qui va permettre de créer son propre style

Ne négligez pas de suivre votre instinct. La créativité peut être générée par un ensemble de choses diverses telles qu'une idée, une pensée, un impulsion d'énergie spirituelle, une influence culturelle, un évènement marquant, une source en rapport direct avec la photographie... ou non.

 

Pour vous exprimer, vous allez utiliser votre technique, mêlée aux émotions, reçues et transmises. Vous allez utiliser également votre background culturel et votre parcours de vie.

 

C'est pour cette raison qu'un style est spécifique à chaque personne : nous avons tous un parcours qui nous est spécifique. C'est aussi ce qui crée nos différences.

 

Vous ne faites pas une photographie simplement avec un appareil photo. Vous apportez à l'acte de photographie toutes les images que vous avez vues, les livres que vous avez lus, la musique que vous avez écoutée, les gens que vous avez aimé.

— Ansel Adams

 

C'est également lors de cette phase que se produit une chose très importante : la genèse de votre propre style. Au fur et à mesure que vous progresserez (tout au long de votre vie), vous introduirez dans votre savoir faire ces "petits trucs" qui vous sont spécifiques, tant dans la manière de faire techniquement, que dans les "ingrédients" artistiques.

 

Cette phase concerne autant les aspects purement techniques (votre savoir-faire, votre manière de faire) que l'aspect artistique et émotionnel (votre manière d'être et de vous exprimer au travers de votre art). Attention, l'un ne va pas sans l'autre. Ces deux ingrédients sont concourants (ils s'allient pour parvenir au résultat) et non concurrents (ils ne sont pas opposés).

 

Si on vous dissuade de continuer à suivre votre instinct, c'est que vous êtes sur la bonne voie. La nature humaine se trouve constamment dans un dilemme : son désir de singularité (je veux être unique) et la peur inconsciente d'être différent (si ce gars crée quelque chose qui lui est propre, je vais être "en danger"). Il est donc normal d'etre la cible d'attaques dès que votre style s'affirme et que votre singularité apparait. Votre style et votre désir de vous affirmer "dérange". Ego (l'autre) tente de combattre Ego (vous)

 

Dans la mode, on sait qu'on a réussi quand on dérange un peu les gens

— Coco Chanel

 

Attention : ne prenez pas un travail bâclé et un total manque de technique et de culture pour "de la singularité". Cette phase d'affirmation du style vient bien après les autres et non au début du processus d'apprentissage (même si bien évidemment on peut en ressentir les prémisses tout au long du processus)

 

Les plus grandes œuvres ont été construites sur une solide base technique et culturelle.

 

Observez la vie des artistes et des destins artistiques hors du commun. Ils ne réussissent jamais par hasard.

 

La phase "Se tourner vers de nouvelles données"

Lorsque vous aurez atteint "la phase instinctive" sur une portion de données, pour pourrez recommencer tout le processus d'apprentissage sur une toute nouvelle donnée que vous n'avez pas encore abordée ou que vous désirez approfondir. Recommencez donc à la phase "Localisation des données" pour cette nouvelle portion de données.

 

La Phase "simplifier"

Au fur et à mesure que vous allez utiliser un élément technique ou artistique, vous remarquerez que vous allez finir par le synthétiser, le simplifier. En faire une version "courte" ou "simplifiée" qui, tout en lui gardant son efficacité, vous rendra la chose plus simple à réaliser. Les pros "font simple". Ils maitrisent les choses et ils les font plus rapidement, plus simplement et plus efficacement. Attention, "simplifier" ne signifie pas "bâcler".

 

La phase de simplification est une des plus dures a réaliser. Si on vous reproche "de faire trop simple", vous êtes probablement entré dans cette phase.

 

En fin de compte, dans tout art, le but, c'est la simplicité. Et arriver à cette simplicité est une des choses les plus difficiles à réaliser. Mais c'est certainement une des choses les plus essentielles.

-- Pete Turner

 

Comment s'articulent les phases ?

Les phases se déroulent les unes après les autres. Pour un sujet donné on se trouve en principe dans une seule phase ou dans une période de chevauchement de deux phases.

mais lorsqu'on aborde plusieurs choses en même temps, on peut se trouver simultanément dans plusieurs phases. A chaque corps de données sa propre phase. Apprenez à identifier dans quelle phase vous vous trouvez.


Ne pas rester "coincé" dans une phase.

Chaque phase doit "faire son chemin". Cependant, vous ne devez pas demeurer éternellement dans une même phase. Pour en sortir, identifiez la phase dans laquelle vous êtes et entreprenez la phase suivante.

 

La jalousie.

Durant une ou plusieurs phases, vous serez normalement victime de la jalousie de certains esprits chagrins. La réussite, aussi petite soit-elle, et même une simple progression, semble engendrer chez certains de nos congénères, des réactions épidermiques dues à "la différence", à l'envie et à la frustration. Prenez ces manifestations comme un atout : si on vous jalouse, c'est qu'il y à matière à jalousie. Vous êtes en train de progresser, continuez.

Edito : Soyez professionnel

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Edito : Humeur à propos du culte de la médiocrité
 

Le laxisme, la fainéantise et la facilité semblent prendre le pas sur le sérieux avec lequel on est censé aborder une formation, même en tant qu'amateur.

Il y a pire : si vous essayez de faire comprendre aux autres que pour devenir bon, il faut travailler et être exigeant, on risque de vous taxer "d'élitiste" ou de "faisant partie du système". Le maitre mot semble être : "soyez médiocres, sinon vous vous ferez tirer dessus".

En dehors de son intéressant aspect sociologique, ce genre de comportement risque de mettre des bâtons dans les roues de ceux qui veulent réellement apprendre.

La bonne solution est donc dêtre "professionnel" dans sa manière d'aborder sa formation, que l'on soit photographe pro ou amateur. "Professionnel" au sens "serieux" du terme.


Le dictionnaire Merriam Webster nous dit : 
 

1. c (1) : characterized by or conforming to the technical or ethical standards of a profession

3 : following a line of conduct as though it were a profession


1 c 1 : Qui est caractérisé ou qui se conforme aux standards éthiques d'une profession

3 : Qui suit une ligne de conduite tout comme si c'etait une profession

 

— Merriam Webster Dictionnary

 

Je pense que beaucoup de personnes limitent sa définition à "qui est de métier".

 

La définition qui se cantonne au "statut" est tellement incomplète qu'elle en devient inexacte.

 

Soit dit en passant, n'utilisez pas de dictionnaires trop petits (si vous en utilisez) car ils sont incomplets et n'acceptez pas naivement les "définitions" que vous voyez sur le Net

 

On peut exercer une activité sans que ca soit notre métier et toutefois être PROFESSIONNEL dans la manière de la pratiquer.

 

A l'inverse, on peut être du métier, et agir de manière NON PROFESSIONNELLE. Un Plombier qui bâcle un travail sur un chantier est "de profession", mais aura agi de manière "non pro" en faisant son boulot.

 

En ce sens, être photographe "professionnel" n'a rien à voir avec le fait de posséder un N° de Siret. 

 

Remarque : l'inverse de "professionnel" n'est pas "amateur" mais "dilettante". En voici la définition donnée par le dictionnaire Webster :

dil·et·tante : a person whose interest in an art or in an area of knowledge is not very deep or seriousN'écoutez pas les ragots et les confusions des gens sur les forums et groupes. Ces confusions sont très nombreuses. Consultez un DICTIONNAIRE ou un LIVRE DE COURS PHOTO datant de l'avant numérique, écrit par une personne crédible (comme Jogh Edgecoe ou René Bouillot)

 

Si vous ne vous instruisez pas, vous devenez manipulables. Si vous connaissez les choses, il sera très difficile de vous manipuler.

 

Un Professionnel est une personne dont l'intérêt dans son art ou dans sa sphère de connaissances est très poussé et très sérieux. Un dilettante est tout l'inverse.


Soyez PROFESSIONNEL et non pas DILETTANTE. Soyez exigeant avec vous mêmes. Remettez cent fois l'ouvrage sur le métier. Entrainez-vous, et au fur et a mesure que votre niveau augmente, entrainez-vous plus encore. Cultivez-vous dans votre discipline et dans les disciplines connectées à la votre. Soyez exigeant avec les autres, comme vous l'êtes avec vous même.

Et surtout, n'écoutez pas les dilettante, les esprits négatifs, les oiseaux de mauvais augure, et les adeptes du culte de la médiocrité. Ils n'ont qu'un seul objectif : vous faire descendre aussi bas qu'ils le sont eux-mêmes.
Ils sont faciles a reconnaitre. Ils prônent le fait de ne pas se cultiver, de ne pas apprendre de technique, de ne pas respecter les rêgles (règles qu'ils ne connaissent pas eux-mêmes) et tentent de s'attaquer à tous ceux qui — d'une manière ou d'une autre — se décaracassent pour essayer d'apprendre et/ou pour essayer d'apprendre aux autres.

 

Ces remarques sont générales, et ne se limitent ni a ce propos, ni même a la photographie.

Photographiez ce que vous avez devant les yeux...

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"Mettre en valeur" : 

 

J'ai vu assez souvent apparaitre chez les photographes, cette notion de "mettre en valeur" : 

  • "Tu as mis le sujet principal en valeur" 

  • Le modèle est bien "mis en valeur" 

  • Je voulais "mettre en valeur la chevelure"

  • etc

Je ne pense pas que le rôle du photographe soit "de mettre en valeur" un portion spécifique, mais plutôt de mettre en image une scène globale. Voir les choses ainsi peut changer considérablement la manière d'éclairer ou de composer une image.

 

Si l'on ressent le besoin de devoir isoler un point ou une partie de l'image d'une manière autre que par la simple composition, c'est que quelque chose ne va pas dans la composition de l'image

 

Si l'on ressent le besoin de devoir éclairer une partie de la scène, au détriment de la mise en lumière générale, dans le but de "mettre en valeur' cette partie, quelque chose de va pas dans la compréhension de la lumière en photographie.

En effet c'est justement grace à la composition que l'on met l'accent, que l'on raconte, etc... La composition est en elle même un mode de narration.

 

J'ai remarqué que les excellents photographes "Photographient ce qu'ils ont devant les yeux". Ils utilisent un outil que nous sommes tous censés posséder : la composition d'image

 

Photographiez ce que vous avez sous les yeux

 

La photographie est un témoignage. La photographie est une opinion. Réaliser une photo, qu'elle soit spontanée ou préparée, c'est donner son opinion sur ce que l'on a devant les yeux.

Et selon moi, un bon photographe à de bonnes aptitudes à "photographier ce qu'il a devant les yeux" sans avoir besoin de davantage d'artifices (notamment en utilisant un post-traitement exagéré dans le but de compenser un "manque" à la prise de vues) pour que la photo "parle" et transmette par elle même, ce que le photographe "avait devant les yeux" au moment de la prise de vues et la la façon dont il l'a traduit sous forme photographique

 

A photograph is not created by a photographer. What they do is just open a little window and capture it. The world then writes itself on the film. The act of the photographer is closer to reading than it is to writing. They are the readers of the world

[Une photographie n'est pas créée par un photographe. Ce qu'ils font, c'est juste d'ouvrir une petite fenêtre et de la capturer. Le monde s'écrit alors lui-même sur le film. L'acte du photographe est plus proche de lire qu'il ne l'est d'écrire. Ils sont les lecteurs du monde.]

—— Ferdinando Scianna

 

Les gens ne regardent pas assez. Ils pensent. Ce n'est pas la même chose.

—— H. Cartier Bresson

 

Comment cela se traduit-il dans la réalité ?

 

Je vous conseille donc d'agir de la même manière. Plutot que de chercher à "mettre en avant" un élément de la scène, composez plutot une (mise en)scène, mettez la en lumière et PHOTOGRAPHIEZ CE QUE VOUS AVEZ DEVANT LES YEUX.

Ou bien pour la photo spontanée : remarquez une scène, regardez là, shootez la.

 

Il est a mon avis bien plus simple de photographier ce qui est là, devant vous, plutot que d'essayer de vous ingénier a utiliser des artifices pour tenter d'attirer l'attention sur telle ou telle partie. C'est en tout ca comme celà que je procède, tant en photo de mode (notamment en édito) qu'en reportage. Je ne prétends pas que c'est la seule manière de faire, mais elle fonctionne au moins pour moi et ce depuis plusieurs décennies.

C'est votre œil, votre composition, votre cadrage, votre point de vue sur ce que vous avez devant les yeux, qui va donner VOTRE interprétation de ce qui se trouvait là.

A Guide to PhotoVogue, by Alessia Glaviano, Senior Photo Editor of Vogue Italia and L'Uomo Vogue

PhotoVogue has reached over 72,000 photographers and each day, we receive thousands of photographs to review.

To be able to explain personally to each user the reason why his/her photograph was rejected we would need a team of people in charge of that only and I’m afraid we don’t have either the time or the resources to do that. The photos featured on Photo Vogue are personally selected by the Photo Editors of Vogue Italia (which is also the added value such photography platform offers); they are constantly reviewing and selecting, even outside working hours, but do not have physically the time to provide individual explanation of the reason why a certain image was rejected.

I believe that it is important to pay attention to what is approved and what is rejected among the works you upload, this way you’ll be more able to appreciate what type of photographs we accept; in doing so, however, I kindly ask you to keep in mind that the selection is the result of our personal review and, in no way, do we expect to be the beholders of the absolute truth.

As we pointed out more than once however, if you decide to submit your works to us, in doing so you must also accept our judgment, after all, participating is not compulsory but simply a choice. Photo Vogue is open to all photography genres but it is not for everyone; it is not a “democratic” (if you pass me the term) platform on which everybody can simply upload whatever they like. Photo Vogue will feature only those images that have been approved by us.

Having said this, with this article I would like to elaborate on some of the assessment criteria so as to help you become self-critical.

The right approach when taking a photograph is not "I’ve seen something I like hence I’ll photograph it” (think How? Why? What is by the side, above and below that view/object you liked? What angle will you take the picture from? With what lens?); it is true that, especially with certain photographic genres, you have to seize the moment but, to ensure that the photography-wise that moment is perfect, you need to have absorbed certain processes and have developed a "photographic eye".

The right way to position yourself in respect to the subject is the same way you’d do in front of a blank canvas so as to give the necessary attention to all the elements you are going to include, put in your framing and on set in order to understand the meaning of composition in photography.

My advice, at the beginning, is to focus on something and to photograph it repeatedly day after day: it could be a street view, for the instance; the goal is to absorb certain procedures so that they become almost automatic.

How to assess a photograph? There are both objective and subjective criteria. In assessing an individual photograph the subject, the composition, the light and the technique are important. Whereas when it comes to a photographic narrative, besides the above mentioned criteria, there needs to be no repetition, unless it is meaningful to the story; in addition, there needs to be narrative cohesion and the ability to tell a story.

Given that the images are assessed by human beings and not machines, there is also a series of subjective criteria that may prevail over the technical ones precisely because photography is a form of art which – luckily – has emancipated itself from being a mere representation of reality long time ago, hence our job is not to judge how a sunset truly resembles the real deal or how clear and precise a certain photograph is; there are many technically perfect shots which are flat, with no soul and that work only as a mere photographic reproduction of the subject.

It is transformation that makes a shot artistic, the variance between reality and the way it is portrayed: such variance is the added value and represents the photographer’s unique vision. A good photograph needs to have a soul, be open, not provide answers but rather trigger questions, it needs to intrigue, have several layers of meaning and not be dull, flat, banal or one-dimensional.

When “reading” an image, as well as when taking it, the cultural and visual baggage of both the viewer and the photographer plays a fundamental role because this is one of the elements that will, unconsciously, influence both the reviewer’s assessment of such image and the photographer’s approach to shooting it.

Like Instagram and social network, photography is now considered on par with a language although, if you consider it carefully, it is not quite like that: it is not quite a language but rather different types of languages according to who are those engaged in the dialogue and where they are; this applies to photography as it does with the different world languages, dialects, a formal and informal tone.  

Being more familiar with the subject of a photograph doesn’t make everyone an expert arbiter or a good photographer just as it is true that not everyone who knows how to write (in the most literal interpretation of the term) can be called a writer. Being able to judge a photograph means to truly know the history of photography, have knowledge of the masters and have studied, and not one photographic genre only because, given the current fusion of the different genres, being competent in only one would be limiting and ultimately not enough.

Some time ago I posted on my Instagram account a series of guidelines related to fashion photography; I had chosen fashion photography because this is the genre in which I’ve seen the most flagrant and gross errors, and not only in the images that are submitted to us on a daily basis on the Photo Vogue platform but also on many of the so called “fashion magazines” that all they achieve through their ill-crafted photographs is to belittle one of the most fascinating photographic genres, one that is ground-breaking and forerunner of innovation in photography generally speaking.

I believe that fashion photography is the most complex photographic genre, one in which being skilled photographers is not enough and, above all, it does not guarantee total control over the end result which depends on the model, the make-up and hair style, the set and the styling, all elements that a good fashion photographer needs to be able to guide or, at least, judge like a good film director.

Some of these guidelines can be applied to other photographic genres. I will list them below:

- Unless you know exactly and are fully confident in what you are doing, don’t go over the top. In all other cases, LESS IS MORE.

- The make-up and hair style of the model are fundamental.

- Accessories are equally paramount as they can make a photograph look incredible or completely spoil it: earrings, bracelets, necklaces, bags, glasses – consider each element that will feature in the image and ask yourself whether it improves or worsens the picture.

- If you don’t have access to a good stylist, opt for simplicity: again LESS IS MORE.

- If you do fashion photography, a good way to learn to assess whether the work of the stylist you are collaborating with is good is to observe and analyze the styling of the most prestigious international fashion magazines.

- Pay attention to any small detail appearing in your framing. Everything that is considered accidental in real life becomes intentional in a photograph.

- Assess the ability of your subject/model to move and, unless you are working with a professional who truly knows how to move in front of the camera, avoid over the top poses. With this regard, I’d recommend that you watched the artistic video Poses by artist Yolanda Dominguez.

- There is no one way only to shoot a fashion photograph: if, for instance, you are good at reportage, you should not revolutionize your style completely; a fusion of genres often produces the most exciting results.

- Strive to achieve an image with several layers: add levels to your framing. The co-existence of several critical points on the different focal planes – foreground, mid-ground, background – can make an image truly powerful.

- If you are working for a magazine, you need to be coherent and able to present a story comprising at least 8 images, all of which must be excellent. The pages of a magazine lend very well to story-telling. Treat your frames like movie stills.

- Get inspired from a wealth of sources: art, literature, social matters, films etc. Photography-wise, some directors of the 60’s and 70’s have become go-to references for their authorial style and the obsessive attention to details in each frame. I’m thinking about Godard, Antonioni, Kubrick, Bergamn or Fassbinder. Watching their movies is great training for the eyes. Spend hours, days and, generally, as much time as possible in specialized bookstores and museums browsing through magazines and sites which – as pointed before - publish articles and images by leading names in the sector.


- An excellent fashion photograph does not simply show the clothes that are to be advertised though it; remember that, after a couple of months, the merely retail value of a product dies away but images “emancipate” and can go down in history forever precisely because of the social, psychological and cultural zeitgeist they depict. Because they go beyond what they advertise and portray - “voice” – a world, a dream, an era and a vision.

 

di Alessia Glaviano

 

Tuto, Le nombre d'Or et La règle des Tiers

Ceci est la première version — partielle pour le moment — d'un article qui sera complété au fur et a mesure

 

Le nombre d'Or : Qu'est ce que c'est ?

Le nombre d'or est une proportion, historiquement surnommée « divine proportion ». On en trouve les premières traces dans l'antiquité.


En termes simples, c'est un chiffre qui traduit  sous forme mathématique ce que l'esprit humain considère comme les proportions les plus harmonieuses pour une œuvre d'art, qu'elle soit Architecturale, Sculpturale ou Picturale (dessin, peinture ou photographie). En fait ce nombre s'applique à tout ce qui peut être construit par l'homme, mais on en trouve aussi des exemples dans la nature.

 

De très nombreuses œuvres, depuis la Grèce Antique jusqu'à Le Corbusier utilisent ce nombre dans leur conception.


Sa valeur est de 1,6180339887 !

 

A quoi ça sert ?

Le Nombre d'Or (et ses différentes applications) est un outil puissant pour réaliser des compositions équilibrées. Cela s'applique donc à la photographie.

 

Le Nombre d'Or a été "traduit" sous forme d'outils géométriques (règle des tiers, rectangle d'or, triangle d'or, spirale d'or), afin que l'on puisse les utiliser de manière pratique.

 

Ces outils permettent de couvrir toutes les possibilités de cadrage sans limiter la créativité tout en maintenant les "divines proportions". 
 

La Règle des Tiers

Cette règle (qui utilise le nombre d'or) est la plus connue

Elle consiste à diviser le cadre en tiers verticaux et en tiers horizontaux, ce qui donne la grille suivante :

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  1. Les points de force sont à l'intersection des lignes. Le regard a tendance à aller vers ces points. On essaiera de placer un ou plusieurs éléments importants de l'image sur un ou plusieurs de ces points (un objet, un personnage une partie du corps, la tête du modèle, l'oeil ou le regard d'un portrait, etc). Attention : l'usage des points de force n'est pas obligatoire. Prétendre le contraire est un arbitraire. On peut utiliser la Règle des Tiers sans utiliser les points de force

  2. Les Lignes de force sont plutot utilisées pour exprimer un flux ou un mouvement. Elles sont moins "fixées" que les points de force, d'ou cette notion de direction, de flux ou mouvement.

  3. Les tiers verticaux gauche, centre ou droit ou bien horizontaux superieur, centre ou bas peuvent aussi être utilisés, avec une force encore plus atténuée, pour exprimer une notion plus statique. Le tiers vertical central notamment peut servir pour exprimer de la douceur ou de la sérénité, ou pour figurer un élément ou un émotion statiques

Exemples

 

CAMERON RUSSEL par MARIO TESTINO - Vogue Paris Avril 2014

Ce choix de cadrage exprime à la fois de la dynamique et du mouvement, combinés à une certaine nonchalance. Le cadrage "cinéma" qui coupe la tête et les pieds amplifie la notion de mouvement.

 

Cet cadrage n'utilise pas les points de force, mais une ligne de force seule

Sur le triptyque, vous verrez comment ce cadrage utilise la règle des tiers, mais aussi la Spirale d'Or et le Triangle d'Or

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Quelques Exemples...

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Cindy Crawford par Herb Ritts

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Tatjana Patitz par Herb Ritts

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Natalie Portman par Paolo Roversi

Fausse Donnée : La Balance des blancs

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Plutot que le terme français, je vous propose de regarder la définition de "Balance" dans le dictionnaire Merriam Webster
Définition du mot 'balance', dans le dictionnaire Merriam Webster : a counterbalancing weight, force, or influence 

Pour se rapprocher davantage de la définition anglaise, Il serait préférable d'utiliser le terme "Compensation du Blanc" plutot que "Balance". Cela aide à davantage de compréhension.

 

la Balance des Blancs c'est quoi ?

C'est la procédure qui consiste à faire le réglage nécessaire, pour que les blancs paraissent blancs avec l'illuminant qui éclaire la scène


4000 K "c'est froid", 6000 K, "c'est chaud" !

Hé bien non, c'est l'inverse !

La lumière du jour peut varier dans des conditions extrêmes de 2000 à 16000 K.
Plus une lumière est froide, plus sa notation sera élevée et plus elle tirera sur le bleu, et inversement, plus une lumière est chaude, plus sa notation sera basse et plus elle tirera vers le jaune ou l'orange.

 

Voici la Température de couleurs émises par les principaux illuminants

  • Bougie : 1800 K
  • Lampe à incandescence : 2500 K
  • Lampe Halogène : 3400 K
  • Ecran de télévision : 9300 K
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On voit donc que plus la source émet des couleurs "froides" et plus le chiffre en Kelvins est élevé. Le "plein soleil" est aux alentours de 5000 K, alors qu'un ciel voilé, à la lumière plus "bleue" donnera une TC aux alentour de 6500 K

 

Pourquoi le réglage sur le boitier ou sur le logiciel produit-il un résultat inversé ?

Ce réglage est une compensation (balance) de la température de couleur de l'illuminant, en se basant sur le blanc. 
Il est donc normal que pour compenser un illuminant dont la TC est froide (Chiffre de notation élevé) on utilise un indice de compensation (celui qui est affiché dans le logiciel) dont le chiffre de notation est bas.

 

Il y a une dominante, donc la White Balance est mal réglée !

Là encore, il y a incompréhension...

  • Admettons que l'on règle parfaitement la WB sur une image.
  • Puis que l'on ajoute un virage ou un traitement croisé à notre image...
  • Nous obtiendrons ainsi une image à la WB parfaitement calée, mais avec une dominante...

La compensation concerne l'illuminant, c'est a dire la source de lumière. Celà n'a rien à voir avec le traitement.

Tout comme en argentique, on peut détourner l'usage de cette compensation pour créer des effets spéciaux. mais il s'agit bien d'un détournement d'usage. Ne pas oublier qu'un décalage de la compensation provoque un ré-étalonnage complet de toute la colorimétrie. Or une dominante n'affecte jamais toutes les couleurs. Pour corriger une dominante, on utilisera d'autres outils, qui n'agiront que sur la couleur concernée.

Renseignez vous sur le type de traitement qui a été fait sur l'image !
 

On ne doit pas utiliser le terme "balance des blancs" ?

Malheureusement, cette mauvaise traduction fait désormais partie du langage de la photo numérique.

  • On peut donc continuer à l'employer, si possible en toute connaissance de cause.
  • Ne pas perdre de vue qu'il s'agit d'une mauvaise traduction à partir d'un "faux ami", ce qui introduit davantage de confusion dans un sujet dans lequel il y en a déjà beaucoup
  • Puisqu'on utilise "Balance" qui est dans ce cas un terme anglais, autant utiliser White Balance (WB)
  • Mais l'idéal serait d'utiliser "Compensation du Blanc"

Les réglages de l'appareil photo

Le tableau ci-dessous vous montre les températures d'illuminants qui sont compensées par chaque réglage

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La Technique, la Culture et le Message

L’appareil photographique est pour moi un carnet de croquis, l’instrument de l’intuition et de la spontanéité, le maître de l’instant qui, en termes visuels, questionne et décide à la fois […]

Photographier : c’est dans un même instant et en une fraction de seconde reconnaître un fait et l’organisation rigoureuse de formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait.

C’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. C’est une façon de vivre

La composition doit être une de nos préoccupations, mais au moment de photographier elle ne peut être qu’intuitive, car nous sommes aux prises avec des instants fugitifs où les rapports sont mouvants. Pour appliquer le rapport de la section d’or, le compas du photographe ne peut être que dans son œil 

Les gens ne regardent pas assez. Ils pensent. Ce n'est pas la même chose.

—— (L’instant décisif, Les Cahiers de la Photographie n°18, 1986. H. Cartier Bresson).

Le succes en photographie, et plus particulièrement pour le portrait, dépend de la capacité de saisir ces instants supprèmes qui passent en une fraction de seconde, sans jamais se répéter – de sorte que la lumière, l'équilibre, l'expression – doivent être vus, ressentis pour ainsi dire – en un éclair, la mécanique et la technique étant si parfaitement maîtrisées qu'elles deviennent automatiques..

-- Edward Weston

Toute création passe par une technique mise au service d’un résultat satisfaisant pour les sens. Bonheur des formes, des couleurs, des mots, de l’oreille, du toucher…

Mes photographies ne sont ni militantes, ni objectives, je ne témoigne de rien, n’ai aucun message à délivrer, ni point de vue à faire valoir

Tous les appareils sont aussi bons les uns que les autres, ce n'est que question de goût, de poids, de forme et de prix. Le conseil que je vous donnerai sera donc :
Choisissez celui qui vous plaît, qui s'harmonise le mieux à votre dernière voiture, à la couleur de votre costume, ou qui est utilisé par votre photographe favori...
... L'appareil photographique n'a donc qu'une importance toute relative car, en fin de compte, ce n'est pas lui qui fait la photo mais vous. La preuve en est qu'un bon photographe fera de bonnes photographies avec n'importe quel appareil, y compris une boîte d'allumettes (modèle ménage) percée d'un trou.
Donc soyez fiers et ambitieux, maîtrisez la bête, soyez-en le maître absolu; n'en soyez jamais l'esclave débile.

-- JeanLoup Sieff

En fin de compte, dans tout art, le but, c'est la simplicité. Et arriver à cette simplicité est une des choses les plus difficiles à réaliser. Mais c'est certainement une des choses les plus essentielles.

L'œuvre d'un photographe acquiert sa forme et son style par la vision personnelle de l'auteur. Il ne s'agit pas simplement de technique, mais de la façon dont il regarde la vie et le monde qui l'entoure.

 

-- Pete Turner

La culture pour un photographe est bien plus importante que la technique

-- Gisèle Freund

Une grande photographie demande trois points : une grande vision, une grande technique, le tout alimentée par une grande passion.

-- Maureen Gallagher

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Yves Saint Laurent par Jeanloup Sieff, 1971.

Tuto : Les chapeaux du photographe moderne

De nos jours et avec l'avènement du numérique, les chapeaux autrefois portés par d'autres personnes, doivent (ou peuvent) être portés par le photographe lui-même.

  • Le Photographe
  • Le Tireur Photo
  • Le Retoucheur (si la retouche est requise)

Le chapeau "photographe"

 

Le photographe est celui qui va : 

  • Mettre la scène en lumière
  • Déterminer l'exposition (censée être correcte)
  • Faire le cadrage en choisissant l'angle et la distance
  • Déclencher
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A ce stade, l'image est "dans la boite", mais elle n'existe pas encore en tant que photographie. Il faudra un processus pour la matérialiser. Que le processus soit automatique (fichier jpg créé par le boitier) ou manuel, il y a obligatoirement un process à réaliser (post-traitement), que l'on soit en numérique ou en argentique et ce, depuis l'invention de la photographie il y a plus de 200 ans.

En d'autres termes, aucune image ne peut exister sans post-traitement

Le chapeau "Tireur Photo"

 

Tout d'abord, je vous invite a regarder cette vidéo, qui explique ce qu'est le Tireur Photo et quel est son rôle. Nous ferons ensuite le parallèle avec le numérique

Le Développement et le Tirage sont de nos jours, effectués en grande partie sur les logiciels de développement Raw : Lightroom, Adobe Camera Raw (en conjonction avec Photoshop), Capture One, et DXO pour les plus performants et les plus connus.

 

Ces logiciels vont permettre d'effecturer la partie créative du développement/tirage, dont Raymond Cauchetier parle dans la vidéo ci-dessus. On voit donc que la création de l'image ne se limite pas à la seule Prise de Vues (chapeau de "Photographe"), mais qu'elle passe aussi par le Chapeau du "Tireur Photo" (Développement et Tirage)

 

L'impression se fait sur des imprimantes à jet d'encre, mais il existe des procédés qui permettent d'imprimer du numérique sur du papier argentique (tireuses laser, procédés alternatifs argentico-numériques)

 

Vous pouvez consulter cet article pour en savoir davantage sur le développement numérique, et cet article pour en savoir davantage sur l'importance du traitement numérique, en ce qui concerne le rendu photographique.

Le chapeau "Retoucheur" - Si celui-ci est requis

 

Je vous propose en tout premier lieu de regarder cette vidéo d'une retoucheuse argentique au travail (et de bien écouter ce qu'elle dit sur le numérique)

Quelques faits importants concernant la retouche : 

 

Qu'est-ce que la retouche ?

  • Il y a beaucoup de confusion sur ce qu'est la retouche. et notamment, un mélange avec le Développement/Tirage. Je vous invite donc a clarifier ça en lisant ce texte
  • La confusion existe parfois chez les gens qui ont fait de la photographie argentique, ce qui devrait normalement ne pas se produire
  • Le retouche existe depuis la création de la photo, il y a plus de 200 ans. Rien de nouveau donc. Photoshop n'a pas inventé la retouche
  • La retouche n'est pas destinée à "effacer des défauts ou des erreurs". Elle est destinée à donner à l'image, le rendu que l'on s'est proposé de réaliser ou que l'on vous a demandé d'exécuter. 

Faut-il retoucher ? dans quelle mesure ?

  • Que ce soit en argentique ou en numérique, la retouche peut être si discrète et si légère qu'elle est totalement invisible. Il y a donc des degrés d'application de la retouche. 
  • Certaines photos ou certains styles photographiques ne nécessitent pas de retouche. Un simple Développement/Tirage suffira
  • Dans d'autres cas, une retouche modérée sera nécessaire : éliminer quelques petits défauts sur la peau, un fil électrique qui traverse le ciel, etc. La question que vous pouvez vous poser est : "est ce-que si je laisse ce détail, il va apporter quelque chose à la photo ?"
  • Enfin, il existe des disciplines (en Beauté et pour la plupart des images de Mode ou de Publicité) ou la retouche est non seulement requise mais "obligatoire", afin de respecter la demande du client, mais aussi les règles et coutumes de la discipline. C'est donc la demande qui décide, et non le photographe.
  • Dans le cas d'une retouche "poussée" il est évident que la retouche se voit. Il s'agit alors de "visuels pub", destinés à apporter un coté onirique, à stimuler l'imaginaire et non à retranscrire la réalité
  • Quoi qu'il en soit, la "réalité photographique" est une vue de l'esprit. En fait, une photo est toujours "l'expression d'une opinion". A chacun d'utiliser la quantité de retouche qu'il estime nécessaire pour parvenir à ses (ces) fins.
  • Notez qu'un photographe complet, sera tout autant capable de produire autant d'images non retouchées (mais publiables) qu'il sera capable de produire des images retouchées de manière professionnelle.

Combien de temps doit-on passer en retouche ?

  • Selon le type de résultat voulu ou demandé, le temps de retouche peut aller de quelques minutes a plusieurs heures.
  • Le temps passé peut-être lié à la difficulté de la retouche, ou tout simplement au type de rendu demandé qui peut nécessiter beaucoup de temps pour le réaliser.
  • Si on doit passer du temps à retoucher des "bétises" faites aux étapes précédentes, ce n'est pas la retouche qui doit être incriminée, mais celui qui à mal réalisé les étapes précédentes.

La retouche, processus créatif ?

  • A priori, la retouche semble être destinée a corriger des erreurs. Ce n'est pas sa seule utilité.
  • La retouche (ou une certaine manière de retoucher) peut faire partie du style. Elle est donc également un processus créatif

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre en retouche ?

  • Retoucheur est un métier. Ce qui implique des techniques spécifiques et un grand savoir faire. Mais ce Chapeau peut-être porté par le photographe, si celui-ci s'y investit en prenant dès le départ, les bonnes habitudes
  • De nombreux procédés utilisés pas des amateurs inexpérimentés et n'ayant aucune culture de la retouche professionnelle ne sont pas des techniques de retouche. Utiliser du "flou gaussien" ou n'importe quel filtre de flou, ou technique de floutage (comme par exemple le réglage "clarté négative" de Lightroom) NE FAIT PAS PARTIE DES TECHNIQUES DE RETOUCHE. Le résultat est en général catastrophique et n'a rien à voir avec ce qu'un retoucheur pro sera capable de produire. C'est de la "retouche de comptoir" (par analogie aux "discussions de comptoir", dans lesquelles les gens "refont le monde" accoudés au zinc)
  • Les retoucheurs pros ne FLOUTENT PAS LA PEAU. Si vous voulez donc que vos retouches aient en rendu professionnel, il faut apprendre à retoucher comme les pros et oublier le floutage.
  • Le "lissage de peau" n'utilise pas le floutage. Le lissage est une technique professionnelle qui demande de nombreuses heures de pratique pour parvenir a un résultat pro. Ce n'est pas accessible à un débutant. Il ne pourra y parvenir qu'après de nombreuses heures de pratique.
  • La fausse retouche (utilisant le flou la plupart du temps) fait croire aux gens naifs que l'on peut "retoucher en appliquant un simple filtre". Ne soyez pas crédules. 

Une photo "avant retouche"

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La même photo "apres retouche " (il reste quelques détails a éliminer)

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Une photo "non retouchée" nécessitant tres peu de retouche

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Conclusion

 

Le métier de photographe a évolué. Il me semble inéluctable que le Photographe doive savoir porter également le chapeau du "Tireur Photo", voire celui du "Retoucheur", car la maitrise de son style en dépend.

 

Autrefois, le Photographe et le Tireur travaillaient de concert. Le photographe réalisait la Prise de Vues, et le Tireur "interprétait la partition" en apportant sa propre touche créative. De nos jours, c'est le Photographe qui doit être capable de faire les deux.

 

Pour certains styles photographiques, la retouche est nécessaire. L'idéal serait de pouvoir s'en charger, à condition de le faire de manière "professionnelle" (même si ce n'est pas votre métier). Les retouches mal faites (en utilisant de "techniques" amateur) donnent une tres mauvaise image de votre travail, car elles mettent en évidence votre incapacité à obtenir un résultat "pro" (même si la photo n'est pas votre métier). 

  • La photographie est un métier. Développer/Tirer une photo est un métier. Retoucheur est un métier

  • On peut les pratiquer de manière amateur, mais le meilleur moyen de progresser et de parvenir à un certain niveau, c'est de pratiquer sa passion "comme un pro", c'est a dire avec beaucoup de sérieux et d'exigence

  • J'estime que pour parvenir a un bon niveau en photo, il faut environ 10 ans de travail serieux, exigeant et constant, tant en prise de vues qu'en Developpement/Tirage

  • Au bout de 10 ans, il faudra travailler encore plus dur, car les gens attendront encore davantage de vous

  • J'estime que pour devenir compétent en retouche sur ses propres images (sans pour cela prétendre atteindre le niveau d'un retoucheur pro, qui lui est capable de retoucher les photos des autres), il faudra environ deux ans de travail intensif et journalier.

Ne vous découragez pas. Mais ne vous laissez pas non plus endormir naivement par les apparences. La photographie est un loisir enrichissant, mais qui demande beaucoup de travail, si vous avez vraiment envie d'arriver à un certain résultat. Comportez vous comme un professionnel dans votre approche de la photographie, même si celle-ci n'est pas votre métier.

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