Le Portrait en Noir et Blanc

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Lightroom permet de gérer le workflow complet de votre image, depuis son développement RAW, jusqu’a la sortie JPG, en passant par une éventuelle retouche dans Photoshop.

01 Les deux méthodes

Pour réaliser une image en noir et blanc, vous avez deux possibilités :

 

Mode 1 - Faire un développement RAW, directement en Noir et blanc

Mode 2 - Faire un développement RAW couleurs, exporter dans un fichier PSD/TIFF vers Photoshop, et créer le noir et blanc a postériori, dans Lightroom

 

Si vous savez que votre image ne sera jamais utilisée en couleurs, il est nettement préférable de choisir la solution 1, car un fichier raw est vraiment plus malléable en termes de possibilités de développement, qu’un fichier « bitmap » (PSD ou TIFF)

En revanche, si votre image doit être utilisable en diverses versions (couleurs, noir et blanc, sépia, etc), vous réaliserez votre noir et blanc à partir de l’image PDS/TIFF, elle même exportée puis retouchée en couleurs.

L’illustration ci-dessous vous montre a gauche un Noir et blanc réalisé en « Mode 2 » : l’image PSD couleurs retouchée a été transformée en Noir et Blanc, directement dans Lightroom. Ceci n’affecte pas le fichier PSD

A droite, une image Noir et blanc avec un léger virage brun, réalisée directement en RAW, sans retouche, dans Lightroom

Capture d’écran 2015-09-02 à 19.22.54

02 Le Workflow "Mode 1"

 

Le Mode 1 consiste à créer votre Noir et Blanc sur le fichier RAW lui même

 

Afin que le Noir et Blanc numérique perde son aspect artificiel et « vidéo », j’introduis une phase de caractérisation film (que vous pouvez retirer si elle ne vous convient pas)

 

  • Import du fichier RAW dans Lightroom
  • Développement numérique Noir et Blanc
  • Post-Traitement de caractérisation film
  • Export JPG du fichier de sortie (Profil « sRVB »)

 

Un fichier RAW permet une latitude de traitement étonnamment étendue. 

 

L’illustration ci-dessous vous montre l’image avant développement, tous curseurs à leur valeur neutre.
L’après représente l’image définitive, sans retouche, mais avec son traitement noir & Blanc et sa caractérisation film / Tirage : J’ai choisi un léger virage brun clair

Capture d’écran 2015-09-02 à 18.55.57

03 Le Workflow "Mode 2"

Le Mode 2 consiste à créer votre Noir et Blanc sur le fichier PSD/TIFF préalablement créé en couleurs.

 

  • Import du fichier RAW dans Lightroom
  • Développement numérique couleurs
  • Export du Fichier couleurs vers Photoshop, en vue de la retouche (Profil « Adobe 98 »)
  • Ne pas oublier de cocher la case « Ajouter à ce catalogue » dans le module d’export de Lightroom, pour que le fichier créé à l'étape précédente soit visible et traitable dans Lightroom
  • Post-Traitement de caractérisation film sur le fichier PSD dans Lightroom. Ce post-traitement n’affecte pas le fichier PSD lui même. Il est visible uniquement dans Lightroom.
  • Export JPG du fichier de sortie (Profil « sRVB »), a partir du fichier PSD dans Lightroom

 

L’illustration ci dessous Vous montre une image couleurs retouchée dans Photoshop (fichier PSD) et affichée ici dans Lightroom, avec à coté, une version en Noir & Blanc sous forme de copie virtuelle.

Notez que toute modification du fichier PSD couleurs impactera la version noir et blanc sans avoir besoin de faire de manipulation supplémentaire.

Vous trouverez dans cet autre tuto, davantage de détails sur le workflow décrit ci dessus : Le workflow

Capture d’écran 2015-09-02 à 18.32.23

04 Le développement : la tonalité

Ce développement peut être réalisé indifféremment en Mode 1 ou en Mode 2.

 

Faites toutefois attention aux limitations du fichier bitmap en Mode 2, qui pourrait provoquer l’apparition de bruit vidéo et/ou de postérisation !

 

La première étape consiste, comme on s’en doute, à passer en noir et blanc, soit à l’aide du bouton, en haut à droite du panneau Réglages de base, ou sur le mot NB du panneau TSL/Couleur/NB. Les curseurs du module Tonalité, panneau Réglages de base, doivent être utilisés de haut en bas, afin de régler le caractère de l’image (sa luminosité et son contraste).

 

Dans l’illustration ci-dessous, nous avons délibérément choisi un rendu “délavé”, ce qui explique la position du curseur Ombres. Mais, bien entendu, il est tout à fait possible de réaliser un rendu très contrasté. N’hésitez pas à bouger chaque curseur un par un, avec une large amplitude de mouvement, pour comprendre quelle influence il va avoir sur
votre développement.

Capture d’écran 2015-09-02 à 19.06.18

05 Le contraste

Le curseur Contraste va influencer la totalité de l’image.

 

D’une manière plus pratique, vous pouvez aligner ce curseur avec la dureté de la source :

  • source “dure” (bols durs, soleil intense), Contraste supérieur à zéro
  • source “moyenne” (parapluie argenté, bol beauté, ombre), Contraste à zéro
  • source “douce” (boîtes à lumière de grande taille, lumière du matin ou du soir, ciel voilé), Contraste inférieur à zéro.

 

Les quatre curseurs suivants (Hautes lumières, Ombres, Blancs, Noirs) serviront à régler la tonalité spécifique à l’image et à l’interprétation que vous souhaitez en donner. Ces curseurs fonctionnent dans les deux sens, ce qui rend ce module extrêmement puissant.

 

Le curseur de microcontraste, appelé Clarté, permettra d’adoucir une image globalement trop agressive ou de redonner de la présence à une image dont la douceur générale vous plaît, mais qui manque un peu de “précision”.

 

N’hésitez pas, là encore, à bouger ce curseur pour en constater les effets sur votre image.

 

Sur l’illustration ci-dessous, nous pouvons voir deux opposés en matière de contraste.

 

Le traitement sur fichier RAW permet d’obtenir toutes les nuances intermédiaires sans dégradation de l’image, notamment des basses
valeurs. Attention à la “montée” de bruit vidéo et de postérisation si vous tentez un tel traitement sur un fichier PSD/TIFF, même en 16 bits.

Capture d’écran 2015-09-02 à 18.11.58

06 Le développement localisé

Vous pouvez utiliser le pinceau pour effectuer un développement localisé dans l’image.

 

Cependant, si votre prise de vue est bonne et si vous avez effectué un travail correct en amont sur le panneau Réglages de base, vous n’en aurez pas systématiquement besoin. Il vaut mieux reprendre son développement à l’étape précédente, plutôt que de tenter de “réparer” un mauvais réglage à coups de pinceau.

 

Cependant, le pinceau vous permettra aussi d’effectuer du dodge and burn (éclaircissement/assombrissement localisé, comme les tireurs argentiques le réalisaient sous leur agrandisseur).

 

L’illustration vous montre comment densifier les sourcils.

 

Note : évitez impérativement de renforcer la netteté du regard en localisé. Cela donne un rendu très artificiel et peu esthétique. Les yeux et le regard sont une affaire de maquillage et de direction du modèle au moment de la prise de vue. Pas de posttraitement numérique exagéré…

Capture d’écran 2015-09-02 à 18.16.23

07 Le Filtrage couleurs

Le filtrage couleurs permet d’imiter l’effet des filtres que l’on fixait sur son boitier à la prise de vues en Noir & Blanc argentique.

 

Le Mélangeur Noir et blanc possède toutefois 8 gammes de nuances colorées, réglables en luminosité de -100 à +100. En agissant sur ces curseurs, vous éclaircirez/assombrirez dans toute l’image, la nuance correspondant au curseur sélectionné.


Avec le TAT (Targeted Adjustment Tool - Outil de réglage par zone ciblée), Lightroom sélectionnera pour vous la ou les couleurs concernées et leur ratio respectif.

 



Sur l’illustration ci-dessous, vous pouvez voir comment la peau a été éclaircie : cliquez sur la peau, maintenez le bouton de la souris, poussez la souris vers le haut et observez ce qui se passe. Sur notre exemple, le résultat est caricatural pour les besoins de la démonstration. Allez-y en finesse…

Capture d’écran 2015-09-02 à 18.11.58

08 Le posttraitement de caractérisation film : La Dynamique

Nous allons tenter de « casser » le rendu « trop propre » de nos appareils numériques en introduisant une « courbe en S » dont les extrémités seront décalées vers le haut pour les valeurs basses, et vers  le bas pour les valeurs hautes.

 

Ceci aura pour conséquence de « couper » les valeurs les plus basses et/ou les valeurs les plus hautes de notre image. Notez que la coupure des valeurs hautes est optionnelle car son action est plus radicale.

 

Cela semble « voiler » l’image et ce n’est pas tout à fait faux. Si l’effet (le voile des valeurs sombres notamment) est trop marqué, il suffira de descendre plus proche de son origine, la courbe du S en bas à gauche.

 

Là encore, il faut « tester » afin d’adapter le dosage à votre photo, telle que vous l’avez développée. Cette courbe fait partie du « post-traitement » de l’image. Elle s’ajoute au développement pour le caractériser, mais sans en changer la nature fondamentale. 

 

Effectuer un « cut » (une coupure des valeurs sombres et/ou claires) ne donne pas une image « grise » ou « manquant de contraste ». Cela donne une image avec une caractérisation « film » et on peut lui donner une infinité de nuances.

Capture d’écran 2015-09-02 à 19.28.40

09 Le posttraitement de caractérisation film : le grain film

Le module de grain film de Lightroom fonctionne de la manière ci-après.

 

  • Le curseur Valeur permet de régler la force de l’effet.
  • Le curseur Taille permet de régler la taille des grains, ce qui est lié à la sensibilité ISO du film.
  • Le curseur Cassure permet de déterminer la forme des grains, que l’on peut utiliser conjointement avec la taille.

 

Notez que le curseur Taille floute l’image de manière très réaliste, au fur et à mesure qu’on augmente la taille du grain. Avec ce module, on peut passer d’un grain très fin et très délimité, comme un film de basse sensibilité (tel qu’un Kodachrome 25 ISO), à un grain grossier et de grande taille, avec toutes les valeurs intermédiaires.

 

L’illustration ci-dessous vous montre deux réglages extrêmes, les réglages indiqués à droite correspondant à l’image de droite.

 

Dans la réalité, il faudra agir avec davantage de subtilité. Notez que le grain s’apprécie en regardant l’image dans son intégralité et à distance normale d’observation. En d’autres termes, ne faites pas vos réglages de grain avec une image zoomée à 100 %, le nez collé à l’écran.

Capture d’écran 2015-09-02 à 20.33.18
Commentaires (5)
  • Pierre-Yves Pezzatti
    11 janvier 2018

    Un tuto clair et accessible qui m'a permis de progresser. Merci

    Répondre
  • Alma B.
    30 aout 2017

    Je vous remercie. Cela faisait longtemps que je cherchais un tuto de haut niveau...Ravie de l'avoir trouvé!

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    • Olivier
      30 aout 2017

      Heureux que ça puisse vous servir :)

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  • nicolas-p
    6 décembre 2016

    merci pour vos tutoriels parfaitement didactiques et accessibles.
    une aide précieuse pour progresser.

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    • Olivier
      1 aout 2017

      Merci à vous ;)

      Répondre
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