Choisir sa formation Photo

10 Septembre 2012

Introduction

 

Il existe de nombreuses formations, dispensées en principe par des photographes. Mais quels sont les critères importants à observer pour faire le meilleur choix ?

Les données ci-dessous ont été collectées après plusieurs années passées à délivrer des formations dans le domaine des logiciels informatiques puis de la photographie.

J’espère que ces informations vous aideront a vous forger votre propre opinion lors de votre quête.

 

Formateur ou Photographe ?

 

Formateur et Photographe sont deux métiers totalement différents. Même si selon toute logique, un formateur est censé être un bon photographe, les diplômes, récompenses ou activités en tant que photographe ne sont pas les critères majeurs lors du choix d’une formation. Seuls les résultats et références vérifiables en tant que formateur sont a prendre en compte.

 

Certaines brochures ou annonces énumèrent les diplômes, expositions, CV, publications magazines, récompenses photographiques des intervenants. Bien que ces éléments soient tout à fait importants d’une point de vue du photographe, ils ne démontrent en rien ses capacités à former des apprenants.

 

L’organisme de formation devrait être capable de montrer :

  • Des photos réalisées par le formateur lors des formation répertoriées au catalogue,
  • Une liste de clients et de grands comptes en formation,
  • Et de présenter des conventions de formation si on les leur demande

Quelles sont les qualités attendues pour un Formateur ?

 

Comme dit dans l’introduction, le formateur doit avant tout être … formateur !

 

Il devra donc en premier lieu être à même de pouvoir détecter et résoudre les principaux blocages a l’apprentissage de la photo :

  • Il peut arriver qu’une étape ait été manquée dans la formation d’un apprenant. Lorsque les symptômes de ce type de blocage se présentent, le formateur doit être capable de les repérer, de retrouver l’étape manquée, de la faire réaliser à l’apprenant et de lui faire continuer sa progression.
  • Certaines manifestations spécifiques peuvent se produire lorsqu’un apprenant est victime d’un déséquilibre entre la théorie et la mise en pratique de cette théorie. Lorsque ceci se produit, le formateur doit être capable de le repérer, de faire mettre en pratique la notion théorique à l’apprenant (grâce a du coaching par exemple) et de lui faire continuer sa progression.
  • Lorsqu’un apprenant n’arrive pas à comprendre une notion, il peut être totalement « bloqué », voire réticent à progresser. Le formateur doit être capable de repérer qu’il s’agit d’une incompréhension, de trouver de quelle incompréhension il s’agit, de la résoudre, puis de lui faire continuer sa progression.
  • En photographie comme dans beaucoup de domaines, il y a de nombreuses confusions, (dont beaucoup sont entretenues par l’Internet) acquises lors de l’apprentissage de la photo. Le formateur doit être capable de détecter ce qui est confondu avec quoi, puis de « nettoyer » cette confusion en rétablissant les choses avec des données correctes et probantes.

Et aussi :

  • Il devra être capable de passer du temps, avec chaque apprenant
  • ainsi que de gérer simultanément plusieurs niveaux d’apprenants.

Quelles sont les qualités attendues pour un Coach ?

 

Enseigner les données ne suffit pas. Il faut aussi les faire appliquer par l’apprenant et être capable de le rendre endurant face aux difficultés, ou en vue d’obtenir de la constance dans ses résultats. En définitive, seul compte ce que l’apprenant sera capable d’appliquer.

 

Il sera donc demandé au Coach :

  • De ne pas être « gentil », « cool » ou « sympa » pendant les exercices de coaching. Un bon coach est inflexible. Inflexible veut dire comprendre les difficultés, mais mettre tout en oeuvre pour les faire dépasser.
  • De faire avancer l’apprenant lors de ses exercices pratiques, selon un progression adaptée. A cet effet, le coach devra être capable de détecter une phase sautée ou une « marche d’escalier trop haute » durant l’exécution de l’exercice. Il devra pouvoir également repérer un apprenant désintéressé par un exercice trop facile pour lui.
  • De faire en sorte que l’apprenant progresse a son propre niveau, sans toutefois aller trop loin. Ceci s’applique également aux photographes apprenants de bon niveau : même si le coaching est beaucoup plus exigeant pour eux, il faudra malgré tout que le coach soit capable d’arrêter l’exercice au bon moment.
  • De suivre l’apprenant et de ne pas le laisser tomber au beau milieu d’un exercice, en dépit des difficultés.
  • D’observer avec une grande attention, les réactions et manifestation de l’apprenant pendant le coaching, afin d’agir en conséquence. Le coaching peut provoquer des « manifestations » diverses chez l’apprenant, manifestations qu’un vrai coach est censé être capable d’identifier et de résoudre.

Comme on peut le constater, la formation et le coaching n’ont rien à voir avec la photographie. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de s’assurer des qualités pédagogiques de la formation. La convention de formation devra comporter également les moyens pédagogiques mis en œuvre pour parvenir à l’accomplissement de la formation.

 

La Programmation

 

Un formateur/centre de formation devra être capable de réaliser les points suivants :

  • Être capable d’établir un bon plan de formation, que l’on sera capable de faire appliquer
  • Être capable d’établir un bon catalogue de cours articulés entre eux et avec une bonne progression (cursus)
  • Être capable de renouveler, améliorer et corriger constamment son catalogue de cours et leur contenu.

D’une manière plus générale

 

Il sera demandé à un formateur/centre de formation :

  • D’être capable de délivrer des vrais cours (comportant un programme théorique et pratique) avec une solide partie coaching/formation
  • Que tous les sets lumière soient mesurés au flashmètre par le formateur, et que la mesure au flashmètre soit apprise aux apprenants. Exclure cet aspect vital du champ de la formation fera manquer au stagiaire tout un pan de données fondamentales. Voir l’article consacré à ce sujet
  • D’être capable de consacrer suffisamment de temps à la partie formation : il s’agit d’une activité à part entière. Un formateur qui ne forme que quelques heures par mois n’est pas à proprement parler un formateur professionnel. On peut toutefois faire une exception pour les « Masterclass », qui sont des formations délivrées par des spécialistes dans leur art. Ces gens ne sont pas forcément des formateurs, mais leur savoir faire et leur notoriété suffisent à pouvoir délivrer ponctuellement des ateliers présentant un grand intérêt. Généralement, ces personnes ne se revendiquent pas « formateurs »
  • D’avoir un très bon niveau technique en photo dans le domaine enseigné
  • D’avoir un très bon niveau technique en tant que formateur (en techniques de formation)
  • D’être crédible en tant que photographe. Il me parait difficile d’apprendre aux autres ce que l’on n’applique pas soi même dans son métier de photographe.
  • D’être capable de se remettre suffisamment en question pour acquérir pour lui-même des nouvelles techniques, en vue de les intégrer dans ses programmes dans le futur.
  • D’avoir un solide tableau de références clients formation, incluant notamment en plus des particuliers, des « Grands Comptes » ou des entreprises prestigieuses, qui témoignent de la confiance que l’on peut lui accorder.
  • D’avoir un solide background en tant que photographe, avec si possible des références clients et des publications. Cependant, comme stipulé en introduction, ce critère n’est pas un critère majeur, mais plutôt un critère « de confort ». En effet, lorsque vous venez en formation, vous venez avant-tout pour apprendre.
  • D'avoir une solide culture photographique dans le domaine qu'il enseigne, tout comme dans la photographie en général. Si la formation porte sur la mode, le fomateur devra posséder un bon bagage en mode, et si possible dans tous les domaines connexes, reliés ou utilisant la photographie (musique, cinéma, etc). Ce dernier paragraphe est impondérable, difficile à évaluer et à quantifier, mais il peut changer notablement le contenu, le déroulement et la richesse d'une formation.

Les images illustrant les stages

 

Les photos présentées sur les brochures et sites internet devraient avoir été réalisées dans le cadre des formations uniquement. Elle ne devraient être réalisées que par le formateur en charge de la formation. Utiliser des images réalisées par d’autres photographes pour illustrer une plaquette, une promo ou un site web serait pour le moins trompeur.

 

On devrait pouvoir regarder des images non retouchées (qui peuvent témoigner de la qualité des images que l’apprenant pourra réaliser lui même lors des stages) tout autant que des images finalisées. Bien évidemment ces images devraient être réalisées par le formateur et non par un autre photographe. Le nom du formateur devrait être apposé au bas des images réalisées.

  • Le formateur/centre de formation devrait pouvoir présenter des images non retouchées qui soient d’un bon niveau et qui soient déjà probantes sans nécessité de retouche. Ne présenter que des images retouchées « masque » le résultat et ne permet pas de voir le type de rendu que pourra obtenir un apprenant…
  • Les photos illustrant la formation (site, brochures) doivent être exclusivement réalisées en stage, et exclusivement par le maitre de stage. Utiliser des photos réalisées dans d’autres conditions et avec d’autres moyens est trompeur, car elles ne sont pas le reflet de ce que l’apprenant réalisera en formation.

Coaching / Cours théorique / Observateur / Exercices pratiques : Les différentes manières de former

 

Cours Théorique : C’est celui qui va apporter les données sur lesquelles la portion de formation s’appuie. Ce cours doit TOUJOURS être suivi d’au moins un exercice pratique. On ne peut pas baser toute une formation sur de la théorie

 

Cours Pratique : celui qui permet de FAIRE les choses étudiées en théorie. Les données théoriques sur lesquelles sont basées un cours pratique peuvent être réduites à leur simple expression, mais elles doivent toujours être présentées par le formateur. Un cours pratique doit en principe être également coaché, ce qui signifie que le formateur doit suivre ses apprenants en faisant le point sur leur progression dans l’exercice, en répondant a leurs questions, en leur réexpliquant ce qu’ils n’ont pas saisi ou en critiquant leur résultat final. Une formation peut être basée entièrement sur de la pratique

 

Coaching : le coaching est une période d’entrainement, encouragée et dirigée par un coach. C’est un cours pratique intensif entièrement orienté vers la performance, l’endurance et le fait de surmonter les obstacles qui pourraient se présenter. Une phase de formation peut être basée entièrement sur du coaching.

 

Observation / Démonstration : un formateur peut tout à fait démontrer comment « faire quelque chose ». C’est lors d’une phase d’observation que l’on apprend le geste technique, avant de l’exécuter soi-même. Une période d’observation ou de « démo » doit obligatoirement être suivie d’une phase d’exercices pratiques coachés. En effet, la simple observation ne suffira pas à assurer le fait que l’apprenant retienne les données. Une formation qui serait exclusivement basée sur de l’observation, serait davantage… une démonstration qu’une formation.

 

Photographier est-il considéré comme une étape de formation ?

 

Pour l'apprenant, le fait de photographier (et ne faire que photographier) une scène mise en place par le formateur n’est pas une formation en soi. Toute séance de photographie réalisée lors d’un stage doit être coachée comme un exercice pratique ou comme un exercice de coaching.

 

Cet article sera complété ultérieurement…

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